Chat-GPT fait désormais partie du quotidien des universités. Mais c’est justement dans la rédaction de thèse et d’autres travaux écrits que règne une grande incertitude.
La professeure en sciences forestières et de la conservation à l’Université de Colombie-Britannique Elizabeth M. Wolkovich regrettent le manque de clarté par rapport aux pratiques acceptables pendant le doctorat: «J’ai l’impression que nous nous sommes inquiétés de l’utilisation de l’IA générative par les étudiants de premier cycle, tout en proposant d’innombrables séminaires et possibilités de bourses sur la manière d’« intégrer l’IA » dans notre formation, notre enseignement et au-delà. Nous n’avons jamais expliqué aux futurs éducateurs et chercheurs que nous formons pourquoi ils ne devraient pas utiliser l’IA générative pour leurs travaux écrits, ce qu’ils perdraient à le faire, ni que cela constituait une fraude académique. Du moins, c’est ce que je pense aujourd’hui.» (Times Higher Education)
Les hautes écoles zurichoises travaillent d’arrache-pied à l’élaboration de directives en matière d’IA ou les ont déjà formulées.
- À la Haute école pédagogique de Zurich, le nombre de travaux rejetés a légèrement augmenté ces dernières années, indique Christoph Hotz, responsable adjoint de la communication. La HEP a mis en place un wiki avec des directives.
- En 2023, l’Université de Zurich (UZH) a mis en place sept principes directeurs sur l’utilisation de l’Intelligence artificielle dans l’enseignement et la recherche. Cependant, ce sont les enseignants et les facultés qui déterminent comment l’IA peut être utilisée concrètement dans les travaux scientifiques. Selon la porte-parole de l’UZH, Mme Nyfeler, il est avant tout important de communiquer clairement aux étudiant·s quand l’utilisation de l’IA est autorisée, voire souhaitée, et quand elle est interdite. La faculté de droit de l’UZH modifiera son système d’examen des thèses : à partir du 1er février 2026, toute personne qui commencera sa thèse devra désormais la soutenir oralement. De toute manière, l’examen final oral s’est établi comme norme internationale. Le doyen Thomas Gächter ressent une grande incertitude parmi les étudiants : «Beaucoup ont une peur panique d’être accusés de plagiat. Cela paralyse les bons étudiants».
- A l’EPFZ, outre plusieurs sites web et directives, une équipe de deux personnes aide les étudiant·es et les enseignant·es de l’ETH Zurich pour toutes les questions relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. (Tages-Anzeiger)
L’Université de Berne a rencontré le premier cas où un travail de séminaire a été rédigé sans autorisation à l’aide de l’IA. Le ou la coupable a reçu un avertissement pour plagiat. L’article contient également un comparatif des règlements sur l’IA dans les universités en Suisse alémanique. (20 Minuten)
L’article de Nature évoque par ailleurs l’emploi de «chercheurs IA» qui basent leurs publications parfois sur des méthodes ou idées publiées sans pour autant les citer: «Une grande partie des idées de recherche générées par les LLM semblent novatrices à première vue, mais sont en réalité habilement plagiées, de sorte que leur originalité est difficile à vérifier», avancent deux spécialistes du domaine, Tarun Gupta et Danish Pruthi. Pour l’instant, les méthodes automatiques d’évaluation restent limitées et subjectives. (Nature)