Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale en charge des finances, a commandé un rapport analysant le budget fédéral en vue d’un potentiel d’économies auprès d’un groupe d’experts dirigé par Serge Gaillard, ancien directeur de l’Administration fédérale des finances. Celui-cci recommande un quadruplement des taxes d’études pour les étudiant-es étrangers-ères du domaine des EPF et que ces frais soient également doublés pour les étudiant-es de Suisse.
Le président de lEPFL, Martin Vetterli, estime que sous cette prémisse du «financement par l’utilisateur» du domaine des EPF, avancé par le rapport, le système éducatif suisse serait mis sens dessus dessous. «Celui qui utilise un tel terme part du principe que les étudiants sont des générateurs de coûts. Jusqu’à présent, la Suisse les considérait comme un potentiel». La formation deviendrait ainsi un bien de luxe, comme aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Selon Martin Vetterli, «cela a conduit à l’élection de candidats populistes. Est-ce cela que nous voulons ?»
L’économiste libéral Reiner Eichenberger, de son coté, qualifie le financement des études d’«inefficace», «nécessitant une réforme» et plaide pour que tous les étudiant-es, d’ici et d’ailleurs, supportent la même part des coûts réels.