«Des défenseurs du climat, parmi lesquels des chercheurs, se sont fait refouler hier sur les marches du Tribunal fédéral. L’activisme est-il incompatible avec la fonction?»
24 Juin 2021
24 Juin 2021
«Des défenseurs du climat, parmi lesquels des chercheurs, se sont fait refouler hier sur les marches du Tribunal fédéral. L’activisme est-il incompatible avec la fonction?»
21 Juin 2021
À la suite des incidents de 2019, l’université de Saint-Gall (HSG) a publié un code de conduite pour ses employé·e·s sur son site web. Sept principes y figurent comportant des mots-clés comme «intégrité», «durabilité» ou encore «transparence». Selon le journal St.Galler Tagblatt, il s’agit d’une étape du «changement de culture» que l’université avait annoncé en 2019 suite à de multiples scandales liés à l’abus de dépenses, à des activités accessoires déloyales entre autres.
Le code de valeurs a été élaboré par une commission composée de représentants de tous les niveaux, «mais sans la direction de l’université, c’est-à-dire délibérément non descendante». Il est dès lors contraignant et reformule les exigences légales de la Confédération et du canton. En d’autres termes, elle ne vise pas à sanctionner, mais à formuler positivement les réglementations applicables.
15 Juin 2021
Une déclaration adoptée par le Parlement danois au début du mois de juin contient des phrases comme:
«Le Folketing [le parlement danois] attend des dirigeants des universités qu’ils assurent l’autorégulation de la pratique scientifique par un débat critique. Cela signifie que l’unilatéralité est évitée, que la science ne se présente pas sous une apparence politique et qu’il n’est pas possible d’échapper systématiquement à une critique professionnelle justifiée.» Par ailleurs, le parlement, comme tous les autres citoyens, a le droit d’exprimer un avis sur les résultats de la recherche, conclut la déclaration. Cela ne signifie pas que le parlement ait un droit de regard sur le sujet de recherche comment la recherche doit être menée.
Les cheurcheur·e·s des sciences sociales, et plus particulièrement les scientifiques en études de genre et politique de migrations se sentent particulièrement visé·e·s par cette déclaration. Selon une lettre ouverte, certain·e·s ont l’impression d’être mis·e·s au pilori par des politiciens et médias, un climat qui limite les libertés de recherche et d’opinions.
1 Juin 2021
«Quelque 200 chercheurs, étudiants et travailleurs de l’Université de Lausanne ont envoyé lundi une lettre ouverte à leur direction. Ils lui demandent de s’engager fermement pour la garantie de la liberté d’expression de tous les membres de la communauté universitaire.»
28 Mai 2021
La task force scientifique adaptera son dispositif actuel dès cet été. La crise sanitaire n’étant pas encore terminée mais la situation actuelle en amélioration, l’organe scientifique de l’OFSP va diminuer son effectif tout en restant «flexible et réactif» pour assurer une veille épidémiologique en automne. La poursuite du mandat actuel est assurée jusqu’à nouvel ordre. «
Selon les témoignages récoltés par Heidi.news, ce redimensionnement serait principalement dû à une certaine «forme de lassitude» de la part des scientifiques engagés de manière bénévole. Après 15 mois d’existence et cible de nombreuses critiques de la part de la politique, certain·e·s des 70 membres souhaitent terminer leur engagement auprès de l’OFSP.
18 Mai 2021
Dans un article d’opinion publié dans le Blick, Martin Vetterli se positionne en faveur de la loi sur le CO2. Selon le Président de l’EPFL, «La loi sur le CO2 est nécessaire pour réduire les émissions de CO2. Mais elle représente également une grande chance pour la Suisse en tant que centre d’innovation : notre pays dispose des meilleures conditions pour défier le changement climatique par la recherche et le développement.»
Selon le Temps, «L’engagement du président de l’EPFL en vue des votations du 13 juin semble toutefois aller à l’encontre des intentions du conseiller fédéral Guy Parmelin, qui voudrait limiter la prise de parole publique du monde scientifique – dans les institutions dépendantes de la Confédération – sur des questions politiques. Tout au moins sur certains sujets». En 2019 notamment, le Conseiller fédéral avait tenté d’empêcher la publication d’une fiche d’information «alarmante» sur les effets de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, une thématique qui fait actuellement le contenu de deux initiatives sur laquelle la population se prononcera également le 13 juin.
17 Mai 2021
Reto Knutti, professeur en clcimatologie à l’ETH Zurich, du rôle des scientifiques par rapport à la politique. «Nous fournissons les chiffres et les politiciens décident. Mais j’ai remarqué que la politique et la société sont souvent incapables de classer les données si elles n’ont personne pour leur dire comment les interpréter et comment y réagir.»
17 Mai 2021
«Pour le conseiller aux Etats, Olivier Français (PLR/VD), il y a lieu de s’organiser pour l’avenir. Son idée: Créer une structure qui aura pour tâche de mettre en place des task forces spécifiques, s’appuyant sur les autorités en cas de crise. Dans une motion déposée mi-mars, le Vaudois propose ainsi de monter une plateforme permanente d’experts scientifiques. Composée notamment «des parties prenantes de la recherche suisse», elle serait chargée d’identifier les possibles futures crises (technologiques, sanitaires, économiques, naturelles, etc.) et – surtout – de sélectionner les experts du pays dans les différents domaines concernés.»
12 Mai 2021
«Le Conseil suisse de la science fait partie du Forum européen des conseillers scientifiques (European Science Advisors Forum ESAF), une plateforme indépendante de conseillers stratégiques européens basés sur la science qui promeut et facilite l’utilisation de preuves scientifiques dans les politiques. Les 16 et 17 mars, en collaboration avec l’université d’Aarhus au Danemark, 300 personnes ont discuté du conseil stratégique fondé sur la science dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation, du climat et de l’environnement.
Le séminaire en ligne a également été l’occasion de parler du conseil en matière de politiques fondées sur des preuves en général. Un sujet très important à l’heure actuelle : Les intervenants ont indiqué que la pandémie était un test de résistance pour les organismes de conseil et ont souligné la nécessité d’unifier un écosystème fragmenté d’organismes de conseil en Europe par le biais de conversations et de normes.»
10 Mai 2021
Alors que la situation épidémiologique en Suisse est actuellement bien meilleure que ce que prévoyait la task force scientifique de la Confédération, l’UDC accuse la Task force Covid-19 «d’alarmisme». Prochainement elle soumettra une motion à la commission économique du Conseil national pour dissoudre la task force et pour mettre fin aux mesures liées à la «situation extraordinaire».
Le PLR, qui avait soutenu la motion de l’UDC en février pour museler la task force scientifique, se distance pourtant de cette nouvelle demande.
Pour Marcel Tanner, épidémiologiste et ancien membre de la task force, «Il ne s’agit pas de la question : le groupe de travail – oui ou non. Ceux qui veulent créer de telles fausses dichotomies n’ont pas compris les différents rôles et responsabilités de la science et de la politique, ainsi que le processus de coopération». Il précise que la Task force accompagne et conseille le Conseil fédéral, mais ne décide de rien.
4 Mai 2021
«Après Vaud et Genève, la justice fribourgeoise va juger dès la fin du mois 32 activistes d’Extinction Rebellion et de la Grève du climat accusés d’avoir bloqué un centre commercial en 2019. Mais elle a refusé d’entendre certains témoins, des scientifiques notamment.»
4 Mai 2021
«Dans un livre, la climatologue et conseillère nationale écologiste vaudoise [Valentine Python] craint que la politique des petits pas ne réponde pas à l’urgence écologique.»
23 Avr 2021
Une centaine de scientifiques suisses ont publié une déclaration soutenant la loi sur le CO2. D’habitude, la communauté scientifique s’implique rarement dans les processus politiques. Cette exception montre à quel point le soutien pour la loi CO2 est large dans la communauté scientifique, déclare Reto Knutti, professeur en climatologie à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).
Cela touche à une question plus fondamentale sur le rôle des chercheur·euse·s et la relation entre la science et la politique. Le Conseiller national UDC Chrisitan Imark par exemple accuse les «soi-disant scientifiques» de faire un raccourci inadmissible des faits et de se profiler en tant qu’activistes.
Monsieur Knutti considère le débat actuel comme une occasion de renforcer la voix de la science climatique. La science ne peut pas prendre de décisions politiques, dit-il. Mais elle doit aussi interpréter les faits et les chiffres, ajoute-t-il. « Si elle ne le fait pas, seuls les lobbyistes s’en chargeront ».
Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, observe une fusion du rôle de l’expert·e et intellectuel·le avec celui de l’expert·e engagé·e. Il ne juge cependant pas problématique le fait que des chercheur·euse·s s’impliquent dans les débats politiques et prennent clairement position. La condition préalable serait que l’on respecte les positions dissidentes comme étant politiquement légitimes.
23 Avr 2021
L’UE va créer un groupe scientifique sur le changement climatique chargé de fournir à la Commission européenne des avis scientifiques indépendants sur le projet de devenir le premier continent neutre sur le plan climatique, à la suite de l’accord provisoire sur la nouvelle loi européenne sur le climat.
19 Avr 2021
«Le neuroscientifique Dominique de Quervain, professeur à l’Université de Bâle, a claqué à son tour la porte de la task force scientifique Covid-19. […] Sur Twitter, il a annoncé le 16 avril 2021 sa décision, dénonçant le «corsetage politique» qui empêche «l’information scientifique non filtrée». Le spécialiste a annoncé rester «à la disposition du public de manière indépendante».»
Par ailleurs, le Président de la task force Martin Ackermann affirme que cette dernière n’avait pas été consultée pour la récente décision d’ouverture du Conseil fédéral.
15 Avr 2021
Le Professeur de physique Ingo Hofmann de l’Université de Goethe à Franquefort estime qu’il y a un problème de communication entre scientifiques et le grand public. «La pandémie de Corona a montré que les scientifiques sont heureux d’expliquer leur travail les uns aux autres, mais qu’ils ne veulent pas être dérangés par le public. Après tout, les articles publiés dans des revues spécialisées et les interventions lors de conférences spécialisées apportent la reconnaissance et une carrière – les bonus de la science. Le principe de base tient toujours qu’un intérêt médiatique trop marqué est en fait nuisible : les explications simplifiées sont « non scientifiques » et peuvent même nuire à la réputation d’un scientifique.»
Selon Ingo Hofmann, les scientifiques, jamais autant demandés et consultés qu’à l’époque actuelle de crise de corona, doivent pouvoir supporter les critiques et en tirer des leçons pour l’avenir. Il donne des exemples du domaine de l’énergie où les chercheur·euse·s n’ont pas su communiquer les résultats de leurs recherches et leurs implications. En donnant ces explications qui s’apprêtent à des mal-entendus, ils risquent de décevoir le public qui a financé la recherche.
Ingo Hofmann craint que les leçons qu’on tire du débat scientifique sur la pandémie reviendront nous hanter dans les débats sur l’énergie et le climat – peut-être même avec plus d’acharnement.
15 Avr 2021
«Pour croiser les expériences, l’Académie des sciences naturelles suisses (SCNAT) a invité des chercheurs ayant joué un rôle public de premier plan face à la pandémie— dont des membres de la task force scientifique Covid-19 — à échanger avec des scientifiques spécialistes du climat.»
14 Avr 2021
Le Grand Conseiller bernois Casimir von Arx (verts-libéraux) a réagi avec une motion sur la nouvelle Direction sur l’utilisation des médias sociaux. «Il n’y a rien à redire à la sensibilisation des chercheurs aux particularités des différents canaux de communication, estime le Grand Conseiller. «Néanmoins, les lignes directrices donnent l’impression que la direction de l’université adopte une position négative à l’égard de l’utilisation des médias sociaux par ses chercheurs et tente de contrôler davantage leurs déclarations pour des raisons stratégiques et de marketing», indique la motion. En outre, Casimir von Arx souhaite savoir si le conseil gouvernemental partage l’avis de la direction de l’université selon lequel les débats entre chercheurs devraient principalement avoir lieu «dans les revues et forums scientifiques», comme le recommandent les lignes directrices actualisées.»
Par ailleurs, l’Université organise une séance d’information sur la directive. Conçu pour 500 personnes, elle aura lieu en ligne l’après-midi du 15.04.2021.
Le journaliste Urs Hafner (NZZ) juge qu’«Avec ces directives, l’Université de Berne viole la liberté de la science, c’est-à-dire la libre diffusion des résultats de l’objet de recherche librement choisi. […] Les lignes directrices commencent par la protection de la liberté de la science garantie par la constitution fédérale – ce qui n’est pas sans rappeler le préambule de la constitution de la RDA, qui invoquait initialement la liberté humaine. Il est toutefois significatif que les lignes directrices ne disent pas contre qui la liberté scientifique doit être défendue. Dans ce cas, les chercheurs devraient être protégés de l’administration de l’université, qui accorde plus de poids au devoir de loyauté de ses « employé-e-s » qu’à la liberté académique. […] A Berne, la liberté académique est épuisée dans la stratégie du rectorat qui consiste à utiliser la communication académique pour améliorer la réputation de l’institution et la positionner comme une université mondiale de premier plan.»
13 Avr 2021
Evelyne Schmid, professeure en droit international à l’Université de Lausanne, craint que la nouvelle directive de l’Université de Berne sur l’utilisation des médias sociaux aura un effet dissuasif («chilling effect») sur le recours à la liberté académique. Elle estime que les directives sont «trop vagues» et difficilement applicables. «L’idée que les expressions d’opinion doivent être coordonnées au sein d’une unité organisationnelle signifiera vraisemblablement que les chercheurs occupant des postes temporaires, en particulier, et ceux travaillant dans des domaines perçus comme «sensibles» par le public, devront réfléchir attentivement à la menace de conséquences s’ils s’expriment publiquement. Il ne s’agit pas de sanctions juridiques, mais d’éventuels désavantages subtils et difficilement démontrables dans la recherche d’un emploi, d’un doctorat ou dans la sphère institutionnelle. […] En tout état de cause, lorsqu’une université réglemente, le critère de «sensibilité» de l’avis est tout à fait déplacé, car ce qui est et n’est pas considéré comme une question sensible en droit est parfois hautement politique.»
Par ailleurs, dans un tweet, Evelyne Schmid suggère que l’Université de Berne devrait également penser à [mieux] protéger les scientifiques victimes d’harcèlement, de menaces, et d’atteintes à l’intégrité personnelle, en lisant le témoignage d’une chercheuse victime de menaces de mort.
Selon Evelyne Schmid, l’Université de Monash en Australie applique une bonne politique en matière des médias sociaux.
12 Avr 2021
Christian Leumann, recteur de l’Université de Berne, défend les nouvelles directives sur les médias sociaux. Il se dit «un peu étonné» des réactions négatives: «Il est possible que la motion parlementaire pour museler la task force et le débat autour de la «cancel culture» ait sensibilisé le public et les chercheurs-euses sur la question […].» Le recteur rejette l’accusation que la directive représente une atteinte à la liberté académique ou la liberté d’expression.