«Dans sa prise de position sur le « PAB 27 », le FNS s’est prononcé contre les mesures d’allégement de 10 % par an proposées par le Conseil fédéral en raison de leurs conséquences négatives pour l’économie et la société suisses.»
11 Avr 2025
11 Avr 2025
«Dans sa prise de position sur le « PAB 27 », le FNS s’est prononcé contre les mesures d’allégement de 10 % par an proposées par le Conseil fédéral en raison de leurs conséquences négatives pour l’économie et la société suisses.»
11 Avr 2025
«L’exécutif cantonal a présenté hier ses comptes 2024. Déficitaires à hauteur de 369,2 millions de francs, ces derniers ne respectent plus le cadre légal du «petit équilibre». Des mesures d’assainissement s’imposent.» (Le Temps)
Le Conseiller d’Etat Frédéric Borloz, qui assure l’intérim aux Finances, avant que Christelle Luisier ne reprenne le flambeau en juin, affirme : «Nous allons travailler sur notre fonctionnement et maintenir les missions de l’État et les prestations à la population.»
«Dans un premier temps, les économies vont se faire sur les achats de matériel, sur les mandats de conseil, sur l’entretien des routes, des bâtiments, des forêts, des cours d’eau ou encore sur l’équipement informatique. Des contrats ne seront pas renouvelés et des conventions de subventionnement (CHUV, UNIL) seront revues.» (24 heures)
9 Avr 2025
«Entre financements annulés ou menacés de l’être, crainte de censure et d’atteinte à leurs libertés, de plus en plus de chercheurs ou d’aspirants chercheurs réfléchissent à quitter les Etats-Unis.» L’annonce du départ de Jason Stanley, professeur de philosophie et spécialiste du fascisme à l’Université américaine de Yale, pour rejoindre le Canada a mis en évidence le questionnement actuel des chercheur·euses américain·es. «C’est une période un peu surréaliste pour les scientifiques car nous ne savons tout simplement pas ce qui va se passer», explique Karen Sfanos, directrice d’un programme de recherche à l’Université Johns-Hopkins.
Plusieurs universités européennes et canadiennes ont déclaré avoir lancé «des initiatives pour attirer les talents américains». «Pour autant, l’option du départ est loin d’être accessible à tous, insiste une jeune chercheuse en sciences du climat souhaitant rester anonyme, les étudiants et doctorants étant les premiers affectés par les coupes budgétaires mais aussi les moins expérimentés, donc «ceux qui ont le moins de chance d’avoir le profil que les institutions de l’UE espèrent attirer».»
8 Avr 2025
Donald Trump menace les universités américaines de réduire leurs fonds de recherche. Cela pourrait mettre en danger certains projets de l’Université de Berne. Actuellement, l’institution participe à 15 projets dits «fédéraux américains», pour un budget de 13 millions de dollars (11 millions de francs). Leur durée est de deux à cinq ans. «Une grande partie de ces fonds de recherche provient en premier lieu des National Institutes of Health, qui dépendent du ministère américain de la santé. Rien qu’au cours des 19 dernières années, près de 50 millions de francs auraient ainsi été versés à Berne pour la recherche médicale.» (Nau.ch) Concrètement, un projet de recherche sud-africain sur le VIH risque d’être réduit. Il porte sur le traitement et la prophylaxie des infections dans le pays.
L’Université de Berne risque également d’être impactée au niveau de ses données de recherche. L’Université collabore avec l’agence spatiale Nasa, en particulier concernant les données d’observation des satellites et des instruments de l’agence, et dont le budget sera probablement massivement réduit selon certains rapports. Les sciences du climat seraient également impactées à Berne. «Le meilleur modèle climatique avec lequel je travaille vient du NOAA Geophysical Fluid Dynamics Laboratory à Princeton», explique Thomas Frölicher, professeur au département de physique climatique et environnementale à Berne.
Actuellement, il arrive que des chercheur·euses européen·nes renoncent à se rendre aux Etats-Unis dans le cadre de conférences, congrès ou projets de recherche.
«L’université [de Berne] organisera le 1er mai une séance d’information interne sur la politique de recherche américaine. Il s’agira de discuter de la manière dont l’université et la communauté scientifique suisse pourraient réagir aux attaques de Trump contre la science.» (Der Bund)
3 Avr 2025
Le podcast Le Point J de la RTS interviewe Emmanuelle Perez-Tisserand, historienne spécialiste des Etats-Unis et instigatrice du mouvement Stand Up for Science en France sur les raisons des attaques envers la science aux Etats-Unis. La chercheuse explique:
«Il y a un dégraissage massif des emplois fédéraux. C’est une vieille idée conservatrice selon laquelle le gouvernement ne doit pas avoir une place trop grande dans la société et l’économie.» Il y a aussi «une attaque contre la dette publique qui serait, selon les républicains, trop importante, donc il faut réduire les budgets fédéraux.» Les universités sont particulièrement visées, étant vues comme des lieux de production de savoirs critiques pouvant s’opposer à l’agenda conservateur. Les intérêts des industries extractivistes jouent également un rôle, cherchant à minimiser les recherches sur le changement climatique. On peut également inscrire ce mouvement anti-science dans une histoire plus longue, le fait de semer le doute sur le consensus scientifique. C’est ce qu’on appelle les marchands de doutes.
Des dynamiques similaires sont observées ailleurs dans le monde. L’exemple le plus récent est l’Argentine de Javier Milei. Il a coupé un nombre important de financements, notamment dans les sciences humaines et sociales, dans les universités et la recherche, incitant à rechercher des financements dans le privé, ce qui pose la question de l’indépendance scientifique. En Europe aussi, en Hongrie ou en Turquie, des chercheur·euses ont été inquiété·es quant au sujet de leur recherche ou sur le financement des universités.
La recherche mondiale est affectée par cette situation aux Etats-Unis. «Près d’un quart de la recherche mondiale est produite aux États-Unis. Si elle est affectée, c’est tout le système qui est touché.» Certaines opérations de récupération de données sont actuellement en cours pour sauver ce qui peut l’être.
Julia Steinberger, également interviewée dans cet épisode du Point J en tant que professeure, chercheuse et membre du Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (CLADS), déclare que «les attaques contre la science aux Etats-Unis concernent aussi la Suisse.» Il s’agit de projets de collaboration, de bases de données, d’infrastructures qui sont menacés. Elle ajoute que la science est elle aussi attaquée en Suisse, mais dans ses capacités, c’est-à-dire à travers les coupes budgétaires que subit actuellement le domaine. «Cela va à l’encontre de ce que nous devrions faire, c’est à dire de compenser les pertes aux Etats-Unis», dit-elle.
24 Mar 2025
Donald Trump a diminué les budgets des universités et de la recherche scientifique de plusieurs milliards de dollars, créant de l’inquiétude au sein du monde universitaire américain.
L’Université Johns Hopkins de Baltimore a, par exemple, perdu plus de 800 millions de dollars de subventions, ce qui a conduit au licenciement de 2200 employé·es, dont 250 aux Etats-Unis. «Il y a une incompréhension de la raison pour laquelle cela se produit, du moins de la manière dont cela se produit», explique Paul Spiegel, épidémiologiste à la tête d’un département, au micro de la RTS. «Je pense qu’il y aura des décennies de conséquences négatives, en termes de sciences, mais aussi pour l’avenir des jeunes chercheurs», ajoute-il.
La communauté scientifique a déposé plusieurs recours en justice, mais se heurte à une politique «du fait accompli» qui a déjà entrainé la fermeture de plusieurs projets de recherche, conclut le journaliste.
L’Université américaine de Columbia, qui avait reçu un ultimatum pour se conformer aux exigences de la Maison-Blanche, a décidé d’engager les réformes demandées par le gouvernement. Elle l’a fait savoir à ce dernier en lui envoyant une lettre vendredi. N’évoquant jamais la question financière dans sa lettre, l’université se dit prête à «revoir totalement sa gestion des mouvements de protestation étudiants» et «à formaliser une définition de l’antisémitisme». L’université annonce se doter d’un nouveau service d’ordre de «36 agents spéciaux» qui auront la possibilité d’«arrêter» des personnes ou de les expulser du campus quand cela sera jugé «approprié». (Bluewin.ch)
Alors que le gouvernement avait ordonné à l’université de placer les études sur le Proche-Orient, l’Asie du Sud et l’Afrique sous administration forcée pendant cinq ans, privant ainsi la faculté de tout contrôle, l’alma mater n’a pas explicitement répondu à cette mesure drastique, mais a annoncé qu’elle nommerait un responsable chargé de veiller à ce que les programmes d’enseignement soient équilibrés. La direction a également promis une plus grande neutralité institutionnelle, ce qui signifie qu’elle se gardera à l’avenir de toute prise de position politique. (Neue Zürcher Zeitung)
Todd Wolfson, professeur à l’université Rutgers et président de l’American Association of University Professors, a déclaré qu’il s’agissait de la plus grande atteinte à l’autonomie académique et à la liberté d’expression depuis la croisade de McCarthy contre les communistes dans les années 50. (Neue Zürcher Zeitung)
«Cette décision est considérée comme déterminante, car elle pourrait servir de précédent pour d’autres universités de pointe comme Harvard ou Stanford, qui font également l’objet d’une enquête.» (Neue Zürcher Zeitung) Le gouvernement a par exemple menacé mercredi l’Université de Pennsylvanie d’une réduction de 175 millions de dollars car l’université avait admis une femme transgenre dans l’équipe féminine de natation en 2022.
19 Mar 2025
Sabine Süsstrunk, présidente du Conseil suisse de la science (CSS), écrit un commentaire dans les colonnes de la NZZ en défaveur des mesures d’économies de la Confédération proposées dans le rapport «Serge Gaillard», arguant que «les dépenses de recherche et de développement sont considérées comme des investissements et non comme de simples frais courants».
«En tant qu’organe consultatif de la Confédération, le [CSS] recommande au gouvernement et au Parlement de ne pas mettre en œuvre en l’état les coupes prévues dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation.» La présidente dénonce en particulier l’unique solution proposée par le groupe d’expert·es. Elle écrit : «Afin de permettre une priorisation stratégique des propositions d’économie, il faudrait soumettre au Parlement non pas un paquet global comme prévu, mais plutôt un ensemble de propositions. Sur cette base, les approches peuvent être discutées individuellement et les priorités fixées. Si l’évitement d’un tel débat peut être compréhensible du point de vue de la tactique de négociation, cette démarche doit être rejetée du point de vue de la politique démocratique et de la stratégie.» Finalement, elle met en garde contre les conséquences futures de telles coupes, dont les effets ne seraient pas immédiatement visibles. «Les coupes opérées aujourd’hui dans la formation et la recherche entraîneront demain une baisse de la croissance économique. En outre, les conséquences pour la relève scientifique et pour l’attractivité de la Suisse en tant que site de recherche et d’innovation ne se feront sentir que progressivement et avec un certain retard. Le savoir risque de partir à l’étranger.»
18 Mar 2025
L’Université de Columbia a jusqu’à demain pour se conformer aux exigences de la Maison-Blanche, qui lui a suspendu 400 millions de dollars de subventions, les mettant en garde contre d’éventuelles mesures contraignantes si elle ne remplit pas «l’obligation de protéger les étudiants juifs sur le campus». (Nature)
La Maison blanche réclame «la mise sous-tutelle du département sur le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. […] Selon cet ultimatum, des mesures disciplinaires, voire l’expulsion de l’université des étudiants qui avaient occupé le campus devraient être prononcées.» (Le Temps)
A Columbia, «il règne un sentiment général d’insécurité et une grande indignation face à la tentative d’ingérence du gouvernement dans les affaires internes», décrit Andreas Wimmer, professeur de sociologie à l’Université de Columbia. «En interne, l’université est divisée sur la meilleure réaction à adopter dans cette situation», ajoute-t-il. «De mon point de vue, la liberté de recherche et d’expression aux États-Unis est menacée à la fois par l’extrême droite et par l’extrême gauche.» (SRF)
«Vendredi dernier, le Département de l’éducation […] a lancé une enquête contre une cinquantaine d’universités suspectées de continuer à promouvoir la diversité et l’inclusion dans leurs rangs, en violation des décrets signés par Donald Trump. Car ces politiques de discrimination positive […] sont aujourd’hui accusées de «racisme» contre la majorité blanche aux Etats-Unis.»
L’auteur du Temps estime: «L’argent est le nerf de cette guerre idéologique.» Mais quel est le but de cette offensive? «Les leaders autoritaires forcent les gens à gober leurs mensonges. Les universités sont des contre-pouvoirs face à cet abrutissement», avance Isaac Kamola, professeur associé de science politique au Trinity College, dans le Connecticut, et directeur du Centre pour la liberté académique de l’association des professeurs d’université.
Selon Aida A. Hozic, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’Université de Floride, l’administration Trump agit aussi par «désir de revanche». «L’économie du savoir est considérée comme privilégiant une élite libérale, expose-t-elle, alors que le mouvement «Make America Great Again» se fait le porte-parole des Américains sans diplômes». (Le Temps)
Par ailleurs, l’Université Johns Hopkins aux Etats-Unis a annoncé jeudi une vague de licenciements. La raison serait la coupe claire opérée au sein de l’agence d’aide au développement USAID. «Selon les informations fournies, 1975 postes doivent être supprimés dans 44 pays, et 247 emplois sont concernés aux États-Unis.» (swissinfo.ch)
18 Mar 2025
Alors que la France a déjà annoncé débloquer des millions pour accueillir les chercheur·euses fuyant les Etats-Unis, la Suisse est toujours silencieuse. L’Université Aix Marseille (amU) a lancé le programme «Safe Place for Science», auquel une quarantaine de scientifiques ont déjà répondu une semaine après la décision. Le programme prévoit de pouvoir dégager jusqu’à 15 millions d’euros sur 3 ans.
Dans l’éditorial du Temps, une journaliste argumente en faveur d’un accueil des chercheur·euses américain·es en Suisse. Elle avance principalement deux arguments: des questions de valeurs («aux Etats-Unis, ce ne sont pas seulement des individus qui sont attaqués, mais bien la démarche scientifique elle-même») et de prospérité («embaucher des scientifiques américains doit donc être vu comme un investissement, et non comme une œuvre de bienfaisance»).
La porte-parole de l’EPFL Corinne Feuz explique que «la période n’est pas idéale [pour accueillir des scientifiques étranger·ères] alors que les hautes écoles subissent des coupes de financement provenant de la Confédération. Mais c’est un moment dans lequel l’EPFL peut malgré tout saisir des opportunités, notamment en cherchant des fonds tiers.» Elle ajoute : «l’EPFL pourrait accélérer certaines procédures de recrutement, comme nous le faisons déjà pour des projets présentant des défis importants et nécessitant une mise en œuvre rapide.» (Le Temps)
Du côté de l’UNIGE, «il n’y a pas à ce stade de mouvement massif, mais nous constatons en effet un intérêt de chercheuses ou chercheurs travaillant actuellement aux Etats-Unis», souligne la rectrice Audrey Leuba. (Le Temps)
A l’UNIL, l’attachée de presse Géraldine Falbriard avance que l’université dit ne pas pouvoir évaluer si les demandes de scientifiques américains sont en augmentation, car les enseignements en français prédominent. (Le Temps) De son côté, l’oncologue Johanna Joyce (UNIL), présidente élue de l’Association européenne pour la recherche sur le cancer, explique que les candidatures spontanées de scientifiques américains pour son laboratoire ont quintuplé depuis janvier. (science.org)
Finalement à l’ETHZ, la professeure Sonia Seneviratne, membre du bureau du GIEC, dit recevoir de nombreuses demandes de collègues américain·es ou travaillant aux Etats-Unis. «Il n’est pas dans notre intérêt que la science américaine disparaisse, notamment dans le domaine du climat. Certaines des données qu’elle fournit sont irremplaçables; leur perte serait extrêmement dommageable pour la lutte contre le changement climatique», ajoute-t-elle. (Le Temps)
Selon science.org, «certain·es expert·es politiques estiment que les gouvernements nationaux devraient faire davantage pour attirer les talents étrangers». Des pressions sont faites en Australie pour que l’offre des visas ou des permis soit accélérée pour les meilleur·es scientifiques américain·es, «une idée qui a également été discutée en Norvège et dans d’autres pays au cours des dernières semaines». Néanmoins, de nombreuses universités connaissent actuellement des problèmes de financement, comme au Canada, où les institutions sont confrontées à de grandes coupes budgétaires. «Au Royaume-Uni, de nombreuses universités suppriment actuellement des emplois. […] Aux Pays-Bas et dans d’autres pays européens, les budgets consacrés à la science et à l’enseignement supérieur font également l’objet de réductions.» (science.org)
10 Mar 2025
La semaine dernière, Donald Trump a menacé de couper les fonds à toute université autorisant «des manifestations illégales», promettant aussi d’expulser dans leur pays d’origine les étudiant·es étranger·ères «agitateur·ices». Dans ce cadre, l’administration Trump a annoncé vendredi la «suppression immédiate» de 400 millions de dollars (352,3 millions de francs suisses) de subventions fédérales à l’Université de Columbia. L’institution était, au printemps 2024, l’épicentre des manifestations propalestiniennes américaines.
«Ces suppressions représentent la première série d’actions et d’autres devraient suivre», ont écrit vendredi quatre agences et ministères fédéraux, dont ceux de la Justice et de l’Éducation, dans un communiqué qui dénonce «l’inaction face au harcèlement persistant des étudiants juifs».
Les conséquences seront ressenties «non seulement par les professeurs et les étudiants, mais aussi par tous ceux qui bénéficient de la recherche essentielle sur des maladies» et «d’autres problèmes de santé publique, menée à Columbia», a précisé la présidente de l’Association américaine des universités, Lynn Pasquerella.
10 Mar 2025
13 Fév 2025
A la place d’un déficit de CHF 2,6 milliards de francs, les comptes de la Confédération en 2024 n’ont finalement qu’une petite insuffisance de CHF 80 millions de francs. La présidente de la Confédération et ministre des Finances Karin Keller-Sutter se dit «soulagée et satisfaite» de cette correction de 1,3%. Ces résultats, meilleurs qu’escomptés, sont principalement dus à une hausse des recettes (produit de l’impôt fédéral direct, de la TVA et de l’impôt anticipé, négociation des sociétés de l’énergie et des matières premières du canton de Genève) ainsi qu’au report de certaines dépenses extraordinaires, comme un versement pour les CFF. Cette nouvelle implique que le budget 2026 ne connaîtra pas de nouvelles coupes. Néanmoins, «un programme d’allègement budgétaire est toujours nécessaire», car les dépenses de deux domaines sont actuellement en augmentation: l’AVS ainsi que l’armée. Des recettes supplémentaires serviront également à la contribution obligatoire au programme Horizon Europe. La planification de coupes dans le domaine de la recherche et de la formation est donc maintenue. Largement critiquées par les acteurs et actrices du paysage académique, ces coupes risquent de mettre en danger la prospérité suisse et d’augmenter notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, ce à quoi Karin Keller-Sutter répond: «on ne coupe pas, on freine la croissance» (Forum). La présidente de la Confédération explique que ce domaine a bénéficié d’une croissance durant ces dernières années, et qu’il connaîtra sûrement également une croissance après 2027. Elle ajoute que ces plans d’économies sont nécessaire afin d’éviter des hausses d’impôts.
Chez Les Vert·e·s, le conseiller national Gerhard Andrey (FR) avance que «les coupes massives annoncées sont totalement erronées», et exige du gouvernement qu’il retire «son paquet d’économies pour investir dans l’avenir, soit dans la protection du climat, les crèches, la formation et la coopération internationale» (Le Temps). Du côté du parti libéral-radical, le sénateur Pascal Broulis (PLR, VD) défend le programme d’allègements budgétaires, «peut-être dans une ampleur restreinte par rapport à ce qui a été proposé par le Conseil fédéral» (Le Temps). L’UDC est également favorable aux coupes envisagées, comme le souligne le conseiller national Yvan Pahud (VD): «c’est aujourd’hui qu’il faut prendre des mesures. Demain, ce sera trop tard» (24 heures).
13 Fév 2025
«Le fait que la Confédération et le canton de Fribourg prennent simultanément des mesures d’économie est une constellation difficile pour nous», constate Katharina Fromm, rectrice de l’Université de Fribourg. En effet, sur les 312 millions de francs que l’Université de Fribourg a dépensés au total en 2023, 114 millions ont été apportés par le canton et 44 millions par la Confédération. 63 millions provenaient de la compensation intercantonale.
Les financements provenant du Fonds national suisse (FNS) pourraient être diminués de CHF 3,7 millions de francs prochainement pour l’Université de Fribourg. Pour pallier ces réductions de dépenses pour les hautes écoles, le Conseil fédéral souhaite que les instituts de recherche et les entreprises s’associent. Jusqu’à présent, les entreprises prenaient en charge 40 à 60% des coûts des projets. Désormais, elles devront le faire à hauteur d’au moins 50%. «Si l’économie se porte bien, c’est réalisable, mais si l’économie ne va pas bien, comme c’est le cas actuellement, on peut se demander si cette mesure est vraiment judicieuse», commente Katharina Fromm. Sans compter le fait que ces collaborations nécessitent parfois un temps de lancement relativement long, «pouvant s’écouler jusqu’à deux ans». Le Conseil fédéral exige finalement des étudiant·es qu’ils·elles paient des taxes d’études plus élevées.
Face à la pression des économies de la Confédération et du canton, l’université ne pourra pas éviter de réduire ses dépenses. «Nous devrons certainement passer par les comptes en interne», l’une ou l’autre coupe douloureuse dans les facultés et l’administration centrale ne pourra pas être évitée, affirme la rectrice.
A noter que le producteur de matériaux de construction Holcim et l’assureur La Mobilière ont conclu l’année dernière un partenariat avec l’Université de Fribourg. A la question de savoir si l’université pourra ainsi compenser la perte des fonds fédéraux et cantonaux, la rectrice Katharina Fromm répond: «les fonds de la Confédération et du canton sont affectés aux tâches fondamentales de notre université. Le soutien des entreprises est en revanche complémentaire. Il nous aide à développer nos forces actuelles et à faire avancer des projets de recherche interfacultaires.»
Les mesures d’économie de la Confédération et du canton pourraient également avoir des répercussions importantes sur les quatre hautes écoles spécialisées (HES) fribourgeoises dans les domaines de l’ingénierie et de l’architecture, de l’économie, de la santé et du travail social. «Des turbulences seront inévitables», lâche le directeur général Jacques Genoud. En effet, environ 80% du budget de ces HES provient de fonds publics, «un tiers provient de la Confédération et deux tiers des cantons», explique le directeur. D’une manière générale, il s’attend à ce qu’il devienne plus difficile de financer des projets de recherche. «Le financement disponible par des tiers devrait diminuer et la concurrence entre les universités et les écoles techniques devrait augmenter.» Une compensation complète par le biais d’un soutien supplémentaire du secteur privé est plutôt improbable : «le secteur privé lui-même connaît des difficultés», conclut-il.
29 Mai 2024
Le Conseil national devrait prendre des décisions cruciales lors du débat sur le message Formation, recherche et innovation (FRI), avec des implications majeures pour le financement de l’éducation et de la recherche en Suisse.
«[L]e Conseil fédéral propose un plafond des dépenses de 29,2 milliards de francs du domaine FRI pour la période 2025-2028, avec pour objectif de maintenir la Suisse à la pointe […]. Mais en raison de la situation budgétaire tendue de la Confédération, le gouvernement a prévu des coupes: réduction de la contribution au domaine des Ecoles polytechniques fédérales (EPF) de 100 millions de francs en 2025, et une coupe transversale de 1,4% sur les dépenses faiblement liées […].»
Ces mesures ont suscité des critiques de la part des principaux intéressés et des discussions au sein de la commission compétente du Conseil National, qui a annoncé plusieurs décisions, dont le triplement des taxes d’étude pour les nouvelles et nouveaux étudiant·es étranger·es dans les EPF afin d’accroître le budget de ces institutions. En plus, des moyens supplémentaires sont proposés pour «soutenir la formation professionnelle, les hautes écoles cantonales, la formation continue, le Parc suisse d’innovation et les institutions chargées d’encourager la recherche.»
29 Mai 2024
Jacques Neirynck, ancien Conseiller national, commente la décision prise par la commission compétente du Conseil national concernant le triplement des taxes d’études pour les nouvelles et nouveaux étudiant·es étranger·es des écoles polytechniques fédérales (EPF), qui sera examinée par le Conseil national lors de la session d’été 2024.
Pour Monsieur Neirynck, «[u]ne université peut et parfois doit sélectionner ses étudiants, mais strictement sur leurs capacités et leurs motivations: pour contenir l’afflux d’étudiants français, l’EPFL les sélectionne à juste titre sur la base de leurs résultats au baccalauréat […]. Il ne faut […] pas dissuader des candidats aux EPF en élevant une barrière fondée arbitrairement sur la fortune des parents […]. Avec moins de 10 millions d’habitants et une industrie de pointe, la Suisse ne peut atteindre et maintenir son niveau d’excellence, c’est-à-dire la source de sa richesse, qu’en drainant des talents de l’extérieur. Si les EPF forment des étudiants étrangers, c’est aussi pour en garder une fois diplômés sur son territoire». Monsieur Neirynck poursuit en soulignant que le fait d’imposer des taxes supplémentaires de 3000 francs par étudiant·e étranger·e ne rapporterait que 18 millions de francs, une somme négligeable comparée au budget annuel d’un milliard de l’EPF. Cette mesure pourrait au contraire dissuader des talents, allant à l’encontre des objectifs académiques et économiques de la Suisse, qui «perdra quelques recrues de valeur, en croyant avoir rééquilibré le budget des EPF.»
25 Avr 2024
Plusieurs piliers importants du financement de l’Université de Bâle s’érodent : Bâle-Campagne se trouve dans une situation difficile avec les finances cantonales, la Confédération a annoncé des coupes et les autres cantons paient moins pour les étudiants qu’ils envoient à Bâle. Cela pourrait entraîner des pertes massives du côté des recettes pour la période de prestations à partir de 2026, explique sa rectrice Andrea Schenker-Wicki dans une interview.
A l’occasion des dix ans à la tête de l’institution, elle évoque trois projets dont elle est fière: l’initiative sur l’innovation, la recherche quantique à l’institut de physique et la recherche sur la résistance aux antibiotiques au Biozentrum.
23 Avr 2024
«Le Conseil fédéral a annoncé en mars des mesures d’économie, au vu de l’état des finances fédérales. Le gouvernement prévoit un plafond d’investissements à hauteur de 29,2 milliards de francs au maximum dans ce domaine entre 2025 et 2028. Le montant prévu initialement a dû être revu à la baisse de 500 millions, afin de tenir compte de la situation budgétaire tendue.» (Le Courrier)
«Pour la première fois depuis les années 1990, le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation fait face à un frein financier. Les institutions doivent réduire la voilure de manière urgente, alors que le nombre d’étudiants augmente.» (Le Temps)
«La qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche est menacée en Suisse, ont mis en garde lundi les acteurs du domaine. Avec le recul annoncé de la manne fédérale, des projets et des prestations pourraient être suspendus.» Le domaine des EPF, devrait alors abonner des projets «dans les domaines de l’agriculture durable, de la santé, des matériaux de pointe et de la numérisation». (RTS)
«Le soutien à la recherche est une nécessité, pas un luxe.», avance Angelika Kalt, directrice du Fonds national suisse. (24 heures et Tages-Anzeiger) Et : «Les parlementaires subissent déjà la grande pression des économies. Ils doivent faire face à de nombreux besoins. Or, la recherche et l’innovation sont la matière première de la Suisse. Et d’autres domaines comme l’agriculture et l’armée ne pourront plus en profiter à un moment donné si l’on réduit considérablement cette base.» (SRF)
Et pour donner un peu de contexte sur la prise de décision: «L’appel lancé par les milieux scientifiques aux parlementaires du Conseil national et du Conseil des États doit être compris en tenant compte du fait que le message FRI du Conseil fédéral ne fixe que le cadre maximal du soutien financier. En d’autres termes : si le Parlement se prononce sur le message lors des sessions d’été et d’automne, cela ne signifie pas pour autant que l’argent sera automatiquement versé à ce moment-là. Ce n’est qu’en décembre, lorsque le Parlement débattra du budget 2025, qu’il décidera définitivement du montant que la Confédération mettra encore à disposition pour la formation et la recherche.» (Tages-Anzeiger)
«Économiser dans l’éducation et la recherche est politiquement impopulaire. Seule l’UDC y est clairement favorable, le PLR soutient cette décision, le centre est sceptique et la gauche clairement contre. Le Conseil fédéral ne cherche même pas à enjoliver la situation. Dans le message FRI, il avance des arguments de politique financière sans fioritures : il ne peut pas répondre au souhait généralisé d’une augmentation. « Compte tenu de la situation tendue des finances fédérales », il ne voit «aucune marge de manœuvre». Traduction libre : nous sommes désolés, c’est la faute au frein à l’endettement. Cet argument pèse lourd, le frein à l’endettement jouit d’une grande importance auprès de la majorité bourgeoise du Parlement. […] [Les représentants des établissements d’enseignement supérieur] mettent en garde contre le manque de sécurité de planification et les inconvénients qui en découlent. Ils craignent que la situation ne soit finalement encore pire, que la Confédération ne distribue même pas les fonds actuellement en perspective. Ces craintes semblent plausibles au vu des lacunes du plan financier. […] Lors de la consultation sur le paquet FRI, les directeurs cantonaux de l’instruction publique n’ont montré aucune compréhension pour les difficultés financières de la Confédération. Au lieu de cela, ils participent à la lutte pour la répartition et demandent à l’unisson plus d’argent à la Confédération. A Berne, cela ne fait pas l’unanimité. Certains évoquent la situation financière plus confortable des cantons et estiment que si les universités sont si importantes pour eux, ils pourraient sauter dans la brèche pour la Confédération.» (Neue Zürcher Zeitung)
23 Avr 2024
Le Conseil fédéral pourrait effectuer des coupes de 60 à 80 millions jusqu’en 2025 au domaine des EPF. Les standards de l’enseignement et de la recherche ne pourront pas être maintenus de cette manière, met en garde le président de l’EPFZ Joël Mesot. La capacité d’innovation de la Suisse serait même menacée.
Le journaliste de la Weltwoche Philipp Gut contredit ces propos («Bullshit») : «Le domaine des EPF dispose d’un budget de 2,736 milliards de francs provenant uniquement de l’argent des contribuables. Et sur ce budget de plusieurs milliards, il serait impossible d’économiser quelques dizaines de millions? Si l’EPFZ ne peut pas le faire, il lui faut immédiatement des économistes d’entreprise compétents à sa tête !» Par ailleurs, le risque d’une perte de qualité viendrait plutôt de l’«idéologisation» de la recherche : «Certains professeurs de l’EPFZ et presque des domaines entiers de la recherche se sont transformés en laboratoires peints en vert dans l’esprit du temps, qui, selon l’impression du public, préfèrent faire de la politique plutôt que de la science sobre», et prend par exemple les prises de position des professeurs Reto Knutti (sciences du climat) et Kay Axhausen (sciences de l’environnement).
«Si l’ETH risque de perdre sa réputation d’être l’une des meilleures hautes écoles du monde, ce n’est pas à cause d’un mini-programme d’économies, mais à cause du bradage rampant des vertus scientifiques sur le marché de la politique.»
22 Avr 2024
La qualité de l’enseignement et de la recherche dans les hautes écoles suisses est menacée, mettent en garde le FNS, swissuniversities, le Conseil des EPF et les Académies susses des sciences a+.
«Le projet de message FRI du Conseil fédéral pour les années 2025 à 2028 est marqué par les préoccupations budgétaires, ce qui pourrait se traduire par des prestations réduites et des projets suspendus.»
12 Avr 2024
Pour Luciana Vaccaro, Présidente de swissuniversities, «[l]e financement de la recherche, de la formation et de l’innovation tel que prévu par le Conseil fédéral pour la période 2025-2028 laisse entrevoir une cure d’austérité […] [et cela serait] un grand risque pour la formation des talents de demain». Madame Vaccaro appelle à ce que la volonté politique de freiner l’endettement ne touche pas au financement de la formation, et soutient que «[s]i des économies sont nécessaires, il faut aller les trouver dans des projets ponctuels qui n’ont qu’une incidence et un effet multiplicateur moindres.»