La première étude complète qui s’est penchée sur la réponse scientifique à la pandémie du COVID-19 en Suisse dresse un bilan positif et met en évidence un besoin d’amélioration.
3 Nov 2021
3 Nov 2021
La première étude complète qui s’est penchée sur la réponse scientifique à la pandémie du COVID-19 en Suisse dresse un bilan positif et met en évidence un besoin d’amélioration.
2 Nov 2021
18 Oct 2021
Une enquête internationale menée par la revue scientifique Nature montre la fréquence à laquelle les chercheur·euse·s qui s’expriment publiquement sur la pandémie sont souvent menacé·e·s et insulté·e·s. 321 chercheurs·euses, pour la plupart de Grande-Bretagne, d’Allemagne et des États-Unis, ont répondu aux questions. Les résultats montrent que 15 % ont reçu des menaces de mort, 22 % des personnes interrogées ont fait état de menaces de violence. Puis, 80 % ont été victimes d’attaques personnelles et de tentatives de dénigrement de leur crédibilité sur les médias sociaux.
Ce phénomène n’est pas nouveau, explique Konstanze Marx, titulaire de la chaire de linguistique allemande à l’Université de Greifswald. «Mais la pandémie a agi comme un miroir ardent. Toutes les dynamiques que nous avions déjà décrites dans le cadre de nos recherches sont maintenant apparues en grande concentration et à la vitesse de l’éclair.» Elle estime qu’il est nécessaire d’agir sur le «climat général du discours». Selon elle, il s’agit de reconstruire un climat favorable à la science.
Susan Michie, professeure pour la psychologie de la santé au University College de Londres, estime qu’un signal du gouvernement serait important, comme par exemple une stratégie officielle « zero tolérance » par rapport aux menaces envers les chercheurs qui entrent dans des débats publics.
7 Oct 2021
«Du 7 au 9 octobre se tient le premier Sommet global du Geneva Science and Diplomacy Anticipator [Gesda], une fondation créée par les pouvoirs publics pour identifier les innovations clés de demain, les anticiper et les utiliser pour relever les défis de ce siècle. […] A la base du Gesda, un constat: la science est insuffisamment représentée dans les instances politiques, diplomatiques et internationales. Or le Covid-19 nous l’a montré, notamment en matière de vaccins, elle a un rôle fondamental à jouer.»
22 Sep 2021
Stéphane Van Damme, professeur d’histoire des sciences à l’Ecole normale supérieure de Paris, développe le terme «populisme scientifique», couramment utilisé pour dénoncer différents activistes scientifiques omniprésents dans l’espace public, dans le contexte actuel.
9 Sep 2021
Pour assurer la transition vers une économie neutre en carbone, les chercheurs doivent repenser le financement, la coopération mondiale et leur mode de communication avec les décideurs politiques, a-t-on appris mardi lors d’un séminaire de Science Europe, résumé par Science Business.
Sur le même sujet, Dominique Bourg regrette la communication du GIEC, qui aurait été «catastrophique» pendant des «décennies». (Heidi.news)
8 Sep 2021
La journée d’étude intitulée «Race et blanchité: penser la norme», organisée par le Centre en études genre de l’Université de Lausanne ne plaît pas à la Ligue vaudoise et son président, Félicien Monnier. Il dénonce une «instrumentalisation» de l’université à des fins propagandistes ou marxistes. La sociologue et professeure en études genre à l’UNIL, Éléonore Lépinard y répond:«On ne peut pas travailler sur la société, ses inégalités, sans que cela ait une portée politique.»
7 Sep 2021
«Malgré la pandémie, le monde ne peut pas différer les mesures « urgentes » à prendre contre le réchauffement climatique et la destruction de la nature, plaident lundi, dans un éditorial sans précédent, les principaux journaux médicaux. La santé humaine est menacée.»
24 Août 2021
«Le CNRS déplore les prises de position publiques de certains scientifiques, souvent plus soucieux d’une éphémère gloire médiatique que de vérité scientifique, sur des sujets éloignés de leurs champs de compétences professionnelles comme par exemple sur la vaccination contre la Covid.»
Le CNRS rappelle les principes de la charte française de déontologie des métiers de la recherche.
23 Août 2021
Un groupe anonyme accuse un assistant en lettres youtubeur de l’Université de Genève d’être en lien avec des personnes d’extrême droite qui plébiscitent ses vidéos. L’éditorial parle d’une «chasse aux sorcières» et selon la Tribune de Genève, «L’Université balaie l’affaire.»
16 Août 2021
Après une année fortement marquée par la pandémie, la climatologue et députée verte vaudoise Valentine Python souhaite rapprocher la science de la politique. Elle s’engage pour que les bases de l’écologie soient transmises à la classe politique, et propose d’introduire des formations dans chaque secteur. De plus, les jeunes et les scientifiques devraient recevoir un enseignement sur le fonctionnement des institutions politiques. «Les politicien·ne·s devraient toujours avoir connaissance des faits objectifs et chercher à les intégrer dans nos lois. Je milite pour la prise en compte d’une science indépendante», déclare-t-elle dans un interview avec le Courrier, et mentionne la possibilité de créer une task force climat et biodiversité.
10 Août 2021
Dans un interview, le Prix Nobel de physique (2019) Didier Queloz plaide pour que les scientifiques prennent plus d’importance dans la politique. «Les scientifiques font beaucoup de communications, mais on devrait en faire encore plus. Surtout, on devrait prendre la tête de gouvernements. C’est-à-dire qu’il faudrait que des scientifiques osent faire de la politique. C’est juste très dangereux de se trouver avec une écrasante majorité d’avocats. Simplement parce que je ne suis pas sûr qu’ils arrivent à apprécier tout ce qui se passe, intellectuellement, même si certains le font.»
7 Juin 2021
En Grande-Bretagne, la liberté d’expression dans les universités, l’indépendance des médias et des musées ainsi que la souveraineté de l’interprétation sur l’histoire sont au cœur de l’actualité. Au cœur du débat, le positionnement dit «woke», auquel le Premier ministre Boris Johnson a proclamé la guerre.
«Woke» («réveillé») était anciennement un terme pour les noir·e·s américain·e·s qui résistaient contre le racisme. Aujourd’hui, le parti du premier ministre qualifie de «woke» les personnes qui s’engagent contre le racisme, la discrimination sexuelle, pour les droits humains et ou «qui n’acceptent plus le silence sur le commerce d’esclaves».
Pour protéger la liberté d’expression, Boris Johnson a monté un nouveau projet de loi qui donnerait le droit à l’autorité de surveillance des universités de poursuivre les universités en cas de «discrimination à l’encontre des orateurs·trices». Pour l’UCU, le syndicat universitaire, ce projet de loi «n’est rien d’autre qu’un cheval de Troie que le gouvernement utilise pour étendre son contrôle sur les étudiants».
1 Juin 2021
«Quelque 200 chercheurs, étudiants et travailleurs de l’Université de Lausanne ont envoyé lundi une lettre ouverte à leur direction. Ils lui demandent de s’engager fermement pour la garantie de la liberté d’expression de tous les membres de la communauté universitaire.»
1 Juin 2021
Suite aux manifestations pro-climat auxquelles des gymnases vaudois ont activement pris part, des députés de l’UDC et du PLR critiquent le Département de formation de tolérer la «propagande politique» en milieu scolaire. Une interpellation a ainsi été déposée au Grand Conseil. Pour l’UDC Yann Glayre, l’invitation envoyée (puis retirée) par un doyen aux élèves d’un gymnase appelant à manifester à la Grève du climat, ainsi que des ateliers organisés durant les horaires scolaires ne respectent pas ce principe de la neutralité politique.
Pour la député PLR Florence Bettschart-Nabel, «Il y a une certaine mansuétude de la part de l’Etat de Vaud quant aux manifestations féministes ou climatiques, mais il ne faut pas que l’école devienne une plateforme de ces différents mouvements. Il est primordial qu’un jeune puisse se forger un avis critique»
Le Département de la formation et de la jeunesse ne considère pas que l’engagement de ses écoles met en danger la neutralité politique. Il considère que l’engagement pour le climat découle du principe de durabilité qu’il souhaite appliquer aux écoles.
18 Mai 2021
Dans un article d’opinion publié dans le Blick, Martin Vetterli se positionne en faveur de la loi sur le CO2. Selon le Président de l’EPFL, «La loi sur le CO2 est nécessaire pour réduire les émissions de CO2. Mais elle représente également une grande chance pour la Suisse en tant que centre d’innovation : notre pays dispose des meilleures conditions pour défier le changement climatique par la recherche et le développement.»
Selon le Temps, «L’engagement du président de l’EPFL en vue des votations du 13 juin semble toutefois aller à l’encontre des intentions du conseiller fédéral Guy Parmelin, qui voudrait limiter la prise de parole publique du monde scientifique – dans les institutions dépendantes de la Confédération – sur des questions politiques. Tout au moins sur certains sujets». En 2019 notamment, le Conseiller fédéral avait tenté d’empêcher la publication d’une fiche d’information «alarmante» sur les effets de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, une thématique qui fait actuellement le contenu de deux initiatives sur laquelle la population se prononcera également le 13 juin.
17 Mai 2021
Reto Knutti, professeur en clcimatologie à l’ETH Zurich, du rôle des scientifiques par rapport à la politique. «Nous fournissons les chiffres et les politiciens décident. Mais j’ai remarqué que la politique et la société sont souvent incapables de classer les données si elles n’ont personne pour leur dire comment les interpréter et comment y réagir.»
4 Mai 2021
«Après Vaud et Genève, la justice fribourgeoise va juger dès la fin du mois 32 activistes d’Extinction Rebellion et de la Grève du climat accusés d’avoir bloqué un centre commercial en 2019. Mais elle a refusé d’entendre certains témoins, des scientifiques notamment.»
4 Mai 2021
«Dans un livre, la climatologue et conseillère nationale écologiste vaudoise [Valentine Python] craint que la politique des petits pas ne réponde pas à l’urgence écologique.»
23 Avr 2021
Une centaine de scientifiques suisses ont publié une déclaration soutenant la loi sur le CO2. D’habitude, la communauté scientifique s’implique rarement dans les processus politiques. Cette exception montre à quel point le soutien pour la loi CO2 est large dans la communauté scientifique, déclare Reto Knutti, professeur en climatologie à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).
Cela touche à une question plus fondamentale sur le rôle des chercheur·euse·s et la relation entre la science et la politique. Le Conseiller national UDC Chrisitan Imark par exemple accuse les «soi-disant scientifiques» de faire un raccourci inadmissible des faits et de se profiler en tant qu’activistes.
Monsieur Knutti considère le débat actuel comme une occasion de renforcer la voix de la science climatique. La science ne peut pas prendre de décisions politiques, dit-il. Mais elle doit aussi interpréter les faits et les chiffres, ajoute-t-il. « Si elle ne le fait pas, seuls les lobbyistes s’en chargeront ».
Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, observe une fusion du rôle de l’expert·e et intellectuel·le avec celui de l’expert·e engagé·e. Il ne juge cependant pas problématique le fait que des chercheur·euse·s s’impliquent dans les débats politiques et prennent clairement position. La condition préalable serait que l’on respecte les positions dissidentes comme étant politiquement légitimes.