Des rassemblements sont prévus aujourd’hui aux Etats-Unis pour dénoncer les attaques de Donald Trump envers les scientifiques. Selon Julia Steinberger, contributrice du GIEC, la Maison-Blanche veut la peau de la démocratie
7 Mar 2025
7 Mar 2025
Des rassemblements sont prévus aujourd’hui aux Etats-Unis pour dénoncer les attaques de Donald Trump envers les scientifiques. Selon Julia Steinberger, contributrice du GIEC, la Maison-Blanche veut la peau de la démocratie
6 Mar 2025
Du point de vue de l’ ancien recteur de l’Université de Berne, Christian Leumann, actuel président de la direction d’un hôpital universitaire, trois défis du paysage FRI peuvent être identifiés : l’influence politique croissante sur la liberté de la recherche, les perturbations géopolitiques et l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur la pratique de la recherche.
«La recherche est de plus en plus coûteuse, alors que les budgets disponibles sont limités. Il en résulte une pression croissante de la part des politiques pour cibler les thèmes de recherche en fonction de leur pertinence sociale ou économique immédiate. […] Cela menace d’éroder la liberté scientifique ancrée dans la Constitution, l’un des principes centraux de la réussite du siècle des Lumières, qui a permis la prospérité actuelle.»
5 Mar 2025
«Tout financement fédéral cessera pour les collèges, écoles ou universités qui permettent des manifestations illégales», annonce Donald Trump sur son réseau social Truth Social. « Les agitateurs seront emprisonnés et/ou renvoyés définitivement dans leur pays d’origine », ajoute-t-il, tandis que «les étudiants américains seront définitivement exclus ou, selon leur crime, arrêtés. PAS DE MASQUES», écrit-il, selon MSN, «déterminé à bouleverser le système éducatif».
3 Mar 2025
«Les débats autour de l’Ukraine et de Gaza ont éclipsé le fait que l’administration Trump se livre aussi à un véritable coup de force dans les milieux scientifiques, en licenciant à tour de bras dans les grandes agences (NIH, FDA, EPA…) et en coupant les financements de recherche, sur fond de lutte contre le wokisme. Les institutions académiques suisses pourraient en bénéficier, comme l’avait compris l’ancien président de l’EPFL Patrick Aebischer, confronté en son temps à une situation analogue.»
«Encore faudra-t-il que la Confédération ne coupe pas, comme prévu, dans les budgets de la formation et de la recherche.», avance-t-il. «Nous devrions au contraire être pragmatiques et octroyer les budgets nécessaires pour attirer les meilleurs talents et le faire savoir.»
24 Fév 2025
«Les scientifiques américains sont sous le choc: menacés de coupes budgétaires massives par l’administration Trump, ils sont aussi confrontés à une purge visant certains sujets rejetés par la nouvelle administration. Les répercussions pour la recherche sont globales.»
24 Fév 2025
L’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA) est un organisme conjoint à l’Association Française de Science Politique et à l’Association Française de Sociologie créé en 2023. Il a publié une lettre sur la la liberté académique 2024.
21 Fév 2025
L’Université de Lausanne n’a pas prolongé le mandat d’enseignement du professeur Joseph Daher en janvier. Il lui est reproché d’avoir prêté son badge d’accès à une étudiante lors de l’occupation pro-palestinienne.
Daher enseignait depuis douze ans à l’université et devait donner un séminaire en relations internationales au semestre de printemps qui vient de commencer. Jeudi (20.02.2025), environ 150 personnes se sont réunies à la Maison du peuple de Lausanne pour assister à son«cours symbolique».
Le professeur, dont le cours annulé portait sur l’histoire contemporaine du Moyen-Orient, a estimé que la direction de l’UNIL «ne respectait pas sa propre charte», qui défend l’enseignement d’un savoir critique, l’autonomie ou encore de l’engagement citoyen. (Watson du 20.02.2025)
«Il affirme qu’il avait été la victime depuis plusieurs mois «d’une campagne de dénigrement» et que son expertise scientifique avait été «quasiment niée». Il a toutefois répété qu’il ne s’agissait pas uniquement de son «cas personnel», mais que cette sanction s’inscrivait «dans un contexte plus large d’attaques contre des droits démocratiques fondamentaux».» (Watson du 20.02.2025)
Depuis que le «licenciement de facto» du professeur a été annoncé à la fin de la semaine dernière, il reçoit beaucoup de soutien. Le conseil de sa faculté (SSP) a adopté une résolution à la quasi-unanimité, qui avance que le « prétendu non-renouvellement » du contrat de Daher est «injustifié» et que la procédure sur laquelle il repose est «arbitraire». Le SSP Vaud le soutient, estimant que «l’Unil invente des procédures pour se débarrasser d’un employé».
Et puis une pétition interne à l’Université de Lausanne, a été signée par plus de 150 personnes, dont plusieurs dizaines de professeurs. Et une seconde, externe, a recensé jeudi 1600 noms, dont sept conseillers nationaux du PS et des Verts, ainsi que le conseiller aux Etats socialiste Carlo Sommaruga. (NZZ du 21.02.2025)
20 Fév 2025
En réaction aux récents développements aux États-Unis affectant l’autonomie de la recherche scientifique, la Fédération européenne des académies des sciences et des humanités ALLEA a lancé un appel invitant les gouvernements nationaux et les institutions internationales aux États-Unis, en Europe et ailleurs à rester vigilants et à renforcer les efforts en cours pour sauvegarder la liberté académique et l’autonomie institutionnelle.
«Nous invitons nos partenaires de la communauté de la recherche et au-delà à manifester leur solidarité avec cet effort pour s’opposer à l’ingérence indue dans l’entreprise scientifique :
18 Fév 2025
Selon la RTS, le rectorat de l’Université de Lausanne a mis fin au contrat du professeur invité Joseph Daher, connu pour son engagement militant en faveur de la Palestine. Une enquête administrative avait été ouverte contre lui. Le professeur a reçu le soutien d’un certain nombre de personnes, du SSP Vaud, du membre du Grand Conseil Hadrien Buclin (EP).
Dans le Courrier, le professeur souligne «qu’il n’est pas un cas isolé au niveau national, dans ce genre de tentatives de mise à l’écart «contre des enseignants qui prennent position dans un certain nombre de cas et ici, dans le cas de la Palestine. Cela remet en cause les libertés académiques et d’expression». Et il précise qu’il a fait opposition à cette décision auprès des instances légales.
Le site «révolution permanente» parle même d’une «offensive maccarthyste» de la part de l’UNIL.
Les articles liés à ce sujets se trouvent ici
17 Fév 2025
Voici quelques actions du gouvernement du président Donald Trump qui concernent les universités, et la recherche en particulier:
17 Fév 2025
«Le rectorat de l’Université de Lausanne met fin au contrat du professeur invité Joseph Daher, connu pour son engagement militant en faveur de la Palestine. Une enquête administrative avait été ouverte contre lui.»
Une lettre ouverte, rédigée par le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (CLADS) en circulation s’oppose à cette position «soudaine, injustifiée et infondée», qui viendrait après des mois d’«acharnement administratif» contre le professeur. «C’est d’autant plus inquiétant que la direction de l’UNIL n’a, parallèlement, apporté aucune protection au Prof.»
14 Fév 2025
Alors que l’intelligence artificielle bouleverse le monde et que d’autres Etats investissent massivement dans l’encouragement des talents, le Conseil fédéral veut économiser dans la science. C’est pourtant le contraire qui devrait se produire, avance Torsten Schwede, nouveau président du Conseil de la recherche du FNS. Il se dit optimiste quant à la possibilité d’éviter les coupes annoncées pour le FNS dans le processus politique. «Les conséquences seraient catastrophiques pour le paysage de l’innovation en Suisse.»
Il parle par ailleurs de son domaine de recherche préféré (l’IA) et de son projet d’encourager davantage la recherche interdisciplinaire et de faciliter les coopérations.« Les grands défis tels que le changement climatique ou les conséquences de l’IA ne peuvent être abordés que par l’interaction de différents domaines de recherche. C’est un défi lorsque les disciplines ne parlent pas la même langue. À partir du 1er avril, les demandes de recherche ne seront plus évaluées dans des domaines spécialisés fixes. Nous faisons appel à des experts qui sont en mesure de jeter des ponts et d’évaluer la valeur ajoutée de la recherche interdisciplinaire.»
13 Fév 2025
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniennes occupés depuis 1967, devait s’exprimer à l’Université libre de Berlin (FU). Suite à la demande du maire de Berlin, Kai Wegner (CDU), l’université a décidé d’annuler cet événement «pour des raisons de sécurité». Kai Wegner, lui, parlait d’une «honte», car Francesca Albanese s’était «fait remarquer dans le passé par sa haine d’Israël et sa minimisation de l’organisation terroriste du Hamas».
Un autre événement avait déjà été annulé à l’Université Ludwig Maximilian de Munich (LMU). En réaction, des membres de l’Université de Munich avaient lancés une pétition en faveur de sa venue : «Cette annulation crée un dangereux précédent pour les universités, un précédent dans lequel le fait d’ignorer les avocats internationaux spécialisés dans les droits de l’homme et les représentants des Nations Unies devient une réalité et peut être répété. L’article 5 de la constitution allemande protège la liberté « des arts et des sciences, de la recherche et de l’enseignement » et, en tant qu’université financée par des fonds publics, la LMU, comme toutes les autres universités allemandes, doit respecter le principe de la liberté académique. Les universités doivent rester des bastions de la liberté d’expression et les échanges universitaires ne peuvent être soumis aux caprices d’une administration ou d’une autre. L’intégrité académique de la LMU est en danger.»
Le professeur qui avait invité Francesca Albanese à venir parler à Berlin, le philosophe et chercheur en sciences sociales Robin Celikates, trouve la décision de l’Université libre «très inquiétante» et un danger pour la démocratie.
Pour lui, les reproches adressés à Albanese s’inscrivent dans la lignée d’autres attaques contre l’autonomie des universités et la liberté scientifique ainsi que contre les principes et les institutions du droit international dans le monde entier. «Où, si ce n’est à l’université, une discussion ouverte et critique et un échange scientifique sur les questions fondamentales de l’approche juridique, politique et sociale de la violence guerrière devraient-ils être possibles ?», demande-t-il. Le fait que certaines personnes ne s’indignent pas de la destruction presque complète de Gaza, mais de ceux qui y font allusion, en dit «long sur la conception de la morale et du droit de ceux qui veulent empêcher de telles discussions».
Le Netzwerk für Wissenschaftsfreiheit («Réseau pour la liberté des sciences») critique la raison invoquée par la LMU de Munich pour annuler la conférence de Francesca Albanese. Le fait qu’une conférence soit intégrée dans une conférence scientifique est secondaire pour déterminer s’il s’agit d’une conférence scientifique. Néanmoins, il n’y voit pas une violation de la liberté scientifique.«D’une part, l’université a le droit et l’obligation d’empêcher la commission de délits tels que l’approbation de délits selon l’article 140 du code pénal. D’autre part, il existe de sérieux doutes quant au fait qu’il se serait agi d’une conférence scientifique. Un tel discours se caractérise par le fait qu’il diffuse des connaissances scientifiques et ne se contente pas de prendre parti unilatéralement dans un conflit politique. L’accusation de génocide, en particulier, doit être étayée par des arguments, car l’opinion dominante dans le monde scientifique ne part pas du principe d’un génocide. Chez certains critiques de l’annulation, mais pas tous, l’invocation de la liberté scientifique semble en outre peu crédible, car ils appellent eux-mêmes au boycott d’autres conférences ou nient le phénomène de l’annulation de conférences, ou diffament la discussion à ce sujet en la qualifiant de récit de droite.»
7 Fév 2025
Lors d’un débat d’experts sur l’impact de la géopolitique sur la recherche, deux sujets ont été beaucoup discutés.
6 Fév 2025
A l’occasion du 60e anniversaire du Conseil suisse de la science (CSS). Luciana Vaccaro, rectrice des HES-SO et présidente de swissuniversities, décrit les trois principaux défis selon son point de vue pour le domaine de la recherche et l’innovation d’ici 2035.
6 Fév 2025
Alice Weidel, première candidate à la chancellerie de l’AfD, a annoncé lors de la convention fédérale du parti qu’elle souhaitait abolir les études genre et virer les professeur·es concerné·es. Sociologue à l’Université de Munich, Paula-Irene Villa Braslavsky dénonce tout d’abord un manque de compréhension, surtout dans le monde scientifique, du fait que de telles déclarations touchent directement «certain·es d’entre nous, les universitaires», en particulier car de nombreuses personnes du domaine scientifique n’auraient jamais subi d’attaques aussi existentielles et directes.
Elle indique que «les études genre sont depuis longtemps devenues un symbole […] sur lequel on projette tout et n’importe quoi», alors qu’il y aurait pourtant de nombreuses questions à débattre -sur l'(in-)activisme de la science, son utilité, son (a-)politisme, etc. Elle précise que des notions comme le genre peuvent également être utilisées par le monde politique uniquement de manière stratégique et opportuniste, «parce qu’elles fonctionnent».
Pourquoi les études genre sont vues comme un ennemi ? Pour deux raisons principalement, affirme la chercheuse. «D’une part, le terme «études genre» est associé à une sorte de contrôle d’État réalisme socialiste-RDA-soviétique, la science comme «programme de rééducation totalitaire». D’autre part, le terme est considéré comme le symbole d’une décadence de prospérité négligée de l’Occident capitaliste, comme l’expression d’un efféminé démasculinisant, comme quelque chose d’artificiel, d’étranger, d’élitiste.» Néanmoins, la chercheuse reconnait que certains aspects peuvent s’avérer tout de même critiquables dans les études de genre. «Parfois, le champ semble trop auto-justifié, et parfois je nous trouve aussi trop activistes ou imprécis.»
Pour la défense du domaine, la sociologue compare la recherche sur le genre à la recherche fondamentale. La question de l’utilité est importante, mais elle passe à côté de l’objectif de la science. Elle ajoute que la science fonctionne comme la culture : si elle veut être bonne, elle a besoin d’un espace de liberté. D’un point de vue plus pragmatique, Paula-Irene Villa Braslavsky explique que «nous avons explicitement besoin des études de genre parce qu’elles nous aident à comprendre dans quelle mesure le genre joue -ou ne joue pas- un rôle dans notre vie, dans notre monde.» Finalement, la chercheuse conclut l’interview ainsi : «Nous devons faire comprendre à la société que les attaques politiques contre la science – contre les professeur·es, les champs de recherche ou les institutions – sont des attaques contre les principes fondamentaux d’une démocratie plurielle et basée sur l’Etat de droit.»
5 Fév 2025
La semaine dernière, la Commission européenne a présenté sa communication sur le Competitiveness Compass for the EU, un guide qui a pour objectif de tirer parti des atouts de l’Europe dans la recherche scientifique de pointe et de l’innovation, ainsi que de supprimer les obstacles aux niveaux européen et national. Guidé par le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’UE publié fin 2024, le Competitiveness Compass for the EU annonce de nombreuses «actions phares», en plus de trois objectifs principaux : combler le retard en matière d’innovation par rapport aux États-Unis et à la Chine ; décarboner l’économie ; réduire les dépendances excessives et renforcer la sécurité.
Cette communication inquiète cependant les milieux de la recherche, dont le nouveau European Competitiveness Fund, le Competitiveness Coordination Tool, ainsi que la présidente du European Research Council (ERC) Maria Leptin. Le secrétaire générale de la League of European Research Universities (LERU) Kurt Deketelaere écrit : «Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’autonomie du European Research Council (ERC). […] La ligne de la communication sur la recherche fondamentale est tout aussi préoccupante. Elle mentionne simplement qu’un soutien ciblé sera apporté à la compétitivité industrielle, avec une approche plus stratégique et moins bureaucratique pour soutenir la transition de la recherche appliquée à la mise en place d’entreprises.» Il n’y a ainsi donc aucune place pour un 10e programme-cadre FP10 pour la Recherche et l’Innovation (successeur de l’actuel programme Horizon Europe), conformément au souhait de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’organiser le budget futur de l’UE autour de politiques et non de programmes.
Les leaders de la recherche au Parlement européen, tels que les députés Christian Ehler et Lina Gálvez Muñoz, ainsi que la LERU ont exprimé leur opposition à cette approche. Les auteurs de rapports Mario Draghi, Manuel Heitor et Enrico Letta ainsi que la LERU «souhaitent un FP10 autonome, axé sur l’excellence et la curiosité, doté d’un budget dédié et cantonné de plus de 200 milliards d’euros».
4 Fév 2025
«En Europe et dans le monde entier, la liberté académique – et son proche parent, l’autonomie institutionnelle – sont de plus en plus sous pression. Pour l’Association des universtés européennes (EUA), il est essentiel de soutenir les universités en tant qu’acteurs centraux de la protection et de la promotion de la liberté académique. Dans cette prise de position, l’EUA propose des conseils concrets et pratiques sur la manière dont les universités peuvent protéger et renforcer la liberté académique.»
4 Fév 2025
«Ils utilisent la peur pour nous faire taire» : Deux scientifiques expert-es en changement climatiques expriment des stratégies différentes pour survivre au programme qualifié «anti-science» du président américain Donald Trump. Rose Abramoff, professeure assistante à l’Université de Maine, avait déjà constaté pendant la dernière présidence de Trump que les scientifiques s’autocensuraient. «C’est devenu une nécessité professionnelle. […] Nous, les chercheurs en général, faisions beaucoup d’obéissance anticipée».
Un fonctionnaire anonyme de l’agence pour la protection de l’environnement EPA, qui a demandé à rester anonyme, a fait l’expérience qu’une grande partie de leur travail a été «pratiquement bloquée» pendant les quatre années où Trump était au pouvoir. «Même si Trump, Musk, Kennedy et d’autres membres du camp MAGA se présentent comme des champions de la liberté d’expression, ce fonctionnaire a constaté un effet de refroidissement contre toute référence au changement climatique causé par l’industrie des combustibles fossiles.
«Nous avons dû parler du travail différemment », expliquent-ils. Personne n’a utilisé le mot «climat». Tout le monde s’est contenté de parler des résultats du travail sur le climat («climate work»), sans nécessairement nommer le climat tel qu’il est, si cela a un sens.» Rose Abramoff y ajoute: «Dans nos nouvelles propositions [de recherche], nous dirions par exemple «nous étudions la variabilité du climat» plutôt que «la science du climat» ou «la santé des sols» plutôt que «l’impact du climat sur le cycle du carbone dans le sol»».
11 Déc 2024
Le journaliste Sebastian Briellmann regrette que l’association d’étudiant-es zurichoises ait quitté l’association fédérale UNES : «entre autres parce que cette dernière a eu l’audace de critiquer l’ambiance générale et une revendication de Zurich – le boycott partiel des universités israéliennes. Cela fait déjà six mois, mais les effets se sont manifestement fait sentir pendant si longtemps que les représentants des étudiants zurichois ne supportent plus de faire partie de cette association.La raison de ce malaise persistant est également la gestion du conflit au Proche-Orient. Les étudiants zurichois déplorent qu’il ne soit plus possible de discuter de sujets « difficiles et controversés » à l’université, que les opinions soient «réprimées» et que «la thématique» soit réduite par crainte de «reportages négatifs». Ainsi, l’université n’assume pas ses responsabilités.»
Le journaliste estime que ces propos sont grotesques : «Les rectorats ont laissé beaucoup de place aux occupants. Ils ont fait preuve de compréhension et de dialogue. Ils ont proposé des délais raisonnables avant d’évacuer les lieux. Les étudiants ont été libérés. Il en a été autrement pour les étudiants juifs.» Il évoque un «climat de la peur», notamment à l’Université de Bâle [NZZ du 27.11.2024], la pensée «en noir et blanc» des études postcoloniales et des « apologistes complaisants de l’islamisme». «Qu’est-ce qui leur manque ? Une section pour l’antisémitisme vivant ?»
Et il cite Zsolt Balkanyi-Guery, président de la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme, qui disait dans un article NZZ du 12.03.2024 : «Les actions qui découlent d’un wokisme presque totalitaire sont rapidement antisémites. Ces matières prétendent défendre le bien et améliorer le monde. Cela conduit à un rétrécissement de l’éventail des opinions et fait de l’université un lieu d’idéologie.»
Et revenant sur la sortie de l’association zurichoise de l’UNES, Sebastian Briellmann déduit que la pensée dominante dans les universités est woke et antisémite, et de manière prononcée dans les sciences humaines. «Une évolution dangereuse.»