En 2024, le fils de la rectrice de l’Université de Genève (UNIGE) Audrey Leuba a été choisi pour un échange d’un semestre à la Harvard Law School (HLS). Dix étudiant·es avaient alors candidaté pour le séjour aux frais d’enseignement (70’000 francs) exonérés par l’Université américaine. Deux dossiers avaient été transmis à Harvard, celui du fils d’Audrey Leuba classé en première position. Les liens familiaux ont dès lors éveillé des soupçons à l’UNIGE.
Luc Thévenoz, doyen de la Faculté de droit, affirme que l’identité du candidat et ses risques ont été discutés. «Lorsque j’ai constaté qui avait été choisi, je me suis renseigné sur la qualité du processus et me suis assuré que tout avait été fait dans les règles», explique-t-il, ajoutant que si la sélection avait été totalement anonyme, le classement aurait été le même. La sélection repose sur : les notes obtenues durant le cursus, le score à l’examen d’anglais TOEFL, l’évaluation d’un «projet académique» à Harvard, ainsi que sur le parcours de la personne. L’Université est arrivée à la conclusion «qu’elle ne peut empêcher un étudiant qui en a les capacités de se présenter à un concours au motif qu’un membre de sa famille occupe des fonctions dirigeantes». Cela créerait «une inégalité de traitement inacceptable», justifie son porte-parole, Marco Cattaneo.
L’UNIGE dispose d’un comité d’éthique, qui «n’a été saisi ni par le rectorat, ni par le Conseil d’État». Il pourrait toutefois décider de s’autosaisir «une fois qu’il se trouvera en possession des éléments détaillés du dossier».