Mardi, le Conseil des États a validé une enveloppe de 666 millions de francs afin de financer le retour de la Suisse aux programmes Horizon Europe, Euratom et Europe numérique.
4 Juin 2025
4 Juin 2025
Mardi, le Conseil des États a validé une enveloppe de 666 millions de francs afin de financer le retour de la Suisse aux programmes Horizon Europe, Euratom et Europe numérique.
30 Mai 2025
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, craint que dans le contexte actuel de restrictions financières, les parlementaires fédéraux s’opposent à Horizon Europe à Erasmus+ en dépriorisant ce dernier et refusant de débloquer les fonds nécessaires pour participer pleinement à ce programme. «Erasmus+ est un fantastique programme de développement éducatif,
professionnel et personnel. […] Se contenter du strapontin suisse [le Swiss-European Mobility Programme] est insuffisant.» Elle nomme ensuite les effets bénéfiques des programmes, notamment pour l’employabilité des diplômé·es.
28 Mai 2025
Un chercheur associé au Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPF dénonce l’incompatibilité écologique du projet du nouveau collisionneur du CERN dans les colonnes du Courrier. Il écrit:
«Ni l’invocation du progrès scientifique ni la plus-value de compétitivité pour la région genevoise ne sauraient justifier un projet incompatible avec la transition écologique. Si on ne doute pas des bienfaits pour les avancées de la physique, il est ironique de vouloir percer à jour les débuts de l’univers avec des moyens qui en compromettent l’avenir. Le projet du CERN rappelle la nécessité de comprendre la portée et la responsabilité de nos infrastructures techniques et des économies qui les soutiennent.»
27 Mai 2025
Suite à la réception d’une lettre du ministre de l’économie Guy Parmelin lui demandant de faire un «état des lieux» de sa structure, le Conseil des EPF a lancé le projet Fit for the future, par lequel il souhaite notamment regrouper ses quatre plus petits instituts de recherche en une entité, le «Swiss National Lab».
Les opposant·es des quatre instituts de recherche dénoncent une «méga-fusion», qui comprendrait plus de 4500 collaborateurs sur 12 sites différents dans 9 cantons, avec des thématiques de recherche très diversifiées, allant «de la recherche sur la surface des matériaux aux mesures des inondations, de la protonthérapie pour les malades du cancer au contrôle des eaux usées». Ils et elles craignent également pour leur autodétermination, en plus d’un surplus de bureaucratie et de coûts élevés de fusion.
Le Parlement est également sceptique envers le projet. «En octobre 2023 déjà, la commission de l’éducation du Conseil national a rejeté par 23 voix contre 1 les efforts de fusion du président de l’EPF Hengartner et a exigé que le Conseil des EPF procède à son évaluation structurelle «sans préjuger des résultats»».
Actuellement, les deux EPF ainsi que deux des quatre instituts (le PSI et le WSL) sont «positifs ou plutôt positifs» vis-à-vis du Swiss National Lab. Les deux autres instituts attendent des informations complémentaires concernant la fusion, qui seront disponibles à l’automne 2025. «Malgré l’absence de données de base, le Conseil des EPF a déjà pris une «décision d’orientation» en faveur d’une fusion lors de sa séance des 4 et 5 décembre 2024.» Il «attend de cette fusion des gains d’efficacité en matière de gestion du personnel, d’informatique ou de coordination, ainsi qu’une réduction des doublons dans les thèmes de recherche». Si le projet est mis en œuvre, les quatre directeurs des quatre instituts de recherche devraient siéger à la direction du Swiss National Lab – et seraient ainsi rétrogradés.
«Le Conseil des EPF prendra une décision «probablement en 2026». Les observateurs ne doutent pas que le regroupement sera forcé.» «Le lobbying de l’EPF dans ce cas a été très fort et le processus a certainement été orienté dans une direction dès le début», déclare le conseiller national PLR Christian Wasserfallen
27 Mai 2025
«Katrin Milzow et Thomas Werder Schläpfer ont pris les rênes du FNS le 1er avril. Tous deux sont convaincu·es que le FNS est bien armé pour relever les défis à venir grâce à l’engagement de ses collaborateurs·trices.» Leur vision du FNS? «Une organisation d’expert·es, qui continue d’être agile, innovante et efficace, travaillant en partenariat avec le Conseil de la recherche.»
Katrin Milzow explique que l’adaptation historique du FNS est notamment possible «grâce au système de milice». «Nos principes de soutien éprouvés, tels que la compétitivité, la qualité et l’indépendance, restent inchangés. Nous encourageons ainsi la créativité et la flexibilité des chercheuses et des chercheurs. […] Notre objectif est de mettre en place des mécanismes de financement simples, qui s’inspirent de notre conception élargie de l’excellence et favorisent une culture de recherche performante. Cela renforce en effet la résilience de la recherche et, partant, la capacité de notre société à assurer son avenir. L’échange avec des partenaires tels que les hautes écoles, les académies, Innosuisse et le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) joue ici un rôle central. Notre Assemblée des délégué·es constitue également une base solide à cet égard», déclare Katrin Milzow.
Thomas Werder Schläpfer dénonce de son côté le risque actuel de dépendance de l’étranger de notre pays face aux coupes budgétaires proposées par le Conseil fédéral.
Finalement, la nouvelle co-direction souligne que «dans la situation géopolitique actuelle, il est en outre particulièrement important d’anticiper et d’intensifier de manière ciblée la coopération internationale». (snf.ch)
Alors que la base de données du Fonds national suisse (FNS) indique près de 900 projets de recherche liés aux États-Unis, Torsten Schwede, président du Conseil de la recherche du FNS, affirme que tous «se poursuivront sans restriction» du côté suisse. Cela est possible car «l’argent est séparé, même pour les projets communs. Aucun franc suisse de recherche ne traverse l’Atlantique». Si de l’argent venait à manquer du côté américain, le FNS s’assurerait ainsi que la partie suisse d’un projet soit garantie, car sinon les investissements du FNS seraient perdus. Des plans précis de refinancements ne sont toutefois pas encore précisés. «Pour l’instant, il s’agit plutôt de limiter les dégâts que d’avoir vraiment le sentiment que nous pourrions influencer massivement les choses», explique Torsten Schwede. «Attendre de voir ce qui se passe, et réagir si quelque chose se passe.» (SRF)
23 Mai 2025
La RTS présente dans son émission Histoire vivante une mini-série de 5 épisodes sur le savoir et le pouvoir, avec des experts de l’UNIL. L’occasion de la publication de cette série sont les attaques à la liberté des sciences aux Etats-Unis, les réactions en Europe par rapport à cela (c.f. le premier épisode).
22 Mai 2025
«Le 21 mai 2025, le Conseil fédéral a transmis au Parlement le message relatif à la modification de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE). Cette modification offre aux hautes écoles la possibilité de proposer dans le domaine des mathématiques, de l’informatique, des sciences naturelles et de la technique (MINT) des filières d’études bachelor intégrant une partie pratique [les PiBS] sur le marché du travail. Cette offre d’études a été testée dans le cadre d’un projet pilote.» Ainsi, «le nouvel art. 25a permet aux titulaires d’une maturité gymnasiale ou d’une maturité professionnelle d’intégrer directement les filières PiBS sans justifier d’une expérience du monde du travail préalable. Il précise également que les filières PiBS durent quatre ans, soit une année de plus que les filières d’études standard. […] Les filières PiBS contribuent par ailleurs à la lutte contre la pénurie de personnel qualifié. […] Le Conseil des hautes écoles de la Conférence suisse des hautes écoles, qui avait examiné le projet de loi avant le début de la procédure de consultation, s’était déjà exprimé en faveur du projet de loi.»
15 Mai 2025
Selon une nouvelle étude de l’association sectorielle (chimie/ pharma) Scienceindustries, les restrictions d’accès au programme de recherche Horizon Europe de 2021 à 2024 n’ont pas pu être entièrement compensées par des financements supplémentaires du contribuable suisse. Les auteur·ices de la publication évoquent une «perte systémique d’influence et de compétitivité» de la Suisse.
«Suite aux restrictions d’accès de la Suisse au programme de l’UE à partir de juillet 2021, les chercheurs suisses pouvaient certes continuer à participer à des projets collaboratifs d’Horizon, mais le financement devait être assuré par la Suisse. Les chercheurs suisses ne pouvaient plus postuler pour des fonctions de direction dans des projets de l’UE et étaient exclus du prestigieux «soutien à l’excellence» de l’UE via des projets individuels. Tout comme la Ligue des champions en football, le programme de l’UE est considéré dans la recherche comme une scène attractive pour les talents. Cette scène permet de s’exposer, d’établir des contacts, de se mesurer et de faire des expériences.» Les personnes directement impactées par cette restriction étaient issues de milieux universitaires, mais aussi d’entreprises innovantes.
«Sur la base de calculs de simulation de l’UE et d’estimations suisses, il est à craindre, selon l’étude, qu’une limitation à long terme de l’accès au programme de recherche de l’UE ne se répercute pas seulement sur certaines entreprises, mais «sur la compétitivité de l’industrie du savoir dans son ensemble». Le programme de recherche de l’UE Horizon Europe dispose d’un budget total d’environ 95 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Selon les calculs de l’UE basés sur trois modèles économiques, ce programme permettrait d’augmenter la création de valeur dans l’économie européenne d’environ 4 à 11 euros par euro investi jusqu’en 2045.»
Face aux nombreux avantages du programme, «même les Britanniques» ont souhaité participer au programme de recherche européen. Ils et elles ont obtenu pour 2024, par un accord politique, l’accès souhaité en tant que «membre associé» à Horizon Europe.
Depuis début 2025, un accès provisoire pour la Suisse a été mis en place. Il ne suffit toutefois pas «à de nombreuses entreprises en raison du manque de sécurité juridique».
13 Mai 2025
Interview sur la liberté de la science et la mise en danger de la démocratie avec Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities et rectrice de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale, et Walther Rosenthal, président de la Conférence allemande des recteur·ices d’université.
Luciana Vaccaro et Walther Rosenthal affirment que nous sommes en train de vivre une des plus grandes atteintes à la liberté académique. En Suisse, pour l’instant, l’EPFZ est la seule institution à avoir reçu un questionnaire des Etats-Unis, faisant acte de pression. En Europe, la plus grande menace actuellement est probablement de perdre l’accès à des banques de données très importantes aux Etats-Unis. Bien que les chercheur·euses réalisent des copies de ces bases, «cela ne peut pas remplacer la mise à jour quotidienne de ces bases de données», explique Walther Rosenthal. Luciana Vaccaro affirme: «Nous devons absolument devenir plus souverains. Nous devrions réfléchir en Europe, en tant que continent, à notre propre base de données, à nos propres clouds.»
Actuellement des étudiant·es et chercheur·euses d’Europe ne participent plus aux conférences qui ont lieu aux États-Unis, certain·es n’étant même pas autorisé·es à entrer sur le territoire américain. A l’inverse, des scientifiques américain·es n’ont pas été autorisé·es à venir en Europe.
Alors qu’il y a actuellement plus de demandes de candidatures en provenance des Etats-Unis, Luciana Vaccaro s’attend surtout à ce que «beaucoup moins de personnes de Suisse ou de l’UE aillent aux États-Unis». «Nous devons maintenant veiller à ce que les talents restent ici.» Pour Walther Rosenthal, l’Europe ne devrait pas «mener une guerre des talents» en s’efforçant d’activement attirer des scientifiques américain·es.
Walther Rosenthal affirme: «La science en Europe doit devenir plus attrayante. L’objectif de 3% n’est atteint que dans quelques pays de l’UE. Mais nous avons aussi trop de bureaucratie en Europe.»
De son côté, Luciana Vaccaro déclare: «Nous devons faire trois choses : premièrement, investir davantage dans la recherche, car il en va de notre souveraineté et de notre prospérité. […] Deuxièmement, nous devons protéger la liberté académique. Et troisièmement, nous devons continuer à mener une politique de portes ouvertes. 50% des professeurs des universités suisses sont des étrangers, dans les hautes écoles spécialisées, ils sont 30%. Nous avons un système de concurrence ouvert que nous devons maintenir.» Elle ajoute encore: «Le Conseil fédéral a proposé les mesures d’économie avant que la crise géopolitique ne s’aggrave. Je pense qu’à un moment où la souveraineté est globalement menacée, les réflexions seront différentes. Faire des économies aurait des conséquences dramatiques, et pas seulement pour les universités : L’économie manquerait de personnel qualifié.»
Finalement, les président·es d’université s’accordent sur l’importance des sciences humaines, alors que l’Europe ne semble «s’intéresser qu’aux disciplines techniques». Luciana Vaccaro déclare ainsi: «Le progrès le plus important du siècle dernier a été notre démocratie. Il y a cent ans, je n’aurais pu ni étudier, ni travailler, ni voter. Nous devons défendre cela. Ces jours-ci, nous voyons à quel point ces acquis sont fragiles. C’est pourquoi nous continuons à encourager fortement les sciences humaines en Suisse. L’éducation est la meilleure protection contre l’extrémisme.» Walther Rosenthal ajoute: «Je suis tout à fait d’accord. D’un point de vue global et chez nous aussi en Allemagne, de moins en moins d’étudiants choisissent ces matières. Cela me préoccupe. Pour comprendre la radicalisation politique, par exemple, nous avons besoin de sociologues et de psychologues. Et la société a également besoin d’études sur le genre, même si Trump ne veut pas l’admettre.»
8 Mai 2025
«Le CERN aimerait construire un nouveau collisionneur géant à la frontière franco-suisse. Au vu de son coût financier et écologique, un tel projet est tout bonnement ahurissant, juge notre chroniqueur Michel Huissoud, ex-Contrôleur général des finances à Berne, qui joint sa voix au concert de critiques.»
Le chroniqueur écrit: «Pour moi, le problème le plus grave est celui de l’héritage pour les générations futures. Après avoir creusé pour 6 milliards un tunnel de 90 kilomètres de long, le CERN va y enfouir à plus de 200 mètres de profondeur une usine souterraine pour plus de 30 milliards de francs. Qui la ressortira un jour? A quel prix? Et qui financera ce démantèlement? Ces questions essentielles n’ont hélas jamais été abordées. Une recommandation à nos décideurs: il faut exiger des garanties.»
2 Mai 2025
Le plan d’assainissement du canton de Fribourg, principal contributeur au budget de l’Unifr (près de la moitié du budget de l’institution d’environ 250 millions de francs), prévoit une réduction progressive du soutien alloué à l’institution, pour un total de 2,5 millions de francs sur 3 ans. Le projet comprend également un gel de l’adaptation des montants pour les bourses d’études.
«Chaque faculté a été sollicitée pour proposer des pistes d’économie», en plus d’une recherche vers d’autres sources de financement. «Les partenariats privés sont intéressants pour renforcer certains points forts que nous avons déjà», explique la rectrice de l’Unifr Katharina Fromm. «L’idée: séduire des entreprises prêtes à investir dans des domaines stratégiques ou dans des infrastructures, comme les bâtiments. […] Malgré les restrictions budgétaires, les taxes universitaires ne seront pas augmentées à la rentrée prochaine. […] Une décision qui pourrait être remise en question si la Confédération réduit à son tour sa contribution.» (frapp.ch)
Une séance d’information en présence de l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss aura lieu le 7 mai sur le campus afin de «mettre en valeur les apports de l’institution ainsi que l’engagement de sa communauté, […] cela afin d’éviter des mesures d’austérité».
1 Mai 2025
«Une coalition d’associations étudiantes, de chercheurs et chercheuses, de syndicats et de partis de gauche a vu le jour en Suisse romande pour combattre le programme d’allègement budgétaire 2027 de la Confédération. Elle a présenté lundi une résolution et annoncé des actions sur les campus et au niveau national. […] La résolution, soutenue par plus de 30 organisations, sera transmise au Conseil fédéral dans le cadre de la procédure de consultation.» (RTS) La coalition dénonce particulièrement la réduction de subvention au Fonds national suisse, la suppression de poste de jeunes chercheur·euses «dans un domaine où les conditions de travail sont déjà précaires», l’augmentation des taxes d’études, ainsi qu’une détérioration des conditions de travail. En parallèle du projet de coupes budgétaires fédérales soumis à consultation jusqu’au 5 mai, de nombreuses mesures d’économies se mettent actuellement en place dans les différents cantons romands. (Le Courrier)
«Des actions auront lieu ces prochaines semaines dans les universités de Genève, Fribourg, Lausanne et Neuchâtel. Elles consisteront notamment en des rassemblements et des stands d’information. Une grève étudiante aura lieu dans les HES genevoises. Une journée nationale d’actions est prévue cet automne.» (RTS) Une première manifestation a eu lieu mardi à Genève, où «un peu plus de cent personnes se sont réunies devant Uni Mail à la pause de midi sous le slogan «Stand up for science».» (Le Courrier)
«Contacté par Le Temps, Frédéric Herman, le recteur de l’Unil, assure que pour l’heure aucune augmentation des taxes (qui représentent 12 millions sur 700 millions de budget) n’est envisagée à Lausanne. «C’est toujours une mauvaise idée car ça transforme l’accessibilité aux études qui est une grande force et spécificité de la Suisse. En revanche, il ne faut pas fermer les yeux sur un avenir financier qui s’annonce particulièrement difficile, notamment sur le plan cantonal. Le Conseil d’Etat nous a déjà prévenus qu’il allait falloir économiser, mais pour l’heure nous n’en connaissons pas les grandes lignes.»» (Le Temps)
1 Mai 2025
Le Conseil fédéral s’est prononcé mercredi en faveur d’un référendum facultatif à propos du paquet d’accords avec l’UE. Ce dernier ne devrait être adopté qu’à la majorité du peuple, et non à la double majorité du peuple et des cantons. Le parlement fédéral a toutefois la compétence de décider d’un référendum obligatoire avec la double majorité. «Dans le détail, le Conseil fédéral soumettra au Parlement quatre arrêtés fédéraux distincts sujets au référendum: un sur la stabilisation des relations bilatérales et trois sur le développement de celles-ci dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’électricité et de la santé.» (RTS)
25 Avr 2025
Une tribune parue dans Le Temps plaide en faveur d’un développement des études asiatiques en Suisse, qui manque d’institutions académiques abordant spécifiquement la géopolitique et les relations internationales de la région. Il est actuellement possible d’étudier ces domaines seulement de manières limitée en Suisse : aux Universités de Zurich et Genève, et avec quelques académicien·nes seulement. «Le renforcement de l’expertise académique en études asiatiques n’est pas qu’une question d’éducation; c’est une question d’intérêt national», concluent les auteur·es. Ils·elles écrivent:
«Ce manque de compétences académiques expose le gouvernement suisse à des perceptions erronées et à des erreurs de jugement en matière de politique étrangère, de négociations commerciales et de relations diplomatiques avec l’Asie. Par ailleurs, la Suisse se doit d’adopter une position proactive vis-à-vis des tensions internationales dans la région, ce qui nécessite l’expertise d’appréhender les tendances et les scénarios futurs. Une telle attitude serait non seulement en phase avec la culture diplomatique suisse, mais éviterait également au pays de se cantonner à une position réactive, préjudiciable en cas de crise.
Pour combler le déficit d’expertise, les universités suisses doivent donner la priorité à la création de programmes d’études exhaustifs sur l’Asie. Cela implique de développer de nouveaux cursus spécialisés et des centres de recherche axés sur la géopolitique, les relations internationales, les sciences politiques, l’économie, l’histoire et les langues asiatiques. Le gouvernement suisse, pour sa part, se doit d’encourager la recherche sur l’Asie.»
25 Avr 2025
Depuis début 2025, le centre international de l’Institut du fédéralisme de l’Université de Fribourg n’est plus soutenu par la Confédération. Fin mars, la Commission des institutions politiques du Conseil national a proposé de ne pas renouveler son soutien financier. Le Conseil national doit encore se prononcer, puis le Conseil des Etats. Au début de l’année, l’institut est passé de 7,2 équivalents plein-temps à 4,8, et donc de 11 à 9 collaborateur·ices. Le centre international reçoit des délégations du monde entier qui s’intéressent au fédéralisme suisse. «Ses activités contribuent à la promotion de la démocratie et de la coexistence pacifique des peuples.»
«Le volet, pour lequel l’institut cherche un financement de la Confédération, concerne exclusivement les prestations de services, des missions qui se concentrent sur la promotion de la paix et des droits de l’homme. «Selon la Constitution, c’est une tâche de la Confédération»», explique le professeur de droit et codirecteur de l’Institut du fédéralisme Bernhard Waldmann. «Ce financement ne concerne en aucun cas la recherche ou l’enseignement, qui sont soutenus par la loi fédérale sur les hautes écoles. «Nous ne demandons pas un privilège pour l’Université de Fribourg», martèle-t-il.»
«D’autres voies doivent encore être analysées pour stabiliser le fonctionnement, en cas de refus de cette loi», estime la conseillère aux Etats, Johanna Gapany (PLR/FR). «Une alternative consisterait en la modification d’une loi existante, par exemple la loi fédérale sur des mesures de promotion civile de la paix et de renforcement des droits de l’homme», propose la conseillère d’Etat Sylvie Bonvin Sansonnens, vice-présidente du Conseil de l’institut. La recherche de donateurs constitue également une alternative, quoique fragile pour maintenir une équipe.
«L’Institut du fédéralisme poursuit actuellement l’accueil de délégations internationales, en s’appuyant sur ses réserves. Toutefois, la situation pourrait rapidement entraîner d’autres suppressions de postes.»
24 Avr 2025
Dès 2027, la Confédération devra payer 170 millions de francs pour participer à Erasmus+, «plus du triple de la solution nationale actuelle». «Le prix est élevé, mais l’offre est beaucoup plus large que celle d’une solution suisse», explique Olivier Tschopp, directeur de Movetia, l’agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le domaine de l’éducation, financée par la Confédération. (RTS)
A noter que le programme Erasmus+ «n’est pas seulement un programme de mobilité pour les étudiantes et étudiants des hautes écoles», mais «il comprend également la formation professionnelle, les activités de jeunesse extrascolaires et le sport.» (RTS)
24 Avr 2025
«Une enquête de la revue spécialisée Nature le montre : trois chercheurs américains sur quatre envisagent de quitter le pays. Sur les 1600 personnes interrogées, certaines ont expressément cité la Suisse comme destination souhaitée, indique la rédaction sur demande.» Le bz Zeitung für die Region Basel s’est demandé si la Suisse pouvait réellement accueillir de potentiel·les chercheur·euses, alors que plusieurs pays et institutions européens sont déjà à la recherche de talents américains, telles la Grande-Bretagne, la France, la Belgique et l’Allemagne.
Alors que les universités suisses misent actuellement sur une stratégie «passive qui vise à rendre la place scientifique aussi attractive que possible et à attirer ainsi les talents», les hautes écoles n’observent pas encore d’augmentation des candidatures en provenance des Etats-Unis. Bien qu’il soit possible que la longueur des procédures de nomination soit en cause, un chercheur américain «critique l’inflexibilité des nouvelles nominations : les universités suisses ne sont pas particulièrement prêtes à accueillir des étudiants – sauf si l’on apporte la renommée d’un Thomas Zurbuchen, ex-directeur de l’agence spatiale américaine Nasa, ou d’un Didier Queloz, prix Nobel de physique. Ces deux chercheurs ont été appelés à l’ETH Zurich.» Le chercheur américain reconnu ajoute que la Suisse offre peu de postes permanents, et qu’il «observe depuis longtemps un déséquilibre entre l’excellent encouragement des jeunes chercheurs et le manque de perspectives à long terme». Finalement, il n’existe pas en Suisse d’options pour les couples de chercheur·euses. «Aux Etats-Unis, le partenaire obtient souvent un poste». Le chercheur estime donc qu’«un exode vers la Suisse n’est pas réaliste».
Alors que le conseiller aux Etats Baptiste Hurni (PS/NE) avait demandé, dans une intervention parlementaire, au Conseil fédéral d’élaborer des mesures afin de faciliter la venue en Suisse de chercheur·euses américain·es, le conseiller national Fabien Fivaz (Les Verts/NE) estime l’idée intéressante, mais questionne sa pertinence dans un contexte des mesures d’économie massives dans la formation à partir de 2027. «Pourquoi les chercheurs devraient-ils venir chez nous si nous ne pouvons pas leur offrir de perspectives ?», demande-t-il.
24 Avr 2025
Une table ronde publique intitulée «L’envers du décor de la démocratie humanitaire» aura lieu le 3 mai à l’Université de Fribourg. Elle aura pour but «d’interroger la politique suisse face au génocide en Palestine, à travers ses responsabilités humanitaires, diplomatiques et politiques». Initialement programmé comme intervenant, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s’est retiré de l’organisation du débat «à la suite d’un désaccord sur son déroulement».
«En mars, le DFAE annonçait aux étudiants disposer d’un diplomate prêt à participer à une rencontre, mais sans la présence des médias.» Un membre de la coordination estudiantine pour la Palestine Fribourg (CEP Unifr) explique alors: «Nous avons alors demandé la tenue d’un procès-verbal, ce qui nous a également été refusé. C’est là que nous avons compris que le DFAE ne voulait pas d’un événement public, ce qui n’était pas négociable pour nous.» Cela «ne permettrait pas un débat démocratique». Nicolas Bideau, chef de la communication du département, répond: «En tant que Département fédéral des affaires étrangères, avec la participation d’un haut fonctionnaire en charge d’un dossier sensible, nous avons pour ce genre d’exercice besoin d’un format qui puisse promouvoir le dialogue ouvert ainsi que des échanges d’opinions.» Il précise que «les discussions avec les médias appartiennent à un autre registre que celui avec les étudiants».
Parmi les autres intervenant·es de la table ronde se trouvent un ancien ambassadeur de Suisse au Moyen-Orient, une juriste palestinienne et consultante aux Nations Unies, une personne membre du mouvement BDS – une organisation engagée pour les droits humains – ainsi qu’une professeure de droit international à l’Université de Fribourg (Unifr).
16 Avr 2025
La Confédération a planifié d’économiser, à partir de 2027, 460 millions de francs par an dans le domaine de la formation. Elle propose alors de doubler les taxes pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiant·es étrangers·ères.
Le recteur de l’EPFZ, Günther Dissertori, parle d’un «changement de paradigme». Il s’inquiète : «Cette mesure est un premier pas vers la privatisation du système éducatif». Pour lui, une telle décision devrait être prise dans le cadre d’un large débat de société, et non pas sur la base d’un exercice d’économie à court terme. «Tôt ou tard, nos universités s’aligneraient sur le système américain», affirme-t-il. «Si les étudiants payaient autant pour leur formation, ils s’attendraient également à recevoir un diplôme. Cela pourrait entraîner une baisse de la motivation des étudiants. «Ils deviennent des clients et des clientes – et l’université se retrouve dans l’obligation d’apporter quelque chose». Cela affaiblirait l’engagement élevé dont font preuve les étudiants de l’ETH aujourd’hui.»
«Si l’EPF veut se conformer aux plans de la Confédération, elle doit économiser 78 millions de francs au total. Comme l’Ecole polytechnique est également concernée par les coupes prévues dans le Fonds national suisse, Innosuisse et d’autres domaines, il manquerait au total jusqu’à 125 millions de francs.»
14 Avr 2025
Une jeune Gazaouie, après avoir obtenu, avant la guerre, «des résultats extraordinaires à son bachelor (95 sur 100)», a souhaité postuler pour un master à la Faculté de traduction et d’interprétation (FTI) de l’Université de Genève. Malgré son admission à l’Université, l’obtention de bourses d’études de près de 90’000 francs, et l’accord de l’Office cantonal de la population et des migrations à Genève, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) à Berne a annoncé son «intention» de s’opposer à cette demande.
«Ici, tout s’est mis en place. C’est une structure extrêmement compliquée à dresser, et ce veto du SEM est totalement incompréhensible. Il fait barrage à toutes les institutions qui soutiennent la jeune femme. De simples questions d’humanité devraient rendre certains choix évidents», explique Olivier Peter, choisi comme avocat par l’organisation Alama qui soutient l’étudiante. Le SEM motive sa décision entre autres par le fait que «le cursus retenu par la jeune femme pourrait être suivi ailleurs qu’en Suisse» et que «les probabilités de retour dans le pays d’origine à l’issue de ses études sont faibles».
«Cette «intention» du SEM est sujette à un «droit d’être entendu», qui pourrait encore l’infléchir et n’est donc pas définitive. Mais, au-delà du sort personnel de l’étudiante, elle a aussi de quoi heurter la volonté de l’Université de Genève. […] Soucieuse d’affirmer tout autant sa foi en la liberté académique que sa solidarité envers les universitaires de l’étranger (y compris de Gaza), elle a lancé toute une série de programmes – la Gaza Health Initiative, dispositif pour les chercheurs et chercheuses en danger – qui visent notamment à démontrer qu’elle n’est pas insensible à l’idée d’assumer son «rôle dans la cité».»