«Le nouveau CV du FNS permet aux scientifiques d’indiquer le temps effectif consacré à leurs recherches. Notre analyse montre que les femmes sont davantage concernées par des interruptions que leurs collègues hommes.»
19 Nov 2025
19 Nov 2025
«Le nouveau CV du FNS permet aux scientifiques d’indiquer le temps effectif consacré à leurs recherches. Notre analyse montre que les femmes sont davantage concernées par des interruptions que leurs collègues hommes.»
14 Nov 2025
Maria Leptin, présidente du Conseil européen de la recherche (CER), principal bailleur de fonds européen pour la recherche fondamentale, avance lors d’une conférence qu’une «réduction insidieuse de la liberté» est en train de se produire dans le monde universitaire. Cette menace est distincte de l’«oppression» exercée par les gouvernements sur les universités et les scientifiques dans les régimes populistes tels que les États-Unis et la Hongrie.
Il existe un «réseau d’incitations» qui «ne favorise pas nécessairement la liberté [de recherche] », a-t-elle déclaré. Ce réseau comprendrait à la fois les «appels constants à l’impact» lancés par les gouvernements, la pression pour publier dans des revues à fort impact et le manque de perspectives de carrière qui empêche les scientifiques de «prendre des décisions risquées, pourtant absolument nécessaires à la recherche».Une autre «demande constante d’impact» concerne les exigences des organismes de financement de la recherche et des gouvernements qui souhaitent que la science résolve les problèmes sociétaux.
Ce discours intervient à un moment où les décideurs politiques à Bruxelles négocient l’avenir du financement européen de la recherche et de l’innovation.
28 Oct 2025
Plusieurs acteurs de la communauté scientifique soutiennent l’idée d’introduire un système de tirage au sort dans le financement de la recherche européenne (Horizon Europe), à condition que les meilleures propositions gardent les meilleures chances d’obtenir des fonds.
Selon Kamila Kozirog, de l’Association européenne des universités, l’introduction d’un élément de randomisation pourrait réduire les biais et alléger la charge de sélection, mais elle devrait se limiter à des tirages au sort de départage, lorsqu’un petit nombre de projets reçoivent exactement les mêmes notes.
La Commission européenne prévoit d’expérimenter ce type de tirage au sort pour départager les ex æquo, dans le but de lutter contre la sursouscription («oversubscription») du programme : en 2025, seuls 12 % des projets soumis ont été financés. Cependant, il ne s’agira pas d’un pur hasard : les tirages seront conditionnels, combinés à une évaluation, plus traditionnelle, par les pairs.
Aujourd’hui, les départages reposent sur une procédure complexe à cinq critères (couverture des objectifs de l’appel, excellence, impact, équilibre hommes-femmes, etc.), utilisée dans 22 % des cas entre 2021 et 2023. Ce système est jugé chronophage et parfois subjectif, bien qu’il ait le mérite de promouvoir certaines valeurs européennes comme l’égalité de genre.
Certains experts, comme Jörg Schmiedmayer (Université technique de Vienne), estiment que le tirage au sort pourrait être utile uniquement pour les projets proches du seuil de financement, tandis que les meilleurs projets devraient être financés directement. D’autres suggèrent de limiter le nombre de candidatures par institution afin de réduire le volume de dossiers et d’améliorer leur qualité.
Enfin, plusieurs évaluateurs soulignent que les vrais ex æquo sont rares et que la solution la plus efficace serait d’augmenter le budget consacré à l’excellence scientifique, plutôt que de recourir largement au hasard.
24 Oct 2025
Deux scientifiques de l’UNIL, Fabienne Crettaz von Roten, professeure, et Esther Eustache, première assistante de l’ ISSUL, ont écrit: «Il est essentiel que les statisticiens poursuivent et renforcent leurs efforts pour rendre les données accessibles et compréhensibles par tous. Mais encore faut-il leur en donner les moyens, la formation et la reconnaissance. Universités, administration, institutions de recherche: toutes doivent soutenir ces démarches, les valoriser dans les carrières, et encourager les collaborations entre statisticiens, journalistes et acteurs de la société civile. Il est de la responsabilité des scientifiques, mais aussi des décideurs, des médias et du système éducatif, de construire les conditions d’un dialogue entre les données et la population.»
16 Oct 2025
L’Université de la Sorbonne (France) a annoncé son retrait du classement Times Higher Education (THE), rejoignant un mouvement croissant d’universités qui rejettent les palmarès internationaux jugés réducteurs et opaques.
Selon sa présidente, Nathalie Drach-Temam, ces classements fonctionnent comme des « boîtes noires » : leurs méthodes manquent de transparence, posent des questions éthiques et ne reflètent pas la diversité des missions universitaires (recherche, enseignement, engagement sociétal). La Sorbonne dénonce l’usage d’indicateurs quantitatifs amalgamés en un score unique, incapable de représenter la richesse des activités d’une université.
Ce retrait s’inscrit dans un mouvement international : des universités comme Yale, Harvard, Columbia, ou encore Zurich, ont déjà quitté les classements tels que US News, QS ou THE, pour privilégier des évaluations basées sur la qualité réelle plutôt que sur la quantité de publications.
La Sorbonne souligne que ces méthodologies, centrées sur les revues anglophones, biaisent les résultats au détriment des sciences humaines et sociales et négligent des dimensions essentielles comme l’inclusion, le développement durable ou le dialogue science-société. De plus, elles peuvent inciter les universités à adopter des stratégies superficielles pour améliorer leur rang, au lieu de renforcer durablement la qualité.
Membre de la Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA), la Sorbonne soutient une réforme des méthodes d’évaluation afin de redonner aux établissements le contrôle de leurs critères. Elle participe aussi au classement Leiden, jugé plus transparent et fondé sur des données ouvertes.
Dans la même logique, l’université quitte la base de données Web of Science (Clarivate), critiquée pour son caractère fermé et son biais linguistique. Elle se tourne désormais vers des plateformes ouvertes et collaboratives comme OpenAlex, promouvant un modèle où les universités reprennent la maîtrise de leurs données et les rendent accessibles à la société.
20 Août 2025
Ces dernières années, le Fonds national suisse (FNS) a fait l’objet de nombreuses critiques («trop woke, trop à gauche, trop sciences naturelles»). Cependant, il n’avait peu connu de pressions financières jusqu’à aujourd’hui. En début d’année, le Conseil fédéral a déclaré vouloir économiser 412 millions de francs suisses au FNS entre 2027 et 2029, soit environ 11% du budget annuel. En 2027 et 2028, l’entité devra ainsi probablement «rejeter au moins 500 excellents projets». Les coupes concerneront principalement le soutien aux projets ainsi que la promotion des carrières des jeunes chercheurs et chercheuses.
Alors qu’il y a dix ans le FNS pouvait approuver environ 50% des demandes, aujourd’hui ce chiffre est d’environ 35%. Et ce taux diminuera avec les coupes prévues par le Conseil fédéral. Annalena Müller, journaliste auteure de l’article, estime que même avec ces coupes le FNS serait encore en bonne position au regard, par exemple, de la Deutsche Forschungsgemeinschaft qui a un taux de 29,5 % d’acceptation.
La journaliste relève également plusieurs critiques structurelles adressées au FNS: un manque de transparence sur les critères d’excellence scientifique. «Ce système fait régulièrement l’objet de critiques, car il gonfle les effectifs du corps intermédiaire universitaire et éloigne les jeunes adultes hautement qualifiés du marché du travail libre, sans qu’il y ait pour autant de postes à long terme ou de besoin durable pour ces spécialistes universitaires.»
Enfin, la journaliste relève des critiques contre les projets individuels, «dont la valeur informative et l’utilité économique ne sont pas toujours évidentes».
19 Août 2025
Paolo Manghi , chercheur en informatique à l’Institut des sciences et technologies de l’information (ISTI) du Conseil national de la recherche (CNR), à Pise, analyse à partir de son expérience avec le OpenAIRE Graph, le potentiel et les défis des graphes de connaissances en science ouverte pour réformer l’évaluation de la recherche.
La communication scientifique évolue profondément sous l’impulsion des principes de la science ouverte (Open Access, données et logiciels FAIR). Les chercheurs et chercheuses produisent désormais une grande diversité de résultats (données, logiciels, etc.), ce qui exige de nouveaux modes d’évaluation, comme le propose l’initiative CoARA.
Les graphes de connaissances scientifiques comme Scopus ou Web of Science fournissent déjà des indicateurs, mais ils restent fermés et limités aux publications traditionnelles. Les graphes ouverts, comme OpenAIRE, élargissent la couverture aux données et aux logiciels, offrant un vaste index de citations. Toutefois, cela soulève plusieurs défis :
En conclusion, les graphes de connaissances en science ouverte sont «essentiels», mais doivent s’appuyer sur des standards partagés, des pratiques responsables et l’implication de toute la communauté scientifique pour atteindre leur plein potentiel dans l’évaluation de la recherche.
13 Août 2025
Lundi 4 août, une étude publiée dans PNAS, la revue de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, fait état d’un nombre croissant de falsifications et pratiques frauduleuses dans les revues de recherche scientifique. Les auteur·ices constatent une forme d’industrialisation de la fraude par le biais d’usines à articles («paper mills») et mettent en avant la complicité des rédacteur·ices en chef de revues dans la publication de faux articles.
Afin de réaliser leur recherche, les auteur·ices ont analysé la revue américaine PLOS One. Dans un premier temps, les auteur·ices ont analysé les éditeur·ices au taux anormalement élevé de publications acceptées. L’étude relève que 45 des éditeur·ices de la revue ont vraisemblablement été impliqué·es dans des pratiques frauduleuses. Dans un deuxième temps, les auteur·ices se sont intéressé·es aux graphiques ou photos d’expériences dupliqués dans une ou plusieurs publications différentes. Ces images ayant été publiées dans un court laps de temps et par des éditeur·ices voisin·es, laissent penser l’existence de formes d’industrialisation de la fraude. Ils et elles notent également que lorsque certaines revues scientifiques dites «prédatrices» (publiant des articles sans véritable contrôle) se font exclure des bases de données reconnues, les auteur·ices peu scrupuleux·euses passent simplement à une autre revue du même type selon le phénomène appelé «journal hopping». (Le Monde)
La détection des réseaux d’éditeurs telle que pratiquée par cette équipe de chercheur·euses «est tout à fait nouvelle», avance Alberto Ruano Raviña, de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne (The Economist).
Selon les estimations, environ 1 à 2 % de toutes les études publiées aujourd’hui sont falsifiées, et avec l’intelligence artificielle, les contrefaçons devraient devenir de plus en plus indétectables (NZZ). «Le nombre d’articles rétractés et d’articles commentés par PubPeer double respectivement tous les 3,3 et 3,6 ans, tandis que le nombre total de publications double tous les quinze ans. Et les articles suspectés d’être issus d’usines à papier doublent tous les 1,5 an», écrivent ainsi les auteur·ices de l’étude (Le Monde).
Selon les informations de la NZZ, «une grande partie des usines à articles et de leurs clients se trouvent en Chine, en Russie ou en Inde. Et la plupart des contrefaçons sont publiées dans des revues inconnues ou déjà réputées pour leur mauvaise qualité». Toutefois, «ce qui se passe avec PLOS One est alarmant, car cela montre que même les revues basées aux Etats-Unis, et celles dans lesquelles nous publions nous-mêmes, peuvent être touchées», explique Thomas Stoeger, enseignant-chercheur en biologie moléculaire et coauteur de l’article (Le Monde). Ces fraudes créent de plus un nouveau problème généralisé difficilement contrôlable. Les revues systématiques, qui résument les résultats de nombreuses études, risquent d’être polluées par ces articles et études frauduleux.
Ce nombre croissant de fraudes serait dû aux incitations créées par le système scientifique actuel, le nombre d’articles publiés et leur fréquence étant des critères importants pour l’attribution de postes, de promotions et de fonds de recherche (logique du «publish or perish»). Actuellement peu de mesures sont en place pour lutter contre ce phénomène. Généralement, ces détections de publications falsifiés sont faites par des bénévoles qui laissent des commentaires sur des plateformes en ligne telles que Pubpeer.
Selon la journaliste de la NZZ, «les incitations dans le système scientifique doivent changer. Si la qualité de la recherche prime sur le nombre de publications, l’achat de contrefaçons ne vaut plus la peine». De plus en plus d’initiatives vont dans ce sens. Depuis 2022, les scientifiques souhaitant solliciter des fonds au Fonds national suisse «doivent présenter un CV narratif, au lieu d’un CV classique accompagné d’une longue liste de publications».
11 Août 2025
Le président américain Donald Trump a publié un décret présidentiel de grande envergure qui centraliserait le pouvoir et bouleverserait le processus utilisé depuis des décennies par le gouvernement américain pour attribuer des subventions de recherche. S’il était mis en œuvre, ce sont des personnalités politiques nommées, et non des fonctionnaires de carrière, y compris des scientifiques, qui contrôleraient les subventions, depuis leur demande initiale jusqu’à leur examen final.
7 Mai 2025
«La confiance dans la science est aujourd’hui grande. Pourtant, les premières fissures apparaissent», écrit Mirko Bischofberger, qui travaille dans le domaine de la communication scientifique, dans un commentaire de la NZZ. L’auteur du texte observe une montée dans le monde entier des mouvements populistes «qui remettent fondamentalement en question le savoir des experts» et de plus en plus de pression dans le monde de la recherche, comme l’attestent les coupes budgétaires et une politisation croissante du domaine. Cependant, pour lui, «la perte de confiance ne peut pas être attribuée à un manque de visibilité», «aujourd’hui, il ne faut pas plus de relations publiques, mais plus de crédibilité. Et le chemin qui y mène passe par un système scientifique qui mise à nouveau davantage sur la qualité que sur la quantité».
Il écrit: «Le véritable problème réside plutôt dans le système scientifique lui-même. La pression pour la publication – connue sous le nom de «publish or perish» – a créé des incitations à évincer systématiquement la qualité au profit de la quantité. La recherche est aujourd’hui décomposée en unités publiables très petites. Ce n’est pas le gain de connaissances à long terme qui est évalué, mais le nombre de publications et leur «impact». Le système de publication actuel alimente la croissance et les rendements grotesques des revues spécialisées qui publient presque tout – contre paiement. Le processus de peer review, l’épine dorsale de l’assurance qualité scientifique par d’autres chercheurs, est aujourd’hui de plus en plus souvent contourné. En conséquence, le nombre d’études publiées est plus élevé que jamais, et beaucoup d’entre elles font la une des journaux sans avoir été vérifiées.»
«Une partie de la solution pourrait donc consister à publier moins et plus soigneusement, plutôt que d’investir dans une nouvelle expansion de la communication scientifique. La science devrait résister à la tentation de suivre chaque tendance ou de publier chaque résultat. La mission de la science n’est finalement pas de gagner en visibilité, mais d’explorer le monde. Car la science ne devient pas plus crédible lorsqu’elle crie plus fort, mais lorsqu’elle parle plus clairement – et seulement lorsqu’elle a quelque chose à dire.»
7 Avr 2025
«Des expert·es externes ont procédé à une analyse du format de CV et de la procédure d’évaluation du FNS. Leur rapport final livre de précieuses indications et recommandations pour l’optimisation de ses processus.»
26 Fév 2025
«Le Conseil fédéral a approuvé le 26 février 2025 les objectifs stratégiques pour Innosuisse, l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, pendant les années 2025 à 2028. […]
Principale nouveauté de la nouvelle période, Innosuisse s’engage dans l’initiative nationale visant à encourager les sciences quantiques, appelée « Swiss Quantum Initiative », et soutiendra de manière ciblée les entreprises suisses qui mèneront des projets d’innovation dans ce domaine.
En outre, Innosuisse orientera désormais systématiquement son activité d’encouragement selon des objectifs d’impact et utilisera encore davantage l’analyse d’impact pour optimiser ses instruments d’encouragement.»
20 Fév 2025
Une analyse inédite de Nature révèle les institutions où les rétractations sont les plus fréquentes. Les données de Retraction Watch indiquent une nette tendance à l’augmentation des rétractations au cours de la dernière décennie.
6 Fév 2025
UK research and innovation (UKRI), l’agence nationale de financement de la recherche du Royaume-Uni, et l’Université d’Oxford encouragent l’emploi de CV narratifs lors de l’évaluation de chercheurs et chercheuses, qui est censé promouvoir l’égalité, la diversité et l’inclusion des candidatures.
Rachel Oliver, professeure en sciences des matériaux à l’Université de Cambridge, met en garde contre cette solution «à taille unique». «En particulier, le fait de juger les chercheurs en fonction de leurs antécédents plutôt que de leurs projets d’avenir est connu pour créer un biais, tendant à concentrer les ressources sur ceux qui en disposent déjà.»
30 Jan 2025
Ayant rejoint The Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) en 2022, swissuniversities a été invitée à partager son plan d’action concernant la mise en œuvre des engagements fondamentaux de l’accord CoARA, concernant la réforme des méthodes et des processus d’évaluation de la recherche, des chercheur·euses et des organismes de recherche. Dans ce cadre, swissuniversities a publié son plan dans un plan d’action qui sera mis à jour périodiquement. Actuellement, il comprend deux dimensions principales:
12 Déc 2024
«Entre 2000 et 2018, 730 chercheuses et chercheurs hautement qualifiés ont obtenu un subside de professeur·e boursier FNS. Notre analyse révèle que cet instrument d’encouragement a permis de faire progresser leur carrière. […] Depuis l’année 2000 et l’octroi des premiers subsides, 577 des 730 scientifiques encouragés ont trouvé un poste de responsable de recherche dans les milieux universitaires, la plupart en tant que professeur·es permanent·es.»
15 Nov 2024
«Dans sa séance du 8 novembre 2024, le Conseil des hautes écoles a pris connaissance des résultats de la consultation. Il a édicté l’ordonnance sur l’assurance de la qualité en matière d’intégrité scientifique et en a fixé la mise en vigueur au 1er janvier 2025. Il a élu le professeur Ed Constable en tant que président du Conseil pour l’intégrité scientifique.»
12 Nov 2024
La Conférence suisse des hautes écoles a validé la création d’un Centre suisse de compétence en matière d’intégrité scientifique (CSCIS). Elle adopte ainsi l’ordonnance sur l’assurance de la qualité en matière d’intégrité scientifique.
Dès 2026, «le CSCIS conseillera, mais ne mènera pas d’enquête et ne prononcera pas de sanctions; comme auparavant, les hautes écoles prendront elles-mêmes d’éventuelles mesures à l’encontre de chercheurs et chercheuses en cas de comportement incorrect.» Toutefois, le CSCIS récoltera des données relatives à l’intégrité scientifique qui permettront ainsi d’avoir un aperçu global de la situation en Suisse et de procéder à une comparaison à l’échelle internationale.
12 Nov 2024
La RTS a analysé la base de données Retraction Watch, et en ressort que «l’explosion des rétractations, ou retraits, d’articles scientifiques est une réalité grandissante dans la recherche suisse».
L’article met principalement en évidence les éléments suivants :
Pour Andreas Mortensen, vice-président associé pour la recherche de l’EPFL, l’augmentation des rétractations de travaux suisses n’est en aucun cas un problème. «J’estime que cette augmentation témoigne surtout d’un accroissement de la rigueur en matière de publication scientifique.» Katharina Froom, rectrice de l’Université de Fribourg, abonde dans le même sens. Elle note également que la hausse des publications observée ces dernières années induit aussi mécaniquement une hausse des rétractations.
Pour Andreas Mortensen, un renforcement des protocoles de vérification des résultats avant publication serait un «coût en travail et ralentissement bien supérieur au gain en rigueur». Katharina Froom, pour sa part, souligne que la résolution de cette question ne peut se faire que par le biais d’une coopération internationale.
8 Oct 2024
Des fraudes scientifiques en neurosciences sont dénoncées en parallèle en Suisse et aux Etats-Unis. Il s’agit dans les deux cas d’accusations de manipulation et de réutilisation d’images.
Au cours de ces derniers mois, Ariano Aguzzi, une «coriphée» du domaine des prions de l’Université de Zurich, a dû retirer ou corriger certaines de ses publications. Alarmée d’irrégularités il y déjà quelques années, la direction de l’université n’avait toutefois pas pris de mesures, «ce qui s’avère aujourd’hui très discutable»selon le Sonntagsblick, «[c]ar quatre ans après la fin de l’enquête [M.] Aguzzi a dû retirer l’un de ses travaux, jugé pourtant conforme aux attentes («sauber») par la direction de l’université, quatre ans après la fin de l’enquête. Pour un autre travail, qui avait également reçu la bénédiction de la direction de l’université en 2020, une correction a été effectuée en été 2024.»
Une autre point critiqué par le SonntagsBilck, est qu’il aurait utilisé à tort un titre de «MD-PhD» dans sa signature e-mail, sur Twitter et dans ses publications scientifiques, alors qu’il n’aurait jamais suivi un programme PhD (il est titulaire d’un doctorat en médecine humaine et de plusieurs doctorats honorifiques). L’Université de Zurich estime que c’était une erreur de traduction par la faculté de médecine, pas la sienne.
Aux Etats-Unis, un chercheur est accusé par la revue Science d’avoir trafiqué des images dans ses recherches, relate la SRF. Les études portaient principalement sur les maladies de Parkinson et Alzheimer. Eliezer Masliah aurait réutilisé des images pour des expériences totalement différentes, et à «des dizaines d’années» d’intervalles. Pas moins de 132 articles sont concernés, ce qui remet dès lors en questions un grand nombre de résultats scientifiques de ce domaine. La question de savoir qui était complice de ces fraudes est soulevée dans la dénonciation de Science, mais reste ouverte.