17 Oct 2025
Thème: formation – doctorant·e·s
26 Août 2025
L’IA, le plagiat et la nécessité de clarifications des règles pour les doctorant·es et la publication scientifique
Chat-GPT fait désormais partie du quotidien des universités. Mais c’est justement dans la rédaction de thèse et d’autres travaux écrits que règne une grande incertitude.
La professeure en sciences forestières et de la conservation à l’Université de Colombie-Britannique Elizabeth M. Wolkovich regrettent le manque de clarté par rapport aux pratiques acceptables pendant le doctorat: «J’ai l’impression que nous nous sommes inquiétés de l’utilisation de l’IA générative par les étudiants de premier cycle, tout en proposant d’innombrables séminaires et possibilités de bourses sur la manière d’« intégrer l’IA » dans notre formation, notre enseignement et au-delà. Nous n’avons jamais expliqué aux futurs éducateurs et chercheurs que nous formons pourquoi ils ne devraient pas utiliser l’IA générative pour leurs travaux écrits, ce qu’ils perdraient à le faire, ni que cela constituait une fraude académique. Du moins, c’est ce que je pense aujourd’hui.» (Times Higher Education)
Les hautes écoles zurichoises travaillent d’arrache-pied à l’élaboration de directives en matière d’IA ou les ont déjà formulées.
- À la Haute école pédagogique de Zurich, le nombre de travaux rejetés a légèrement augmenté ces dernières années, indique Christoph Hotz, responsable adjoint de la communication. La HEP a mis en place un wiki avec des directives.
- En 2023, l’Université de Zurich (UZH) a mis en place sept principes directeurs sur l’utilisation de l’Intelligence artificielle dans l’enseignement et la recherche. Cependant, ce sont les enseignants et les facultés qui déterminent comment l’IA peut être utilisée concrètement dans les travaux scientifiques. Selon la porte-parole de l’UZH, Mme Nyfeler, il est avant tout important de communiquer clairement aux étudiant·s quand l’utilisation de l’IA est autorisée, voire souhaitée, et quand elle est interdite. La faculté de droit de l’UZH modifiera son système d’examen des thèses : à partir du 1er février 2026, toute personne qui commencera sa thèse devra désormais la soutenir oralement. De toute manière, l’examen final oral s’est établi comme norme internationale. Le doyen Thomas Gächter ressent une grande incertitude parmi les étudiants : «Beaucoup ont une peur panique d’être accusés de plagiat. Cela paralyse les bons étudiants».
- A l’EPFZ, outre plusieurs sites web et directives, une équipe de deux personnes aide les étudiant·es et les enseignant·es de l’ETH Zurich pour toutes les questions relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. (Tages-Anzeiger)
L’Université de Berne a rencontré le premier cas où un travail de séminaire a été rédigé sans autorisation à l’aide de l’IA. Le ou la coupable a reçu un avertissement pour plagiat. L’article contient également un comparatif des règlements sur l’IA dans les universités en Suisse alémanique. (20 Minuten)
L’article de Nature évoque par ailleurs l’emploi de «chercheurs IA» qui basent leurs publications parfois sur des méthodes ou idées publiées sans pour autant les citer: «Une grande partie des idées de recherche générées par les LLM semblent novatrices à première vue, mais sont en réalité habilement plagiées, de sorte que leur originalité est difficile à vérifier», avancent deux spécialistes du domaine, Tarun Gupta et Danish Pruthi. Pour l’instant, les méthodes automatiques d’évaluation restent limitées et subjectives. (Nature)
18 Août 2025
Précarité des enseignant·es des établissements supérieurs
«Pour assurer des cours, les universités françaises recourent massivement au recrutement d’enseignant·es vacataires: des intervenant·es payé·es à l’heure, mal rémunéré·es, sans statut ni reconnaissance spécifiques. Malgré l’introduction en 2022 d’une loi visant à réguler ces pratiques, la situation reste pour l’heure inchangée.»
Bien qu’une telle situation n’existe pas en Suisse, la précarité des enseignant·es des établissements supérieurs existe aussi. Des chargé·es de cours, postdoctorant·es ou doctorant·es assurent une part significative de l’enseignement, «dans des conditions contractuelles qui se révèlent bien souvent fragiles». En 2022, 48% du corps intermédiaire à l’Université de Genève été engagée en CDD ou contrat de suppléance. Le passage par la précarité reste alors aujourd’hui souvent perçu comme un sacrifice nécessaire avant une meilleure situation.
24 Juin 2025
De combien de doctorats le monde a-t-il besoin ?
Le nombre de nouveaux titulaires de doctorat a presque doublé entre 1998 et 2017 et a continué à augmenter depuis. Mais le nombre d’emplois dans le monde universitaire n’a pas suivi cette augmentation.
De nombreux chercheurs appellent à une réévaluation de la finalité du doctorat et à des réformes des systèmes d’enseignement supérieur afin de s’adapter à l’évolution des carrières des titulaires de doctorat. Certains pays, comme le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont déjà commencé à opérer des changements.
23 Juin 2025
«UniDistance pourrait devenir la première uni du Valais»
«Corinna Martarelli, vice-rectrice Enseignement, revient sur le parcours et les perspectives de l’institut d’enseignement à distance créé à Brigue». Elle parle également des étudiant·es, qui ont 38 ans en moyenne, et les méthodes accompagnant l’enseignement, qui est désormais 100% en ligne.
Par ailleurs, Unidistance a commencé à faire de la recherche en 2017, et aujourd’hui, 25 professeurs «maison» sont rattachés à UniDistance.» Le statut d’université lui permettrait d’accorder des titres de doctorat. Un avant-projet de loi a eu lieu pour la création de cette université à proprement parler.
25 Avr 2025
«Après un doctorat, l’épreuve de l’insertion»
Le Temps s’intéresse à la question de l’employabilité des doctorant·es suisses, qui peinent à trouver un premier emploi dans l’industrie. Pourtant, recruteur·euses et candidat·es semblent tous·tes en demande. A noter qu’en Suisse, environ 5% des étudiant·es seulement qui entrent en bachelor feront une carrière académique.
Le journal explique les difficultés des doctorant·es à décrocher un premier emploi : les chercheur·euses et étudiant·es sont souvent très concentrés sur leur recherche et manquent de temps pour travailler leur réseau ou leur CV, «en entreprise beaucoup d’aspects liés aux régulations et au contexte politique entrent en jeu» au contraire de laboratoires universitaires plus libres, il existe «une difficulté à traduire des capacités académiques en compétences recherchées dans l’industrie», les doctorant·es sont «expert·es et ne veulent pas n’importe quel emploi, mais en parallèle on attend d’eux qu’ils aient déjà une expérience professionnelle».
Le journal donne donc quelques pistes afin de trouver un emploi suite à un doctorat : accepter de commencer en bas de l’échelle en débutant par un stage par exemple, avoir un réseau, suivre des cours de management de projet et d’équipe.
«A travers des conseils et formations, le Graduate Campus accompagne ainsi ces profils.» Il existe également «des institutions partenaires, dont la Conférence universitaire de Suisse occidentale qui propose un programme pour développer des compétences transférables au monde professionnel».
13 Mar 2025
Le classement mondial des universités QS par matière (2025)
Le classement mondial des universités QS par matière 2025 comprend 55 disciplines réparties dans 5 grands domaines. La comparaison est faite parmi plus de 21’000 offres académiques, dans plus de 1’700 universités de 100 pays et territoires.
«La Suisse jouit d’une bonne réputation parmi les employeurs et se caractérise par une forte attractivité […] [Le pays] compte 234 entrées spécialisées dans le classement. Parmi celles-ci, 13% augmentent, 44% diminuent, 34% restent inchangées et 22 sont nouvelles. Dans les domaines spécialisés larges, la Suisse compte 32 entrées. 56% augmentent, 25% diminuent, 13% restent stables et deux sont nouvelles.» La Suisse se place en première position dans les domaines de la géophysique, de la géologie, de l’hôtellerie et des sciences de la terre et de la mer (prnewswire.com). «L’ETH apparaît comme la meilleure université suisse en sciences de la vie, et en médecine dentaire, deux universités suisses se retrouvent dans le top 10.» (medinside.ch)
«Il est frappant de constater que les facultés de médecine suisses ne brillent pas autant dans ce «concours de beauté» que les cliniques universitaires suisses dans le classement de «Newsweek»: l’USZ [Hôpital universitaire de Zurich], l’USB [Hôpital universitaire de Bâle] et le CHUV y sont récemment classés parmi les 15 meilleurs hôpitaux du monde. […] Cela indique que les points forts de notre pays se situent davantage dans le domaine clinique que dans la recherche et l’enseignement.» (medinside.ch)
- classement des hautes écoles
- médecine – recherche
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- classements des pays
- essais cliniques
17 Oct 2024
UNIGE : «L’identité professionnelle pour réenchanter la médecine»
«Désillusions, perte de sens, découragement… Autant de défis qui frappent durement la profession médicale. Comment remobiliser les troupes ? Le Professeur Idris Guessous, vice-doyen en charge de la formation postgraduée et continue et de l’identité professionnelle [à l’Université de Genève]», livre ses propositions, notamment la réintroduction des rituels en célébrant officiellement les différentes étapes de la carrière des médecins (par exemple l’obtention du titre de Privat-docent, la soutenance de thèse, ou l’acquisition du titre de spécialiste FMH), ou la mise en place de compagnonnages entre jeunes médecins et professionnel·les plus expérimenté·es.
Il mentionne par ailleurs le projet de création d’une «plateforme digitale destinée à aider les médecins à rejoindre des groupes d’intérêts dans des domaines tels que le climat, la justice sociale, la technologie ou l’intelligence artificielle afin qu’ils puissent s’engager dans une cause qui leur parle encore plus personnellement».
16 Oct 2024
Université de Bâle : réforme sur les conditions de travail du corps intermédiaire
Poussée par des interventions politiques, l’Université de Bâle poursuit sa réforme qui vise à mettre fin aux conditions précaires des chercheur·es doctorant·es et post-doctorant·es. Durant ce mois d’octobre, le Grand Conseil votera sur une intervention pour une amélioration des conditions de travail du corps intermédiaire de l’université de Bâle. La direction universitaire a déjà créé ce mois-ci un poste pour une personne qui devra gérer cette réforme. Les conditions de travail du corps intermédiaire de l’Université de Bâle (qui comprend 2700 doctorant·es et 500 post-doctorant·es) sont en effet faites de «dépendances» et de «pression de la concurrence». Parmi les problèmes cités, on trouve : le contrat à durée déterminée, la conciliation difficile avec une vie de famille, le temps important utilisé afin de trouver des fonds pour la recherche.
Un des objectifs de l’université serait aujourd’hui de créer des contrats à durée déterminée plus longs et liés à des projets, comme cela devient de plus en plus le cas dans les HES. Le plan de réforme devrait rapidement être mis en place, assure l’université.
3 Sep 2024
Huit accusations contre un chercheur de l’EPFZ
Un chercheur à l’EPFZ est accusé par huit personnes de s’être «approché» d’étudiant-es, de chercheur-es et collaborateurs ou collaboratrices «de manière inadéquate pour un supérieur hierarchique». L’accusé nie toute faute.
Vice-présidente de l’EPFZ pour le développement du personnel et le leadership, Julia Dannath, a classé l’affaire sans lancer une enquête. Les raisons invoquées étaient que les personnes concernées ne travaillaient plus à l’EPFZ ou qu’un événement s’était produit il y a trop longtemps et que le délai pour l’annoncer était passé.
Malgré les plaintes, une procédure d’appel se poursuit : le maître de conférences attend la décision du président de l’EPF pour obtenir une chaire permanente. Ce n’est que lorsque les journalistes ont commencé à enquêter sur cette affaire que Julia Dannath a commandé une enquête externe. Elle estime que tout s’est déroulé correctement d’un point de vue juridique mais a reconnu des erreurs dans la procédure de déclaration. La journaliste du Tages-Anzeiger Kerstin Hasse commente : Les nouveaux règlements et le services qui permettent de signaler des «comportements inadéquats» ne servent à rien s’il n’y a pas de sensibilité à la détresse des collaborateurs.
La cheffe du FNS, Angelika Kalt, ne connaît pas le cas précis, mais indique que certaines conditions favorisent les incidents d’inconduite, en particulier envers les femmes. «Il s’agit notamment d’une forte domination masculine dans les fonctions de direction et d’un environnement de travail où ce type de comportement est toléré. Par ailleurs, «Les hautes écoles ou l’ensemble du monde académique doivent se demander s’ils sont encore compétitifs […] avec leurs conditions de travail et leurs fortes hiérarchies. Car, objectivement, ces rapports hiérarchiques persistants sont plutôt un vestige des temps anciens dans le monde du travail actuel. En outre, des études montrent que la diversité sur le lieu de travail et surtout dans les projets de recherche contribue à une qualité élevée.»
- carrière académique
- conditions de travail
- harcèlement sexuel et sexisme
- formation – doctorant·e·s
- harcèlement moral – mobbying
29 Août 2024
Le Tribunal fédéral tranchera sur l’égalité salariale des doctorant-es
A l’EPFZ, un doctorant et une doctorante revendiquent l’égalité salariale et demandent un rattrapage de salaire. Leur motif principal est que les doctorant-es travaillant dans les domaines où il y a beaucoup d’hommes sont systématiquement mieux payé-es que les doctorant-es dans les domaines où il y a beaucoup de femmes. L’affaire est maintenant devant le Tribunal administratif fédéral. «Sa décision fera jurisprudence, car l’affaire n’est pas seulement importante pour les parties concernées, elle pourrait également servir de référence pour les futurs litiges dans les hautes écoles – en particulier pour les questions relatives à l’action juridique en cas de discrimination salariale, de paiement rétroactif du salaire et d’adaptation du contrat.»
13 Août 2024
Hausse des salaires des doctorantes et doctorants
«Le FNS augmente les salaires minimaux des doctorantes et doctorants employés dans le cadre de ses instruments d’encouragement. La mesure entrera en vigueur au 1er janvier 2026.»
21 Juin 2024
180 secondes : une doctorante de l’UNIL primée à la finale suisse
Joanna Vuille, doctorante à la la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, a remporté la finale suisse de « Ma thèse en 180 secondes ».
17 Mai 2024
«Les assistants de l’IHEID maintenus dans la précarité»
«Des doctorants dénoncent un modèle de rémunération injuste et financé par de l’argent public.»
22 Avr 2024
Les conditions de travail du corps intermédiaire à Bâle
Cinq doctorant-es de l’Université de Bâle regrettent que les étudiants témoignent des conditions de travail précaires. Le Syndicat des services publics SSP Bâle a adressé une lettre au rectorat, souhaitant ainsi exprimer son inquiétude face à la situation et demande une «véritable réforme des conditions d’emploi et de travail».
Les critiques portent, entre autres, sur le manque de postes scientifiques fixes attractifs, la dépendance personnelle vis-à-vis des professeurs et la charge de travail et d’enseignement élevée du corps intermédiaire. «Dans ces conditions, la qualité de l’enseignement et de la recherche ne peut être garantie, même avec un grand engagement des assistants et du personnel scientifique.»
19 Mar 2024
Action «contre la précarité» des doctorant-es
«Une septantaine de personnes ont participé mardi à une action sur le campus de l’Université de Lausanne (UNIL) « contre la précarité des doctorants ». Une pétition, munie de plus de 1000 signatures, a été remise à la direction de l’UNIL.»
7 Mar 2024
Un doctorant affirme que l’EPFL a supprimé des e-mails
Un doctorant revendiquait le paiement de ses heures supplémentaires à l’EPFL et son droit à la liberté d’expression en mettant un courriel en copie à toute la communauté EPFL (soit quelques 20’000 destinataires).
Face à l’envoi massif d’un message qui contrevenait à la Directive de l’école polytechnique en matière de messagerie collective (Lex 6.3.3), «les équipes techniques ont donc supprimé ce message en activant une fonctionnalité de notre anti-spam et antivirus, ce qui a eu pour conséquence de le faire disparaître des boîtes e-mails auxquelles il avait été adressé.», explique la porte-parole de l’EPFL. Par ailleurs, «[les doctorants de l’EPFL] ne sont pas soumis à la durée du travail, qui est en moyenne de quarante et une heures par semaine à l’EPFL. En conséquence, ils ne sont pas éligibles pour la récupération (ou le paiement) d’heures supplémentaires.»
1 Fév 2024
Formation doctorale: la HES-SO rejoint les universités romandes au sein de la CUSO
«Depuis le 1er janvier 2024, l’ensemble des quelque 200 doctorant·es affilié·es à la HES-SO peut prendre part aux activités proposées dans les programmes doctoraux disciplinaires et le programme transversal de compétences génériques de la Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO).»
31 Jan 2024
Une journée d’échanges pour améliorer le soutien aux carrières des scientifiques
Des expert·es de l’accompagnement des doctorant·es se sont réunis pour dresser un état des lieux et élaborer des pistes d’avenir sur la thématique des parcours professionnels non académiques.
10 Jan 2024
L’Université de Saint-Gall licencie deux professeurs pour manquements à l’intégrité scientifique
L’Université de Saint-Gall, aussi nommé HSG, met fin à sa collaboration avec deux professeurs, dont le président de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement (ISCM) Wolfgang Stölzle. Les deux chercheurs sont accusés de manquements à l’intégrité scientifique.
En juin 2023 déjà, la HSG a retiré à Wolfgang Stölzle la direction de l’institut en raison d’une « culture de gestion problématique » et de conflits d’intérêts.
Selon l’enquête interne, l’autre professeur, un professeur titulaire, a utilisé à plusieurs reprises des parties de textes de travaux d’étudiants pour des publications personnelles sans référence correspondante. Il aurait également copié des expertises pour des thèses de doctorat qu’il supervisait «ce qui pourrait avoir pour effet d’invalider le titre de docteur» des personnes supervisés.
L’avocate des doctorant-es lesé-es Senta Cottinelli considère la décision de l’université comme un signe contre l’inégalité de pouvoir («Machtgefälle») qui régnait jusqu’à présent entre les professeurs et les doctorants. Les universités auraient le devoir d’intervenir auprès des professeurs fautifs. «Les professeurs ne doivent pas être de facto inamovibles», écrit-elle.