Trois professeur-es se prononcent, en tant que scientifiques, en faveur des objectifs et finalités de l’initiative «Biodiversité».
23 Août 2024
23 Août 2024
Trois professeur-es se prononcent, en tant que scientifiques, en faveur des objectifs et finalités de l’initiative «Biodiversité».
19 Août 2024
Plusieurs musées mettent la Suisse sur le banc des accusés pour son implication coloniale. L’historien de l’économie à l’Université de Zurich Tobias Straumann critique cette thèse. Il lance : «Nous avons vu à Bâle et à Berne des exemples de science très unilatérale, motivée par la politique. Elle est de piètre qualité et nuit à la réputation des universités.»
19 Août 2024
«L’Université de Berne intègre les études sur le Proche-Orient au sein d’un nouveau département d’anthropologie sociale, des sciences des religions et de recherche du Moyen-Orient et des sociétés musulmanes. Ce changement fait suite au licenciement d’un professeur qui avait salué les attaques du Hamas contre Israël.»
15 Juil 2024
Virginia Richter, première rectrice de l’Université de Berne depuis un mois, évoque les défis actuels: «Le fait que les Services psychologiques universitaires (UPS) et l’hôpital des l’île soient actuellement en crise provoque des sentiments mitigés. […] Je pense que pour les deux, il s’agit de regagner la confiance et […] une bonne communication est importante. Et je pense que je peux y contribuer.»
Par rapport au rôle de l’Université pendant les occupations pro-palestiniennes de l’université, elle avance: «Nous ne sommes utiles à personne si nous disons : ici, nous sommes de cette opinion politique. C’est pourquoi je trouve judicieux que l’université se définisse comme politiquement neutre. J’entends par là qu’elle est également neutre vis-à-vis des partis politiques. Dès l’instant où vous abandonnez cette prétention à la neutralité, la politique vient vous dire que nous attendons de vous ceci ou cela. Mais cela ne veut pas dire que l’université est une tour d’ivoire qui n’a rien à voir avec la société. Il y a de très nombreuses choses ou de nombreux aspects dans lesquels l’université s’engage pour la société et collabore avec la politique», par exemple pour fournir des expertises. «Si la direction de l’université s’était engagée politiquement au préalable, nous aurions peut-être restreint la liberté de ces expert-es. Nous conseillons également le gouvernement, par exemple. Nous travaillons également avec des acteurs locaux dans le canton. En ce sens, nous nous considérons comme engagés dans la société. Mais ce n’est pas notre rôle de nous positionner par rapport à tel ou tel conflit.» L’université de Berne défendrait la liberté d’opinion et la liberté académique mais «ce que nous attendons de nos collaborateurs, c’est qu’ils le gèrent de manière responsable, qu’ils ne nuisent pas à l’institution et qu’ils déclarent aussi leur opinion privée comme privée.» Elle évoque notamment les lignes directrices concernant la communication et l’expression d’opinion, qui ont récemment été mises à jour, et la création d’un groupe de travail sur le caractère scientifique (Wissenschaftlichkeit) qui se penchera, entre autres, sur la différence entre l’engagement et l’activisme. «L’activisme sans distance n’a vraiment pas sa place à l’université, car il peut nuire à la crédibilité des chercheurs.»
26 Juin 2024
La durabilité doit devenir une valeur centrale de toute la recherche, selon la Physicienne des particules et Professeure de l’Université du Danemark du sud, Astrid Eichhorn, qui est également autrice d’un rapport sur l’impact environnemental de la recherche. En pleine crise climatique, certains projets scientifiques, comme le Futur Collisionneur Circulaire du CERN, sont critiqués pour leur impact environnemental. Astrid Eichhorn souligne que de nombreux secteurs de la recherche ne sont pas durables, avec des émissions de CO2 élevées provenant des voyages en avion des scientifiques, des bâtiments, et des infrastructures à grande consommation d’énergie.
Eichhorn insiste sur la responsabilité des chercheur·es, étant les mieux informé·es sur la crise climatique, à agir pour réduire leur empreinte carbone. Bien que renoncer à certains projets puisse nuire à la qualité scientifique, il est crucial de repenser les méthodes de recherche pour qu’elles soient plus respectueuses du climat. Cela inclut l’optimisation des ressources et la réduction des déplacements en avion au profit de réunions virtuelles. Ces actions individuelles des scientifiques doivent néanmoins être accompagnées par des changements institutionnels et des exigences de financement basées sur l’impact carbone. «A l’heure actuelle, nous ne sommes peut être pas encore en mesure de produire une recherche complètement durable, mais nous avons les moyens de réduire significativement nos émissions, sans renoncer à l’excellence scientifique».
24 Juin 2024
Le Gesda (Geneva Science and Diplomacy Anticipator) est une fondation créée en 2019 par la Confédération et le canton de Genève dont les activités «visent à anticiper les innovations et les percées scientifiques afin de préparer les Etats et les sociétés à les exploiter au profit de tous». L’émergence du COVID-19 et de l’intelligence artificielle ont rendu urgente la création d’une formation à la «diplomatie scientifique» pour les décideurs et les leaders. Le Palais des Nations à Genève a accueilli une réunion du Gesda intitulée «Préparer les leaders pour un monde confronté à l’accélération de la science et de la technologie» avec le but de «créer une formation (curriculum) globale en matière de science et de diplomatie» qui se veut «anticipatrice, horizontale et interdisciplinaire» et qui «s’adressera aux jeunes, mais aussi aux professionnels de la science, du multilatéralisme, de l’économie». Enrico Letta, ancien premier ministre italien et actuel Président de l’Institut Jacques Delors, explique que ce curriculum, qui sera lancé en octobre, «doit servir d’exemple de formation dans les écoles diplomatiques et d’économie pour les politiques, mais aussi les scientifiques. Si les politiques ont besoin d’avoir des connaissances scientifiques, les scientifiques doivent aussi être formés à la négociation […]. L’Institut de hautes études internationales et du développement sera fortement impliqué dans le projet, de même que les universités suisses […].»
21 Juin 2024
L’Institut historique allemand de Moscou (DHI), fondé en 2005 et faisant partie de la fondation Max Weber, «mettait en réseau des scientifiques allemands et russes» et jouait un rôle clé dans la recherche sur l’histoire soviétique et les victimes du régime nazi. Le DHI a été contraint de «fermer ses portes» par le ministère russe de la Justice, qui l’a déclaré «organisation étrangère indésirable». Cette décision s’inscrit dans une vague de répressions contre les organisations étrangères en Russie, accusées de «[menacer] la stabilité politique et la souveraineté de la Russie». Depuis 2015, la Russie a inscrit plus de 160 organisations étrangères sur une liste noire, incluant des fondations américaines, britanniques, polonaises, ukrainiennes et allemandes. Travailler pour ces organisations peut coûter aux scientifiques russes jusqu’à quatre ans de prison, laissant ainsi les chercheur·es russes isolé·es et «[rendant] également impossible les perspectives russes dans les débats occidentaux». Le ministère des Affaires étrangères à Berlin a critiqué cette décision, la voyant comme une preuve de la «peur de Poutine face à un débat scientifique sur l’histoire».
18 Juin 2024
«Agora soutient des projets favorisant l’implication d’un public élargi dans la recherche scientifique. L’instrument vise à promouvoir les connaissances sur la recherche et le dialogue entre les scientifiques et la société. […] Diverses activités sont soutenues, par exemple : discussions et débats, ateliers pratiques, projets multimédia, jeux sérieux, théâtre et performances, expositions interactives, projets éducatifs, etc.»
L’année dernière, deux modifications importantes ont été apportées au règlement du programme Agora, la diversité et l’égalité étant désormais un critère d’évaluation et «les projets Agora doivent désormais être soumis conjointement par un·e scientifique et un·e spécialiste de communication. Ces spécialistes seront évalués de manière similaire aux scientifiques, sur la base d’un CV narratif.»
3 Juin 2024
Pour la journaliste Laure Lugon Zugravu, les mouvements pro-palestiniens «ont mis en lumière un activisme très présent dans les facultés romandes et des enseignants de plus en plus politisés.»
Un professeur de l’Université de Neuchâtel avance: «[l]’anthropologie, la sociologie, les sciences politiques, une partie de la géographie sont gagnées par l’idéologie. Cela arrive lorsque vous mettez ensemble des gens qui pensent tous pareil. Sans être soumis à des points de vue contradictoires, ils radicalisent leurs positions.» Selon ce professeur il y aurait «[l]a disparition de traditions entières de pensées» dans les sciences politiques ou dans les études de genre. Pour le Professeur de l’UNIL Philippe Gonzalez, certain·es de ses collègues «[mélangent] la science et la politique», ce qui a produit une «propension actuelle à ne plus enseigner aux étudiants comment penser, mais ce qu’il faut penser». Si la politisation des professeur·es n’est pas nouvelle, le professeur de l’Université de Neuchâtel explique qu’«[être politisé] ce n’est pas grave s’il y a une masse critique suffisante de chercheurs de différents bords qui peuvent se corriger mutuellement. «Mais la sous-représentation de la droite s’accroît. […] La diversité la plus menacée dans nos universités n’est pas celle hommes-femmes, mais la diversité idéologique».
A propos de la perception quant à un croissant militantisme au sein de l’UNIL, un scientifique affirme qu’«[o]n n’a plus le droit d’avoir l’esprit critique qui doit nécessairement présider à la science. En lieu et place, il faut s’aligner sur la doxa climatique et écologiste.» Le Professeur Alain Macaluso souligne que «[c]hacun a le droit d’être militant à titre personnel. Le problème surgit quand le militantisme s’institutionnalise, soit que l’institution adopte elle-même une attitude militante, ce qui divise nécessairement sa communauté, soit que certains de ses membres cherchent à imposer leurs combats au sein de l’institution.»
Le Professeur de sciences politiques Bernard Voutat refuse les accusations selon lesquelles «[les] cours [au sein de la faculté des sciences sociales et politiques de l’UNIL] sont imprégnés de wokisme, d’islamo-gauchisme ou de théorie des genres […].» Si le professeur admet «qu’une majorité de ses collègues sont de gauche» il souligne que l’intégrité scientifique est respectée et les professeur·es doivent respecter certaines limites : «L’une d’elles est de ne pas user de sa position d’enseignant pour imposer ses points de vue aux étudiants. On doit aussi respecter l’intégrité scientifique.» Par contre, il ne voit pas de problèmes en ce que 400 professeur·es aient signé la pétition de soutien aux mobilisations pour la Palestine : «selon lui, la question […] renvoie à la liberté d’opinion et d’expression qui est reconnue à tout un chacun, y compris aux professeurs de l’Unil.»
Dans un article d’opinion, Laure Lugon Zugravu regrette que des activistes pro-palestiniennes à l’UNIL ont récemment publié une liste des «collabos», soit des professeurs qui conçoivent des projets de recherche avec des universités israéliennes, cela lui rappelle le maccarthysme.
28 Mai 2024
«A force d’assister, impuissants, aux conséquences du dérèglement climatique, de plus en plus de scientifiques choisissent de s’engager : prises de parole sur les réseaux sociaux, soutiens à des actions en justice, désobéissance civile… Tous se questionnent aussi sur l’avenir de la science. […] Pour beaucoup, le système de recherche actuel basé sur la compétition entre scientifiques ne semble pas compatible avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre.»
24 Mai 2024
Un groupe de professeur-es d’universités suisses a publié une lettre ouverte en faveur de la neutralité académique, pour trois raisons:
«La neutralité de l’institution n’interdit nullement aux enseignants et chercheurs de prendre position. […] Contrairement à la neutralité de l’institution, qui est une neutralité d’abstention, la neutralité scientifique est une neutralité d’équilibre entre des points de vue opposés. […] Plutôt que de prendre des positions politiques, les universités doivent cultiver le goût du débat et l’aversion pour l’absence de contradiction. La diversité idéologique est notre meilleur garde-fou contre le conformisme intellectuel, le dogmatisme et l’esprit partisan.»
24 Mai 2024
Un groupe de doctorant·es, post-doctorant·es, assistants-doctorant·es ou maîtres-assistant·es à l’Université de Genève a signé une lettre ouverte sur le rôle de l’Université. Ces scientifiques qualifient la neutralité de «fiction»: « il est parfaitement impossible de déraciner la science des conditions sociales de sa production. […] Se déclarer neutre, c’est prendre position en faveur du statu quo. […] Alors qu’on ne semble s’inquiéter que de la carrière et du malaise de nos collègues israélien·nes, nous assistons à la destruction totale du système éducatif et de la production de savoir à Gaza.»
23 Mai 2024
Les scientifiques sont de plus en plus souvent victimes de harcèlement en raison de leur travail, et les institutions peinent à les soutenir efficacement. Les attaques peuvent aller de la diffamation en ligne aux menaces physiques, et ciblent de nombreux domaines scientifiques, souvent à travers les réseaux sociaux et par le biais de la publication de messages privés. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais la pandémie de COVID-19 a intensifié et multiplié les attaques contre les scientifiques, y compris des chercheur·es moins médiatisé·es. Malgré l’augmentation de ces épisodes, les institutions de recherche et les universités peinent à offrir une aide adéquate aux scientifiques : par exemple, la microbiologiste Siouxsie Wiles a poursuivi son employeur en justice (l’Université d’Auckland) pour manque à la protection contre le harcèlement.
Certaines institutions, comme l’Ecole de santé publique Johns Hopkins Bloomberg de Baltimore (Maryland), ont mis en place des stratégies pour mieux soutenir leurs chercheur·es. Ces mesures consistent en la création de groupes de travail, de guichets électroniques centralisés pour signaler les abus, et en la réaction rapide des équipes de sécurité créées par les institutions. Cependant, une certaine réticence à signaler les incidents par peur des répercussions professionnelles ou personnelles demeure, particulièrement pour les femmes qui ne souhaitent pas être définies comme des «pleurnichardes ». En outre, les attaques peuvent provenir de divers niveaux, y compris de la communauté académique elle-même et du milieu politique, ce qui complique encore une réponse efficace des institutions, qui cherchent à rester neutres.
13 Mai 2024
«Après une lettre de soutien à l’action estudiantine, un autre front se forme au sein des enseignants. Une contre-pétition appelle à se distancier du militantisme.»
8 Mai 2024
Par rapport aux manifestations pro-palestiniennes dans les universités suisses, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, avance que sa plus grande crainte est que les étudiant-es se fassent instrumentaliser. «Au début, seuls des étudiants ont manifesté à Lausanne. Mais entre-temps, d’autres se sont joints à eux. Je ne sais pas d’où, si c’est d’autres universités ou d’autres mouvements.» Cela compliquerait le travail pour les universités, et «[…] pourquoi un recteur doit-il négocier avec des personnes extérieures à l’université ? Une université n’est pas un parti politique avec lequel on peut négocier sa position.» Par ailleurs, elle craint une collision entre des différentes mouvements. «Notre rôle est académique, de réflexion et de compréhension – et non politique. Cela vaut aussi pour les professeurs.»
29 Avr 2024
Beat Bürgenmeier, professeur honoraire de l’Université de Genève, regrette «le silence de la plupart des professeurs de finance lors de la crise de Credit Suisse». «La recherche en finance de marché n’a guère contribué à améliorer l’expertise et a sans doute sous-estimé l’impact de la crise sur la société et l’environnement. Par ailleurs, la plupart des professeurs de finance se mettant au service du secteur financier ont manqué à leur obligation légale d’informer le public. […] la Cour des comptes serait bien avisée de mettre un peu de lumière dans des pratiques peu transparentes [concernant les activités accessoires des professeur-es]. […] C’est peut-être par ce biais que les citoyens apprendront que la collaboration entre l’université et le secteur privé est bénéficiaire pour certains, mais pas toujours pour eux-mêmes.»
Un article similaire a été publié sur le site Infosperber. Le journalist Urs P. Gasche y décrit comme des grandes entreprises ou banques ont pu exercer de l’influencé sur la recherche. [Il ne mentionne pas d’excemples très récentes.]
23 Avr 2024
Le Conseil fédéral pourrait effectuer des coupes de 60 à 80 millions jusqu’en 2025 au domaine des EPF. Les standards de l’enseignement et de la recherche ne pourront pas être maintenus de cette manière, met en garde le président de l’EPFZ Joël Mesot. La capacité d’innovation de la Suisse serait même menacée.
Le journaliste de la Weltwoche Philipp Gut contredit ces propos («Bullshit») : «Le domaine des EPF dispose d’un budget de 2,736 milliards de francs provenant uniquement de l’argent des contribuables. Et sur ce budget de plusieurs milliards, il serait impossible d’économiser quelques dizaines de millions? Si l’EPFZ ne peut pas le faire, il lui faut immédiatement des économistes d’entreprise compétents à sa tête !» Par ailleurs, le risque d’une perte de qualité viendrait plutôt de l’«idéologisation» de la recherche : «Certains professeurs de l’EPFZ et presque des domaines entiers de la recherche se sont transformés en laboratoires peints en vert dans l’esprit du temps, qui, selon l’impression du public, préfèrent faire de la politique plutôt que de la science sobre», et prend par exemple les prises de position des professeurs Reto Knutti (sciences du climat) et Kay Axhausen (sciences de l’environnement).
«Si l’ETH risque de perdre sa réputation d’être l’une des meilleures hautes écoles du monde, ce n’est pas à cause d’un mini-programme d’économies, mais à cause du bradage rampant des vertus scientifiques sur le marché de la politique.»
16 Avr 2024
Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, estime que tout le monde s’entend comme défenseur de la liberté académique. Mais «[f]aire usage de la liberté de la science ne signifie […] pas donner des slogans préconçus sur l’actualité politique du haut de la chaire. Il s’agit plutôt d’orienter et d’aiguiser l’intérêt pour la connaissance de manière à ce qu’elle puisse faire mal, et pas seulement aux autres, mais aussi à soi-même. Or, il est frappant de constater que les controverses actuelles sur les prétendues violations de la liberté académique ne portent pas du tout sur sa signification au sens strict de la Constitution fédérale.
Rares sont ceux qui se plaignent d’être limités dans leur propre recherche et leur enseignement.» Mais pendant que la liberté académique au sens stricte «annule» des conflits de valeur en privilégiant des valeurs scientifiques par rapports aux valeurs politiques ou religieuses, «Les sanctions infligées par les directions des universités pour des déclarations publiques faites par des universitaires dans le cadre d’appels collectifs ou de tweets personnels sont presque exclusivement des pierres d’achoppement. […] Ils concernent la liberté scientifique au mieux dans le sens large de la liberté d’expression démocratique. […] Dans la présentation polarisante de cas individuels que nous devons subir quotidiennement depuis la récente escalade du conflit au Proche-Orient, cela passe complètement inaperçu. Nous sommes contraints à l’état abrutissant de la prise de parti immédiate. Au cœur de ce conflit de valeurs se trouvent des disciplines relativement récentes telles que les études postcoloniales, les études de genre et certaines parties des sciences climatiques qui se considèrent comme « activistes ». […] Pour eux, la recherche est indissociable des revendications politiques. Cela repose sur la constatation – correcte – que les valeurs scientifiques ne sont jamais totalement indépendantes des préférences idéologiques, et sur la conclusion – erronée – que les valeurs scientifiques ne peuvent pas non plus prétendre à une validité autonome. C’est pourquoi les chercheurs activistes lient directement des valeurs politiques telles que la diversité, l’anti-discrimination ou la justice climatique à la valeur scientifique de la critique et la prennent «à une courte laisse» idéologique. Celui qui refuse cette étroitesse de la critique peut être boycotté en même temps comme non scientifique et réactionnaire. Les défenseurs classiques de la liberté scientifique s’y sont opposés, mais ont à leur tour pris plaisir à boycotter les boycotteurs, ce qui a permis aux chercheurs activistes de redécouvrir la liberté scientifique à leur profit. Mais son véritable objectif a été perdu de vue depuis longtemps dans ce spectacle indigne de l’annulation («Cancel-Spektakel»).
15 Avr 2024
Andreas Faller est membre du comité d’initiative de l’initiative populaire «Oui à la sécurité de l’approvisionnement médical». L’objectif est de lutter contre la pénurie croissante de médicaments en Suisse. Le comité a sollicité le soutien du groupe des sciences pharmaceutiques {FG Pharma), une association regroupant tous les étudiant-es en pharmacie de l’Université de Bâle, qui a exprimé son soutien sur Instagram. Cependant, l’université a rapidement réprimandé l’association, arguant que la promotion d’une initiative politique sur les réseaux sociaux était contraire à ses directives. Andreas Faller qualifie cette décision comme «aléatoire», affirmant que l’initiative est «neutre» et bénéficie d’un large soutien. Cette controverse survient dans un contexte où la journaliste estime que c’est «depuis le début de la guerre au moyen-orient» que les universités suisses sont de plus en plus prudentes quant à leurs déclarations politiques en ligne, une théorie qui est partagée par le porte-parole de l’Université de Bâle Matthias Geering. Selon lui, une université, en tant qu’organisation du savoir, devrait adopter une position de désescalade et non prendre position. «Cela vaut en principe aussi pour les débats politiques en Suisse» et «Les incidents survenus dans le département Urban Studies ont montré qu’il était important de faire une distinction claire entre les prises de position personnelles et les prises de position institutionnelles.» Andreas Faller a en revanche souhaité une approche plus nuancée de la part de la direction de l’université. «Notre initiative n’a absolument rien à voir avec le problème de l’antisémitisme à l’Université de Bâle, et pourtant nous avons maintenant un dommage collatéral».
12 Avr 2024
Le Professeur et Psychiatre Panteleimon Giannakopoulos reprend ad interim la fonction de directeur de l’Office cantonal de la santé genevois. Le porte-parole suppléant du Département de la santé et des mobilités (DSM), Marc-André Siegrist, déclare que «l’expertise médicale du professeur, sa grande expérience des institutions publiques, ainsi que ses qualités humaines en font la personne idéale pour assurer le bon fonctionnement de l’Office, la continuité institutionnelle et les services à la population durant cette période de transition […] jusqu’à l’entrée en fonction de son successeur […] Le psychiatre pourra évidemment postuler pour rester». (Le Temps)
Néanmoins, cette nomination suscite des perplexités : «un ancien collaborateur proche du professeur et aujourd’hui en poste au sein du DSM voit cette nomination d’un autre œil. «C’est consternant. Je ne doute pas que ce soit quelqu’un de très intelligent, mais il entretient des rapports très durs et très toxiques avec les gens.» Et d’ajouter que «si l’on ne se soumet pas à sa personne et à ses projets, on devient rapidement son ennemi».» (Le Courrier)