4 Août 2025
Catégorie: Egalité et accès aux études
28 Juil 2025
«L’Uni de Genève recale un ingénieur de l’EPFL»
Après avoir obtenu un bachelor en microtechnique et un master en robotique, un diplômé de l’EPFL souhaite devenir enseignant en mathématiques. Toutefois, il est désormais nécessaire de posséder un master dans la branche souhaitée avant d’entreprendre une formation à l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE). De plus, l’Université de Genève (UNIGE) impose des critères d’équivalence stricts vis-à-vis des diplômes d’autres institutions : elle ne lui a validé que 33 crédits sur les 330 obtenus. En revanche, à l’Université de Neuchâtel, le diplômé a été directement admis en master.
20 Juin 2025
Diversité et réussite dans l’enseignement supérieur
Soutenue par les HES-SO, la HETSL a publié un guide pratique pour les étudiantes et étudiants, enseignantes et enseignants, et directions d’institutions pour favoriser l’inclusion et la diversité dans l’enseignement supérieur.
Ce livre est le fruit d’une vaste recherche menée en Suisse romande sur l’inclusion dans les HES, mettant en lumière les défis que rencontrent les étudiant·es ayant des besoins éducatifs particuliers (BEP) dans leur parcours académique.
«Dans les détails, le chapitre du guide consacré aux étudiants énumère dix difficultés souvent rencontrées: sommeil et repos, concentration, gestion du stress et de l’anxiété, expression orale, rédaction, examens, prise de notes, intégration sociale, organisation et gestion du temps, stages et formations pratiques.» (Tribune de Genève)
Par ailleurs, l’Université de Zurich veut supprimer les barrières existantes dans l’organisation et le quotidien universitaire des personnes handicapées. Dans le cadre d’une consultation largement soutenue, 18 mesures ont été élaborées à cet effet. (Universität Zürich)
4 Juin 2025
«Les étudiants étrangers devraient passer un contrôle d’espionnage»
Le Service de renseignement de la Confédération avertit que les universités représentent «une cible privilégiée pour l’espionnage». Afin de contrer la menace, le conseiller national du centre Reto Nause souhaite que les étudiant·es provenant de pays à risque soient contrôlé·es «de manière conséquente et généralisée» pour les filières d’études susceptibles d’avoir une utilité militaire. Pour l’heure, seule l’EPFZ le pratique déjà en Suisse.
Alors que d’autres pays ont déjà agi depuis longtemps (Australie, Etats-Unis, Grande-Bretagne), le Conseil fédéral recommande au parlement de rejeter l’initiative, préférant attendre les résultats des deux groupes de travail au niveau fédéral qui travaillent sur de nouvelles règles. «Lorsque leurs propositions seront sur la table – probablement au deuxième semestre 2025 – le Conseil fédéral décidera des adaptations légales.»
3 Juin 2025
«Les étudiants étrangers sont-ils bénéfiques pour les universités américaines ?»
Durant l’année académique 2023-2024, 1,1 millions d’étudiant·es étrangers·ères se sont inscrits dans les universités américaines, plus de quatre fois qu’en 1979-80. (Le nombre d’étudiant·es globaux a augmenté de 50% pendant la même période.)
Selon David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, les universités ont été contentes de les accueillir puisqu’ils et elles requièrent moins souvent l’assistance financière, venant de milieux très aisés et privilégiés. Ce clivage avec les étudiants locaux, voire avec des habitant·es des villes universitaires susciterait des tensions et des jalousies, d’autant plus que l’admission dans les universités de pointe devient de plus en plus compétitive.
L’auteur avance que si les universités sont comprises comme outils de soft power et de compréhension internationale, les bénéfices des échanges sont évidents. Mais d’un point de vue de la mobilité sociale, il devient de plus en plus difficile pour les étudiant·es américain·es d’être admis·es dans une université, d’autant plus s’ils et elles n’ont pas eu les moyens d’aller dans des écoles préparatoires. «Ainsi, ces étudiant·es font paraître les universités américaines encore plus élitistes et peut-être déconnectées, à un moment où le ressentiment populiste à l’égard de ces institutions a facilité l’assaut destructeur de l’administration Trump contre la recherche scientifique qu’elles mènent. En outre, si les étudiant·es étrangers·ères apportent une certaine diversité aux universités américaines, cette diversité n’est peut-être pas aussi importante que celle apportée par les Américains d’origines sociales différentes. Un diplômé d’une école privée d’élite en Grèce ou en Inde peut avoir plus en commun avec un diplômé d’Exeter ou de Horace Mann qu’avec un Américain de la classe ouvrière de l’Alabama rural. Devons-nous transformer les départements d’économie des universités en mini-Davos où les futurs fonctionnaires du Fonds monétaire international de différents pays renforcent les opinions des uns et des autres sur le commerce mondial ?»
«Si l’administration Trump maintient ses politiques actuelles en matière de frontières et de visas et poursuit ses tentatives de détention et d’expulsion des étudiant·es étrangers·ères qui expriment des opinions controversées, les inscriptions étrangères pourraient diminuer considérablement d’elles-mêmes. Mais dans la perspective de l’après-Trump, il sera important que les universités américaines reconnaissent les tensions et les compromis réels liés aux inscriptions internationales et qu’elles équilibrent leur augmentation par une plus grande ouverture à un plus grand éventail [«range»]» de candidatures nationales.
- politique – Etats-Unis
- égalité – origine sociale
- enseignement – pluralité
- égalité – origine nationale
- recherche – pluralité
19 Mai 2025
Initiative d’inclusivité dans la progression des carrières managériales en milieu académique
26 professeures, venant de toute la Suisse, ont été sélectionnées pour la participation au programme national de formation H.I.T., «High Potential University Leaders Identity & Skills Training Program – Inclusive Leadership in Academia». Dirigé chaque année par l’université de Zurich en collaboration avec 11 hautes écoles, «ce programme de leadership au féminin se déroulant sur cinq jours entend faciliter l’accès des professeures à des postes de leaders académiques – tels que directrice, doyenne ou rectrice».
Le communiqué de l’UNIGE, précise que «de telles initiatives visent à briser le plafond de verre et à favoriser une meilleure équité et inclusivité dans la progression des carrières managériales dans le milieu académique».
Parmi les sélectionnées se trouvent deux professeures de l’UNIL.
15 Mai 2025
«Trump supprime les exigences en matière de diversité, la Suisse les renforce »
Alors que le président américain supprime actuellement les obligations en matière de diversité, arguant qu’il souhaite une société dans laquelle seule la performance compte et non la couleur de peau, le journaliste de la NZZ Rico Bandle observe que depuis quelques années, la tendance est inverse en Suisse et la diversité compte toujours plus. Le Conseil suisse de l’accréditation mettait la pression sur les établissements d’enseignement pour prendre des mesures en faveur de l’égalité.
Actuellement, la Conférence suisse des hautes écoles est en train de réviser les standards de qualité pour l’accréditation des établissements. Rico Bandle écrit à ce propos: «Dans l’ordonnance actuellement en vigueur, seule la promotion de «l’égalité des chances» et de «l’égalité effective entre hommes et femmes» est inscrite. La «diversité» et «l’inclusion» doivent désormais y être ajoutées, ce qui laisse supposer que ce domaine aura encore plus de poids. Et ceci suscite la question quelle diversité est en question (couleur de peau, de point de vue)
Le Conseil d’accréditation souhaite souligner qu’«Il ne s’agit pas d’introduire des quotas de couleur de peau ou d’orientation sexuelle». Mais dans la politique universitaire, on attache typiquement de l’importance à «une composition diversifiée du corps estudiantin et enseignant. Cela peut inclure des expériences d’immigration, des identités sexuelles différentes ou l’origine sociale éloignée de l’éducation («bildungsferner Hintergrund») ».
Rico Brandle avance que dans les grandes universités publiques, […] le fait qu’une personne moins qualifiée soit parfois prise en compte pour un poste afin de compenser les inégalités entre les sexes n’y est plus inhabituel. Pour les petites universités privées, la situation est différente.» A la Haute école de théologie universitaire (STH) de Bâle, le professeur et responsable du processus d’accréditation Stefan Schweyer estime d’ailleurs que «la liberté de recherche est atteinte par la forte concentration sur les questions d’égalité».
Le journaliste conclut l’article en avançant que «la plupart des tendances sociales se propagent avec un certain retard des Etats-Unis vers l’Europe et la Suisse», et donc qu’il est donc possible que «le mouvement inverse de Trump se produise tôt ou tard» ici en Suisse.
- autonomie – hautes écoles
- égalité – genre
- accréditation
- liberté académique
- langage épicène
- égalité – origine sociale
- égalité – origine nationale
- égalité – orientation sexuelle
- égalité
14 Mai 2025
«Relève et proportion des femmes dans les professions MINT : le Conseil fédéral mise sur les mesures qui ont fait leurs preuves»
«Le 14 mai 2025, le Conseil fédéral a approuvé un rapport sur la promotion de la relève et l’augmentation de la proportion des femmes dans les professions MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique). Ce rapport indique qu’un grand nombre de mesures ont déjà été mises en œuvre dans ce contexte et qu’il est prévu de les reconduire. […] Le Conseil fédéral […] considère qu‘il n‘y a actuellement pas lieu d‘agir à l‘échelle fédérale.»
13 Mai 2025
Impacts sur les associations d’étudiant·es aux universités de Genève, de Zurich et à l’EPFZ suite au «jugement Zofingue»
Alors que le Tribunal fédéral vient d’autoriser l’UNIL et l’EPFL à retirer le statut d’association universitaire à la société étudiante exclusivement masculine Zofingue, l’Université de Genève «n’a pas encore arrêté de position définitive sur les conséquences de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral». Marco Cattaneo, porte-parole, de l’UNIGE, affirme: «L’UNIGE, dont la charte d’éthique proscrit elle aussi toute discrimination fondée notamment sur le sexe, sera bien entendu attentive à cette jurisprudence.» Marco Cattaneo précise: «certains groupes de travail ou certaines activités peuvent faire exception, lorsque les discriminations pratiquées ont un lien objectif avec leur but légitime».
Interrogée, la présidente de l’association Venusia Genevensis, société sœur de Zofingue exclusivement féminine, affirme avoir «peur que cette décision entrave maintenant les sociétés féminines». (Tribune de Genève)
A Zurich, «les effets de la décision du juge lausannois sont à peine perceptibles, voire pas du tout. Cela s’explique par le fait que les relations entre les hautes écoles et les associations d’étudiants en tout genre sont réglées différemment qu’à Lausanne.»
A l’EPFZ, c’est l’association des étudiant·es (VSETH) qui est chargée de reconnaître les organisations étudiantes. La reconnaissance de l’EPFZ existe toutefois, mais «aucune association d’étudiants n’y est enregistrée. Elles ne peuvent donc pas perdre leur statut d’organisation reconnue, contrairement à l’EPFL.» De plus, il serait difficile d’obtenir cette reconnaissance car une condition est en effet que les organisations soient ouvertes à tous·tes.
L’Université de Zurich, de son côté, compte 19 associations d’étudiant·es, dont certaines sont exclusivement masculines et une exclusivement féminine. «Jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise concernant le retrait de l’accréditation», a déclaré Melanie Nyfeler du service de presse de l’université de Zurich. «Le jugement sera examiné et la suite de la procédure sera évaluée.» (NZZ)
Le journaliste du In$ide Paradeplatz juge la décision du Tribunal fédéral comme un signe que «l’égalité des chances est depuis longtemps passée sous les roues d’une uniformité motivée par une politique identitaire. Ce qui ne convient pas est exclu. [..] L’arrêt du Tribunal fédéral apporte une réponse inquiétante – et remet ainsi en question les valeurs fondamentales d’une société ouverte.»
8 Mai 2025
Gender gap: pourquoi la recherche oublie le cerveau féminin
Les femmes sont plus touchées que les hommes par de nombreuses maladies cérébrales: «Environ deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes, trois quarts pour la sclérose en plaques, et les femmes souffrent deux à trois fois plus souvent de migraines que les hommes. Les femmes souffrent également bien plus souvent que les hommes de maladies psychiques comme les dépressions et les troubles anxieux», avance Antonella Santuccione, neuroscientifique et co-fondatrice du Womens Brain Project (qui est devenu le Womens Brain Foundation en 2024). Et pourtant, la recherche, le diagnostic et la thérapie s’orientent encore aujourd’hui principalement sur le corps masculin.
«Dans les études précliniques, on utilise généralement des animaux de laboratoire mâles, car le cycle féminin apporte une complexité supplémentaire. Dans les études cliniques de phase 1 et 2, la majorité des sujets de recherche sont également des hommes. Ce n’est que dans les études de phase 3, dans lesquelles les médicaments sont testés sur un plus grand groupe de patients avant d’être autorisés, que l’on intègre désormais davantage de femmes, mais elles ne représentent souvent même pas la moitié des sujets de recherche», explique-t’elle. «Les médicaments agissent différemment chez les femmes – et les effets secondaires graves chez les femmes sont souvent une raison pour laquelle ils sont retirés».
6 Mai 2025
«L’UNIL et l’EPFL autorisés à ne plus reconnaître la société masculine Zofingue comme association»
«L’Université de Lausanne et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont le droit de refuser le statut d’association universitaire à la société Zofingue qui n’admet que les étudiants de sexe masculin. Le Tribunal fédéral estime que le principe de l’égalité des sexes doit primer sur la liberté d’association. […] Il souligne que les hautes écoles ont le devoir de contribuer à l’égalité des chances dans le domaine éducatif.» (RTS)
«L’association EPFelles n’est pas concernée par la décision des juges de Lausanne. […] Selon le Tribunal fédéral, les clubs masculins ou les associations féminines ne sont pas problématiques en soi. Une pratique discriminatoire en soi peut être justifiée si elle a un lien objectif avec le but de l’association.» L’appartenance à l’association Zofingue peut apporter des avantages en termes de carrière professionnelle, a estimé le tribunal. (NZZ)
«Les hautes écoles concernées saluent […] explicitement le jugement. L’EPFL y voit un progrès pour l’égalité, l’Université de Lausanne évoque une nouvelle cohérence dans les relations avec les organisations universitaires.» (NZZ)
«Zofingue a beau être petite à Lausanne, les conséquences du jugement sont potentiellement importantes. D’autres universités suisses pourraient suivre le mouvement.» Pour l’historienne Lynn Blattmann, «ce jugement est un camouflet historique. Il marque le déclin des associations d’étudiants en Suisse.» Alors que «Zofingue se considère comme rien de moins que le berceau de la démocratie suisse», l’historienne ajoute que les associations d’étudiants «ont marqué de leur empreinte masculine la culture politique du pays». (Tages-Anzeiger)
25 Avr 2025
«Ne cédez pas le contrôle à ceux qui utilisent l’antisémitisme comme une arme»
Le 17 avril 2025 des douzaines de rabbins diplômés de l’Université de Brown avaient adressé une lettre à la présidente de l’université: «Ne cédez pas le contrôle à ceux qui utilisent l’antisémitisme comme une arme». Celle-ci doit actuellement réfléchir à la manière de réagir à la menace de l’administration Trump de réduire son financement de 500 millions de dollars, prétendument en raison de la gestion par Brown de l’antisémitisme sur le campus. Brown fait partie du nombre croissant d’universités qui sont menacées par des coupes similaires de la part du gouvernement américain.
Egalement la semaine dernière, des membres de la communauté juive de Harvard, du Emerson College, de l’université de Georgetown et d’autres universités ont exprimé leur désaccord. A Harvard, plus de 100 étudiant·es juif·ves ont signé une lettre dénonçant l’annonce faite par l’administration Trump au début du mois de revoir 9 milliards de dollars de financement fédéral pour l’école. La lettre, qui n’est pas prise en compte par le président de Harvard, a été rédigée avant que le gouvernement ne gèle 2,2 milliards de dollars de subventions cette semaine. Des lettres ouvertes similaires de la communauté juive universitaire ont été rédigés dans les universités de Georgetown et Berkeley et de dix grandes organisations juives, dont des leaders des mouvements réformiste, conservateur et reconstructionniste, ont publié mardi (22.04.2025) une déclaration commune.
Les critiques viennent également d’Israël. Jeudi, plus de 170 universitaires israéliens ont dénoncé les arrestations du gouvernement dans une lettre ouverte, dans laquelle ils écrivent que « de telles mesures draconiennes ne nous protègent pas » et dénoncent « l’invocation cynique de la “lutte contre l’antisémitisme” » comme raison des mesures de l’administration.
«Mais il existe aussi des soutiens juifs à ces mesures, notamment lorsqu’il s’agit de supprimer les visas des étudiants qui s’engagent contre Israël. Plusieurs groupes d’activistes se sont donné pour mission d’identifier les étudiant·es et de faire un rapport sur eux [et elles] à la Maison Blanche. La pression financière exercée sur les universités trouve également des partisans juif·ves.»
Cependant, selon Tachles, de plus en plus de signes indiquent que les coupes budgétaires – des milliards de dollars sont en jeu à ce jour – pourraient avoir dépassé même les intérêts des critiques les plus ambitieux de l’antisémitisme dans les universités. «Vendredi matin, le directeur exécutif de l’Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, a intensifié sa critique de la politique universitaire de l’administration Trump. Selon lui, Harvard et d’autres écoles ont de véritables défis à relever en matière d’antisémitisme et s’amélioreront davantage par le soutien que par des sanctions sévères. Si des sanctions devaient être prises, elles ne devraient l’être que dans de rares cas et de manière très ciblée.»
La journaliste Suzanne Nozzel du journal américain juif en ligne [qui avait publié un article presque identique de celui de Tachles] écrit : «Au-delà du simple retour de bâton [contre la communauté juive], les actions de l’administration Trump au nom de la lutte contre l’antisémitisme sur les campus posent des risques plus profonds. L’affaiblissement des universités en tant qu’institutions autonomes portera atteinte à un moteur essentiel de la mobilité sociale, de l’intégration et de la réussite professionnelle des Juifs et de tous les autres. Punir les universités en retenant les fonds fédéraux touchera en premier lieu les sciences et la médecine, domaines dans lesquels les Juifs ont depuis longtemps trouvé une grande réussite professionnelle.»
Les universités dans le collimateur devraient donc redoubler d’efforts pour contrer l’envahissement idéologique, renforcer le soutien aux étudiants juifs et consolider la discipline neutre en termes de points de vue, nécessaire pour maintenir les campus ouverts et sûrs pour toutes et tous. Ils devraient écouter les étudiant·es et les enseignant·es juif·ves qui ont des points de vue différents sur ces défis et sur ce qui pourrait les améliorer ou les exacerber. «L’urgence suscitée ces dernières semaines devrait être un catalyseur non seulement pour repousser l’administration Trump, mais aussi pour accélérer les réformes attendues depuis longtemps pour diversifier intellectuellement les facultés, embrasser la pensée hétérodoxe et faciliter le dialogue au-delà des différences. Les efforts crédibles pour éradiquer l’antisémitisme doivent aller au-delà des campus et s’attaquer à la haine des Juifs, qu’elle vienne de la droite ou de la gauche. La tactique la plus efficace pourrait consister à renforcer les institutions et les communautés juives en tant que refuges, mais aussi en tant que fondements de la sensibilisation et de la construction de ponts vers les autres.»
- engagement politique
- politique – Etats-Unis
- rôle des universités
- antisémitisme
- conflit israélo-palestinien
15 Avr 2025
Des idées pour améliorer l’équité au travail
Iris Bohnet, professeure en économie à l’Université de Harvard, a récemment publié un livre sur l’équité à la place de travail («Make work fair»). Elle estime que plutôt que d’essayer de changer la mentalité des gens, «il est plus efficace de rendre le terrain de jeu équitable». Elle propose plusieurs mesures, comme l’anonymisation du processus de candidature.
Elle a notamment convaincu le comité du Prix Nobel de modifier le formulaire de proposition de candidatures pour permettre la proposition de plusieurs candidat·es : «Notre recherche a montré que nous faisons un choix multiple plus rationnel qu’un choix unique.»
Un autre exemple: «une grande entreprise australienne voulait savoir comment elle pourrait motiver les bons candidats et les candidates qui ont été rejetés de justesse à postuler à nouveau pour un autre emploi plus tard. Il s’est avéré que les femmes le faisaient deux fois moins souvent que les hommes. Nous avons posé quelques questions de diagnostic à la direction de l’entreprise : comment les candidats apprennent-ils qu’ils doivent postuler à nouveau? Et à qui écrivent-ils? L’entreprise a envoyé aux 20% les plus performant·es un e-mail les invitant à postuler à nouveau. Nous avons simplement ajouté une phrase à l’e-mail : «Vous faites partie des 20 meilleurs pour cent». Cette seule phrase a suffi à combler l’écart entre les sexes.»
Iris Bohnet avance par ailleurs qu’il est scientifiquement prouvé qu’un congé parental est favorable pour l’égalité des chances, et qu’il faudrait aussi introduire des incitations pour que les hommes prennent effectivement le congé de paternité.
- égalité – genre
- procédure d’appel
- Prix Nobel
- égalité – origine sociale
- égalité – origine nationale
- égalité
7 Avr 2025
Deux jours pour se sensibiliser aux situations de handicap
«Les 8 et 9 avril, dans le cadre de la campagne «UNIGE sans obstacles», deux journées de sensibilisation au handicap sont organisées à Uni Mail. Au programme: ateliers immersifs et rencontres avec des personnes concernées.»
27 Mar 2025
«L’université peut-elle me refuser l’entrée à cause de ma dyslexie?»
La Constitution suisse interdisant la discrimination des personnes handicapées, les cantons doivent prendre des mesures «que requièrent la prévention, la réduction ou l’élimination des inégalités». Ils sont néanmoins libres de décider comment et sous quelle forme ils le font.
Cependant, le Tribunal fédéral «qualifie un supplément de temps de mesure fondamentalement appropriée pour la compensation des désavantages». «[U]ne université ne peut pas refuser catégoriquement un supplément de temps lors de l’examen d’entrée, même sans réglementation spécifique dans un décret. Elle doit plutôt examiner dans chaque cas concret si le but de l’examen peut également être atteint avec un supplément de temps.» Selon le Tribunal fédéral, les facilités formelles d’examen accordées aux personnes handicapées peuvent également être «de pauses plus longues ou supplémentaires, d’un examen plus structuré, d’un examen en plusieurs étapes, d’autres formes d’examen ou de l’utilisation d’un ordinateur».
11 Mar 2025
«Stop aux économies sur le dos des étudiant·es»
Publiée dans les colonnes du Courrier, une lettre de Federico Di Napoli, étudiant et membre du comité exécutif de l’UNES (Union des étudiant·es de Suisse), «dénonce l’impact des politiques d’austérité sur la population étudiante, en proie à une précarisation croissante».
4 Mar 2025
«Hausse des taxes d’études: n’oublions pas d’adapter les bourses!»
Le gouvernement fédéral suisse envisage une augmentation significative des frais d’inscription à l’université, dans le but de transférer les coûts de l’enseignement supérieur des contribuables vers les étudiants. Les étudiant·es suisses pourraient voir leurs frais doubler, tandis que ceux et celles venant de l’étranger pourraient voir leurs frais multipliés par quatre. Mais quel serait l’impact sur les inscriptions, la diversité des étudiant·s et les résultats académiques ?
Un nouveau livre blanc rédigé par Marius Brülhart, Rafael Lalive, Marie Polier et Enrico Rubolino de la HEC UNIL passe en revue la recherche mondiale sur les taxes d’études et les résultats d’études des étudiants.
Les principaux points à retenir sont :
- L’inscription globale est largement insensible aux augmentations de frais, bien que les étudiant·es à faible revenu soient plus sensibles aux prix.
- Des taxes d’études plus élevées peuvent entraîner un effort académique plus important et des taux d’obtention de diplôme plus rapides.
- L’aide financière est cruciale – des bourses et des prêts bien conçus peuvent compenser les obstacles rencontrés par les étudiant·s défavorisé·s.
- Les inégalités en matière d’éducation commencent tôt – les interventions politiques avant l’université sont les plus importantes.
4 Mar 2025
Les taxes universitaires en Suisse en comparaison européenne
La Confédération doit faire des économies et prévoit donc, entre autres, de doubler les frais de scolarité à partir de 2027. Cela propulserait la Suisse au 4e rang des pays européens les plus chers pour les étudiants, après la Grande-Bretagne (sauf l’écosse), les Pays-Bas, l’Italie et l’Hongrie.
3 Mar 2025
Une expérience du CERN visée par l’administration Trump
Le 20 janvier, le président américain Donald Trump a donné l’ordre aux agences fédérales de mettre fin au financement de programmes de recherche labellisés DEI, pour «diversité, équité et inclusion».
Bras armé de la nouvelle politique américaine, le sénateur républicain Ted Cruz a établi une base de données listant quelque 3400 projets de recherche financés par la National Science Foundation (Fondation nationale pour la science), qu’il qualifie de «wokes», et faisant de «la propagande néo-marxiste»
Un projet de recherche menée au CERN par des chercheurs de l’Université d’Illinois figure sur cette liste : ses recherches sur l’univers ont une dimension pédagogique pour servir à l’enseignement secondaire dans des écoles de Chicago accueillant une population constituée de minorités sous-représentées dans le domaine scientifique.
19 Fév 2025
Les étudiant-es qui ont fini leur scolarité à l’étranger terminent moins souvent leurs bachelor
Sur mandat de la Commission suisse de maturité, Franz Eberle, professeur émérite de pédagogie gymnasiale et économique à l’Université de Zurich, a analysé les données de l’Office fédéral de la statistique sur la réussite universitaire des gymnasiens et gymnasiennes qui ont entamé des études de bachelor entre 2012 et 2015. Le fait que les étudiant·es débutant·es aient ou non terminé leurs études de bachelor en 2020 a servi d’indicateur de réussite. Selon le journaliste de la NZZ Eric Aschwanden, «les résultats sont remarquables et en partie surprenants», le plus surprenant étant que les étudiant·es qui s’inscrivent dans une université suisse avec un certificat d’accès étranger s’en sortent mal. Près d’un tiers d’entre eux (32,7%) interrompent prématurément leurs études de bachelor, contre 18,9% des personnes qui ont fait la maturité fédérale (17,9% pour les personnes qui ont suivi une école publique).
«La nouvelle selon laquelle les étudiants venant de l’étranger obtiennent des diplômes inférieurs à la moyenne, ce qui constitue une charge pour les universités, arrive à un moment délicat.», écrit le journaliste. «En effet, dans le cadre des négociations avec la Suisse, l’Union européenne exige que les étudiants de l’UE soient traités de la même manière que les étudiants suisses en ce qui concerne les taxes d’études dans les hautes écoles universitaires et spécialisées. Des taxes d’études plus élevées, comme celles introduites par l’EPFZ, ne seraient alors plus autorisées.»
La différence entre les cantons est également remarquable: Les étudiants des cantons des Grisons (26,1), du Jura, de Vaud (25%) et de Neuchâtel sont les plus nombreux à abandonner leurs études. Non seulement les cantons romands ont les taux de maturité les plus élevés, mais le gymnase dans ces cantons ne dure que trois ans. Selon Franz Eberle, il s’agit là de «deux causes possibles de l’aptitude moyenne aux études des bacheliers de ces cantons».
Les différences cantonales en matière de taux de maturités ne sont pas seulement injustes, elles sont aussi globalement inversement proportionnelles au taux de réussite des études. «Je plaide donc pour une harmonisation des procédures d’admission au gymnase en termes de sélectivité et de qualité», avance Franz Eberle.
- politique – Suisse
- niveau de la maturité fédérale
- politique – Vaud
- étudiant·e·s étrangers·ères
- accès au gymnase
- politique – Europe
- égalité