11 Nov 2025
Réactions suite à l’interruption du discours de Martin Pfister à l’UNIGE: louanges et appel à porter plainte
Le journaliste du Temps Frédéric Koller, modérateur de la table ronde de la conférence sur les accords bilatéraux organisée à l’Université de Genève la semaine dernière, loue la réaction de Martin Pfister suite aux troubles de l’évènement par des manifestations propalestinien·nes. N’ayant pas fui l’évènement suite aux troubles, il a tenu la conférence une fois le calme revenu, évoquant à peine «les troubles pour souligner que l’université était certes le lieu du débat démocratique, mais qu’il fallait pour cela être ouvert au dialogue.» Le journaliste pointe également le délai d’intervention du service de sécurité, qui aurait pu être plus rapide au vu de l’appel sur les réseaux sociaux à empêcher Martin Pfister de s’exprimer. «Soucieux de respecter la liberté d’expression dans un lieu de débat public par excellence, les responsables de l’université ont singulièrement manqué d’autorité pour signifier une règle simple à son exercice: l’acceptation du dialogue. Face à l’impossibilité de celui-ci, l’intervention d’un service de sécurité aurait été avisée après cinq minutes.» (Le Temps)
Selon le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE), «l’Université de Genève doit déposer plainte». En effet, selon lui, «les personnes qui ont essayé d’empêcher le conseiller fédéral de parler se sont rendues coupables d’une infraction punie par l’article 181 du code pénal relatif à la «contrainte»». Le juriste et avocat de profession se réfère à cet article de loi: «Quiconque entrave de quelque manière que ce soit une personne dans sa liberté d’action, l’oblige à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte, est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.» Contacté, le rectorat de l’Université de Genève affirme que «l’option est ouverte». (Watson)
Le lendemain de la conférence à Genève, les organisateur·ices (la Fondation Gobat pour la paix) d’une table ronde ouverte au public à Bienne sur la politique de la Suisse au Proche-Orient a été annulée, se tenant à huis clos et en ligne. (Watson)
L’association étudiante CUAE et la Coordination étudiante pour la Palestine Genève condamnent dans un communiqué les réactions de «certain-exs politicien-nexs, relayés par les médias, qui cherchent une fois de plus à délégitimer le mouvement pour la Palestine. […] Qualifier cet événement d’atteinte à la démocratie revient à oublier que la démocratie repose aussi sur la liberté d’expression, la désobéissance civile et la responsabilité morale face à la justice.» Et le Conseil fédéral aurait rompu le dialogue avec les mobilisations en Suisse pour la Palestine depuis longtemps, ce qui met «à mal les principes de la démocratie». (CUAE)