12 Avr 2024
Thème: rôle des scientifiques
12 Avr 2024
«Des centaines de milliers d’études sont inventées de toutes pièces»
Le problème croissant des fausses publications scientifiques est alimenté par un marché en pleine expansion, où des agences, les «paper mills» (moulins à papier), offrent des services d’assistance à la rédaction pour les publications. Les scientifiques paient jusqu’à 25’000 euros pour des contrefaçons bien réalisées et désormais «[g]râce à l’IA, ces faux et ces contrefaçons sont désormais de plus en plus faciles et rapides à fabriquer».
Le chercheur et éditeur de revue spécialisée en neurologie, Bernhard Sabel, a découvert l’ampleur du problème à l’aide d’autres chercheur·es : «A ce jour, nous estimons qu’au moins cent mille travaux scientifiques publiés sont suspects ou falsifiés […]. Cela ne concerne que la biomédecine. En extrapolant à l’ensemble de la science, on arrive à quatre à cinq cent mille travaux publiés et falsifiés chaque année – sur un total d’environ 5 millions de publications dans le monde. Cela donnerait un taux de contrefaçon d’environ 10 pour cent.» Les études falsifiées pourraient avoir des conséquences néfastes selon Jörg Meerpohl, Directeur de Cochrane Allemagne, une association internationale pour l’assurance qualité en médecine : «[l]es implications pour les patients seraient immenses si des recommandations de traitement étaient faites sur la base d’études fausses et fictives».
Bien que les grandes maisons d’édition cherchent de plus en plus de détecter les contrefaçons, la pression sur les chercheur·es pour publier en quantité, plutôt qu’en qualité, contribue à ce phénomène.
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- recherche – qualité
- publish or perish
- recherche – éthique
- intelligence artificielle
11 Avr 2024
Interview avec Cléolia Sabot, Coordinatrice de l’Interface à l’UNIL
En mars 2024 l’UNIL lançait le Fonds de soutien à la recherche partenariale «Interface», qui a pour but de financer et évaluer des projets de recherche collaboratifs et avec un impact social.
Cléolia Sabot, Coordinatrice d’Interface, répond à des questions sur le besoin qu’il y a eu de créer ce type de fonds. Ce n’est pas une nouveauté que l’UNIL fasse de la recherche partenariale, mais l’université veut davantage élargir ce type de collaboration, ainsi qu’élargir les partenaires de terrain avec lesquels elle collabore. En effet, un des objectifs serait «de ne pas travailler qu’avec des administrations ou des entreprises, mais d’avoir une diversité de partenariats […]. Par exemple […] une petite association qui aurait envie et besoin d’avoir des appuis scientifiques n’a pas toujours les moyens de le faire». De plus, ce besoin s’avère d’autant plus urgent que le Fonds National Suisse (FNS) peine à financer ce type de recherche : «le FNS tend davantage à financer des recherches fondamentales qui se font, la plupart du temps, dans le cadre exclusivement académique».
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- financement public
- rôle des universités
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- profil – universités
- collaborateurs·rices étrangers·ères
10 Avr 2024
Ueli Maurer : «J’ai perdu confiance en la science»
Le premier symposium suisse sur la rétrospective et les perspectives de la politique de santé, sous le titre «Corona – Fakes und Fakten», a eu lieu à Berne où Daniel Beutler, médecin de famille et critique des mesures prises lors de la pandémie du COVID-19, «a réuni des personnes de tout le pays partageant les mêmes idées». Un des orateur·ices qui a pris la parole est l’ancien Conseiller fédéral Ueli Maurer, selon lequel «le gouvernement national a respecté tous les processus politiques», mais la science «aurait mal informé pendant la pandémie et provoqué des mesures trop violentes […], [qui] sont à leur tour à l’origine du profond fossé qui traverse la société jusqu’à aujourd’hui».
3 Avr 2024
Il faut continuer à soutenir la collaboration entre universités et société
Hanna Hilbrandt, Professeure de géographie sociale et de recherche urbaine à l’Université de Zurich, Carolin Schurr, Professeure de géographie sociale et culturelle à l’Université de Berne et Claske Dijkema, chargée de cours à l’Institut pour la diversité sociale et culturelle de la Haute école spécialisée bernoise, se penchent sur le débat qu’il y a autour des relations entre la science, la société et l’activisme politique.
Si les médias qualifient souvent les collaborations entre universités et société d’«activisme académique» et les directions des universités les qualifient souvent comme «idéologiques», les trois académiciens pensent que ces critiques «[ne sont] pas seulement contradictoire[s], [elles ignorent] également l’état de la recherche accepté au niveau international. Les collaborations science-pratique ont été fortement encouragées par l’État, les universités et le secteur privé au cours de la dernière décennie.»
Les trois académiciens tiennent a rappeler que «[l]es principes directeurs des universités suisses ne définissent pas seulement la liberté académique comme base centrale de l’innovation scientifique. Ils soulignent également la responsabilité de l’université d’aborder les questions de société. La collaboration transdisciplinaire avec différents groupes y apporte une contribution essentielle.»
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26 Mar 2024
Positionnement de l’Université de Berne sur la liberté académique
L’Université de Berne s’exprime sur la lettre ouverte « Pour la défense de la liberté académique en Suisse« . «La présentation de certaines circonstances dans la lettre ouverte est unilatérale et occulte des faits. […] L’Université de Berne n’observe aucune érosion de la liberté académique en son sein. La liberté de l’enseignement et de la recherche est en tout temps garantie à l’Université de Berne. Indispensable pour toute université, cette liberté telle qu’elle a été définie doit être protégée et défendue. Tous les collaboratrices et collaborateurs de l’Université doivent y prendre part.»
Par ailleurs, l’institut d’études du Proche-orient avait été dissout «Sur la base des conclusions du rapport d’enquête administrative […]. […] [L’université] répond ainsi à la demande d’en élargir l’objet de recherche et d’enseignement, qui était auparavant très étroit, et de placer le domaine d’études dans un contexte plus large incluant la recherche, la langue et la perspective historique. La dissolution de l’ISNO n’entrave pas la science et l’enseignement, mais, au contraire, en élargit l’horizon et en renforce la diversité. »
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19 Mar 2024
La discrétion du monde académique
Marc Chesney, professeur à la faculté d’économie de l’Université de Zurich, écrit: «Un aspect en particulier est resté dans l’ombre et interpelle. Il s’agit de la réticence du monde académique en finance à s’exprimer publiquement sur les causes et les responsables de la débâcle de CS. A quelques exceptions près, c’est plutôt le silence radio qui prédomine. Que ce soit avant, pendant et depuis cet effondrement, rares sont les articles des spécialistes universitaires. […] Ils auraient pourtant dû prendre position, ne serait-ce que par respect pour le contribuable qui les finance en grande partie. […] A quoi est dû cet effacement, ce manque d’analyse objective d’une telle crise? A un conflit d’intérêts, une capture cognitive du monde académique qui s’alignerait sur les points de vue de grandes institutions financières?»
19 Mar 2024
Le «déclin» de l’institut du Moyen-Orient à l’Université de Berne
L’Institut du Moyen-Orient à l’Université de Berne a fermé ces portes récemment «à cause d’une situation intenable» : un collaborateur scientifique avait écrit sur le réseau X que l’attaque du 7 octobre était le meilleur cadeau d’anniversaire qu’il a jamais eu.
Reinhard Schulze, professeur émérite d’études sur l’Islam et en nouvelle philologie orientale, avait longtemps laissé la marque de l’Institut et affirme qu’il regrette profondément ce développement et blâme aussi le fait que ces successeurs n’auraient pas assez cultivé les liens avec le (grand) public en fournissant des expertises.
Selon un rapport d’enquête, il y avait un «corset idéologique» qui primait à l’institut qui qualifiait Israël comme un «peuple coupable» et les palestiniens comme les victimes. Reinhard Schulze affirme que cette perspective n’était pas présente quand il travaillait encore à l’institut. «Cela n’a rien à voir avec la science. […] Cette réduction, cette création de corps populaires est un concept politique très à droite à l’origine. Qu’une telle chose soit présentée comme une science par la gauche au 21e siècle est une horreur. […] Personne ne m’a jamais reproché, en tant que vieil homme blanc allemand, de ne pas parler de l’islam. Ce serait certainement différent maintenant ».» Il estime que cela fait déjà quelques années, que les études sur l’islam à Berne manquent de crédibilité. «J’aurais cependant souhaité que l’université s’engage plus fortement à ce que l’islamologie, en tant que discipline associée à la science du Proche-Orient, continue à occuper une place importante, y compris sur le plan institutionnel.»
19 Mar 2024
L’Université de Zurich inaugure le nouveau Musée d’histoire naturelle
Michael Schaepman, Recteur de l’Université de Zurich, et Stephan Neuhauss, Doyen de la recherche de la Faculté de Mathématiques et Sciences Naturelles de l’UZH, ont inauguré le Musée d’histoire naturelle de l’Université de Zurich (NMZ), qui comprend quatre musées de l’UZH. Ainsi, le Musée Zoologique et le Musée Paléontologique ont été réunifiés lors de l’inauguration, alors que le Musée Anthropologique et le Musée Botanique feront officiellement partie du NMZ jusqu’au printemps 2025. Le point fort de cette nouvelle ouverture est l’exposition de quatre dinosaures qui ont été reçus en donation par l’UZH en 2019. Le Recteur de l’UZH explique que «[l]e Musée d’Histoire Naturelle fait vivre directement la recherche scientifique et montre dans un langage précis et pourtant simple comment parvenir à de nouvelles connaissances scientifiques». Dennis Hansen, Chef de projet du NMZ, ajoute que «[l]’unification des quatre musées sous un même toit et une seule administration n’est qu’une étape. La vision […] est qu’à l’occasion du bicentenaire de l’université en 2033, un musée plus grand sera inauguré et que d’autres musées de l’université rejoindront. Mais rien de concret n’a encore été décidé.»
14 Mar 2024
«La crédibilité des chercheurs n’a pas à souffrir de leur engagement politique»
«De nouvelles lignes directrices pour l’engagement politique et le conseil politique basé sur la science sont en vigueur à l’ETH Zurich depuis février. Elles guident les membres de l’ETH qui souhaitent participer au dialogue entre la science et la politique. Benedikt Knüsel, chef de l’unité Interface science-politique, explique les principaux enjeux de ce champ de tension manifeste.»
13 Mar 2024
«Malheureusement, l’intellectualité est mal vue en Suisse»
Le journaliste Peer Teuwsen craint qu’une baisse du nombre d’étudiant-es «dans les domaines qui encouragent l’esprit critique et le jugement nuancée», notamment en l’histoire et les lettres modernes, aurait des conséquences «dramatiques pour la Suisse», dans cette «époque de la pensée en noir et blanc […] Si l’on pense moins à l’ensemble et pas plus à soi-même, on ouvre la porte à une pensée volontairement simpliste, également appelée populisme […] [et] alimente les intérêts personnels et nuit à l’intérêt général. ».
Sebastian Bonhoeffer, directeur du Collegium Helveticum interdisciplinaire et professeur de biologie théorique à l’EPF de Zurich, déclare: «Il y a dans la formation universitaire un risque de spécialisation et de scolarisation excessives. Les étudiants ne sont pas des rouages que l’on façonne pour qu’ils s’intègrent parfaitement dans un engrenage. Il ne faut pas surestimer l’évaluation de l’utilité sociale de la formation universitaire à l’aide de valeurs chiffrées. Ce qui est facilement mesurable n’est pas forcément essentiel, mais ce qui est essentiel est souvent difficile à mesurer. C’est peut-être plus vrai pour les sciences humaines que pour les sciences dites exactes». Ainsi, les universités deviennent donc de plus en plus des lieux de formation.
Peer Teuwsen avance que la volonté politique était de renforcer les sujets appelé MINT (Mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniqique), et cela a été fait avec grand succès. Mais «Ces louanges publiques constantes ont conduit à une confiance en soi exagérée des sciences naturelles par rapport aux sciences humaines.» Par ailleurs, les plans d’études pour l’école négligeraient l’apprentissage de l’allemand [en Suisse allémanique] au profit des apprentissages numériques, au point que «La moitié des jeunes de 15 ans en Suisse ne sont pas en mesure de comprendre un texte de manière appropriée, comme l’a montré la dernière étude Pisa». Et le journaliste déplore que les intellectuels suisses évitent le débat public, car «il ne favorise généralement pas la carrière intra-universitaire».
Peer Teuwsen salue l’engagement en faveur des sciences humaines de l’ancien chancelier fédéral Walter Turnherr, qui avait convoqué un groupe de travail sur l’histoire, invitant régulièrement des historien-nes renommé-es pour faire des «états des lieux historiques» et échanger avec différents parlementaires et conseillers et conseillères fédéraux sur un sujet d’actualité dans un contexte historique.
13 Mar 2024
Histoire: «Nos connaissances lacunaires profitent à Poutine»
Le professeur en histoire Caspar Hirschi de l’Université de Saint-Gall se soucie du niveau des connaissances enseignées en histoire à l’école. «J’y inclus des connaissances de base sur la naissance de notre démocratie semi-directe. S’ils étaient plus largement ancrés dans la population, il y aurait une plus grande appréciation de nos droits politiques. Cela est nécessaire, notamment chez les jeunes, pour une participation accrue aux élections et aux votations. […] Sans compréhension de l’histoire, il n’y a pas de construction d’avenir autodéterminée. C’est dangereux. […] Nous perdons le sens des acquis à défendre et à développer. […] Partout dans le monde, les régimes autoritaires gagnent du terrain et l’une de leurs armes, comme on peut le voir avec Poutine, est la falsification de l’histoire. Les démocraties ont besoin d’une conscience historique aiguisée pour pouvoir s’y opposer.»
Caspar Hirschi parle également de la baisse du nombre d’étudiant-es en histoire et spécule sur les raisons derrière cette tendance.
12 Mar 2024
Les scientifiques suisses appellent à la liberté académique
Des personnes travaillant dans les universités de Berne, Bâle, Lausanne et Zurich ont rédigé une lettre ouverte «en défense à la liberté académique en Suisse» et l’ont fait circuler dans les universités». La lettre a été signée par environ 500 collaborateur·ices scientifiques de Suisse, en partie sous couvert de l’anonymat, [et environs 560 scientifiques étrangers]. La lettre ouverte, accompagnée des signatures, doit être remise dans le courant de la semaine aux directions des universités et à d’autres institutions académiques comme swissuniversities et le Fonds national suisse.
Les scientifiques s’inquiètent d’un climat «d’autocensure [qui] s’est installé parmi les scientifiques» et de «l’érosion de la liberté académique», suite aux événements du 7 octobre liés au conflit israélo-palestinien et regrettent un climat de plus en plus anti-intellectuel, indiquant que les attaques de certains médias et responsables politiques contre les sciences sociales et humaines se sont intensifiées depuis.
La NZZ minimise que ce sont «les «woke» qui «appellent au secours». «L’un ou l’autre des signataires peut avoir une certaine notoriété, mais la majorité semble être composée de personnes de rang inférieur : Étudiants, assistants, doctorants. De nombreux professeurs figurant sur la liste n’ont pas donné leur nom et se présentent sous l’appellation «Prof.»» Servan Grüniger, président de ReatCH, commente sur le réseau X que «ce sont aussi les déclarations de personnes «de rang inférieur» qui, dans le cas de l’Université de Berne et de l’Université de Bâle ont été critiquées par les médias et projetées sur des disciplines entières.
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12 Mar 2024
L’Université de Berne face aux controverses suite au 7 novembre
«Les réactions à l’escalade au Proche-Orient posent de grands défis aux universités. […] Sous la pression des médias et de l’opinion publique, les établissements de recherche et d’enseignement doivent actuellement faire face à des questions difficiles : Où s’arrête la science et où commence l’engagement politique ? Quand une université doit-elle intervenir – et à partir de quand la liberté de la science est-elle en danger ? L’Université de Berne ne prend visiblement pas ce débat à la légère. En réponse à une demande d’interview de la Hauptstadt, elle propose pas moins de trois experts de haut niveau»: Le secrétaire général Christoph Pappa (qui remplace le recteur Christian Leumann, empêché pour cause de maladie), Peter J. Schneemann, doyen de la faculté de philosophie et d’histoire et Patricia Purtschert, professeure de recherche sur le genre et co-directrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur le genre.
Le journal en ligne pose les questions suivantes:
- Qu’est-ce que le postcolonialisme ?
- Cette approche est-elle trop proche de l’activisme politique ?
- La science doit-elle être libre de tout jugement de valeur ?
- Comment les scientifiques* doivent-ils pouvoir s’exprimer publiquement ?
- La liberté de la science est-elle en danger ?
- Qu’est-ce qui est le plus dangereux : l’activisme dans les universités ou les attaques généralisées contre des branches scientifiques ?
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12 Mar 2024
UNIL: Le fonds «Interface» qui lie chercheur·es et citoyen·nes
L’Université de Lausanne (UNIL) à lancé un nouveau fonds de soutien à la recherche partenariale appelé Interface. Interviewés par Le Temps, Cléolia Sabot, Coordinatrice d’Interface et Alain Kaufmann, membre de son comité de direction en tant que responsable du ColLaboratoire, unité de recherche-action, collaborative et participative de l’Unil, expliquent en quoi consiste ce projet novateur, qui a pour but de financer et évaluer des projets de recherche collaboratifs et avec un impact social.
Alain Kaufmann avance que la plupart des pays européens encouragent les projets de recherche collaboratifs entre chercheur·es et citoyen·nes qui ont un impact social. Néanmoins, ils sont encore peu soutenus par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), et ainsi «[l]’Unil a le courage de prendre les devants en disant «nous finançons nous-mêmes ce que l’Etat fédéral ne finance pas ou très peu».»
Cléolia Sabot précise que le choix de partenaires est vaste (ex. domaine public ou privé, association, administration publique, un citoyen, etc.) et que le seul critère d’exclusion c’est l’éthique: «[ils ne travailleront] pas avec des organisations qui ne partagent pas le même objectif que la direction de l’Unil, à savoir développer un monde durable et désirable […]. Interface est un projet pilote de trois ans, pleinement intégré à l’écosystème de l’Unil. Le fonds soutiendra des projets avec des enveloppes allant jusqu’à 50 000 francs. Ils peuvent être soumis tout au long de l’année par la communauté des chercheurs et des étudiants de l’Unil avec des acteurs de terrains. Il y aura aussi des appels à projets ponctuels avec des partenaires institutionnels, comme la ville de Lausanne, et thématiques. Le premier sera lancé en juin, sur la santé. Suivront le numérique en 2025 et une thématique sur l’égalité, la diversité et l’inclusion, en 2026.»
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11 Mar 2024
«Didier Queloz, un Nobel suisse de physique au Vatican»
Didier Queloz, Prix Nobel de physique en 2019 et Professeur à l’École polytechnique de Zurich depuis 2021, a été nommé membre de la prestigieuse Académie pontificale des sciences et rejoindra l’institution vaticane cet automne.
5 Mar 2024
«Entre science et activisme»
29 Fév 2024
«Jeunesse sans histoire»
Le nombre d’étudiant-es en histoire ont connu une «baisse dramatique», selon l’OFS il y en a actuellement 2409 en Suisse – 610 de moins qu’en 2013. «Et ce, paradoxalement, à une époque où les médias ont depuis longtemps proclamé le retour de l’histoire : La crise financière, la crise migratoire, la pandémie, la volonté de puissance mondiale de la Chine, la guerre d’agression de Poutine, la poudrière du Proche-Orient sont autant de thèmes qui ne peuvent être abordés que de manière historique.» Selon l’auteur de l’article Marc Tribelhorn, [lui-même historien], «l’Académie des sciences humaines et sociales a réagi de manière assez désemparée», soulignant qu’il fallait à nouveau mieux communiquer, s’occuper de plus de communication avec les gymnasiens.
Il ajoute: «Ce n’est pas une tragédie si moins de jeunes étudient l’histoire – au contraire. Ils sont encore assez nombreux. Certes, les diplômé-es en histoire (et plus généralement en sciences humaines et sociales), dont la formation est relativement bon marché, ont été jusqu’à présent plutôt bien absorbé-es par le monde du travail. Mais dans les professions qu’ils choisissent traditionnellement – les lycées, les médias, les musées, les archives – il n’y aura pas de pénurie de personnel qualifié de sitôt. En revanche, la baisse des effectifs pose un problème aux séminaires d’histoire : Moins d’étudiant-es s’inscrivent en histoire, cela a des conséquences à moyen terme sur les flux financiers au sein des universités, c’est-à-dire sur le nombre […] des chaires et sur l’étendue de l’enseignement.»
Il continue: «Les professeurs d’histoire se suffisent généralement à eux-mêmes. Ils voient peu de raisons de faire connaître leur discipline et leurs recherches à un large public, bien qu’ils soient financés par l’argent des contribuables et que les références culturelles soient évidentes. Ils ne se sentent pas compétents pour les débats de société, presque plus personne ne veut être un intellectuel public qui fait un travail d’interprétation de l’époque. […] «La science historique est devenue apolitique», avait déclaré le professeur émérite André Holenstein, qui ne craint pas les interventions, par exemple sur la question européenne.» Et ceci aurait des raisons ancrés dans la structure et la politique de la recherche.
Marc Tribelhorn estime que la conscience pour l’importance de l’histoire est en baisse, et prend comme exemple la place qui lui est accordé à l’école. «Pourquoi alors enseigner l’histoire? Pour former à la critique des sources et à la compétence médiatique, notamment face aux fake news, au big data et à l’intelligence artificielle, à la guerre et à l’antisémitisme. Pour comprendre les contextes historiques, notre culture, la « Willensnation » qu’est la Suisse et le monde. Pour participer au processus politique, en particulier dans une démocratie directe. Ou comme le philosophe allemand Odo Marquard l’a un jour formulé de manière pointue : L’avenir a besoin de l’origine («Zukunft braucht Herkunf»).
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27 Fév 2024
Est-ce que les hautes écoles doivent renoncer aux partenariats avec les universités israéliennes?
Plusieur·es étudiant·es de la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) «se mobilisent [et] reprochent à leur école de ne pas avoir un positionnement clair sur l’offensive israélienne sur Gaza». Une étudiante se demande pourquoi la HEAD a pris position concernant le conflit entre la Russie et l’Ukraine et pourquoi cela n’a pas été le cas pour la Palestine et Israël. Une délégation d’étudiant·es a rencontré Madame Lada Umstätter, Directrice de la HEAD «pour demander entre autres le boycott académique de la HEAD envers deux universités israéliennes.» (RTS : 19h30)
Madame Umstätter répond que «l’école ne prendra aucune position politique, mais propose des espaces de discussion pacifiques à ce sujet». Luciana Vaccaro, Rectrice de la HES-SO et Présidente de swissuniversities, estime cette réponse de la directrice de la HEAD adéquate: «[l]es universités en Suisse, par tradition, ne prennent pas de position politique, si ce n’est sur des sujets qui les concernent directement. Dans le cas de la guerre qui a été démarrée par la Russie envers l’Ukraine, nous avons interrompu des partenariats avec des universités qui ont appuyé cette agression. Mais si une université ne prend pas position, nous estimons qu’il ne faut pas confondre un gouvernement avec les institutions.» (RTS : Forum)
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20 Fév 2024
La critique des sciences humaines passe à côté de la cible
«Dans les polémiques contre les sciences humaines et sociales («Geisteswissenschaften)», on tire à la chevrotine dans l’espoir que quelque chose reste accroché», avance Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall.