Pascal Gygax, psycholinguiste et lauréat du Prix Marcel Benoist, décrit les trois principaux défis, selon son point de vue, du paysage FRI d’ici 2035.
1.Résister aux mouvements anti-science
«[…] Les attaques de l’administration Trump en 2025 contre le monde scientifique nous choquent, mais la Suisse n’est pas en reste. Par exemple, le 2 mai 2022, lorsque des spécialistes du climat ont présenté leurs derniers travaux au parlement Suisse, deux tiers des politiques n’ont pas assisté à la rencontre. […] une partie de la population reste imperméable aux discours scientifiques et aux données probantes.»
2.Repenser un système académique médiéval
«Les institutions universitaires en Suisse […] sont régies par des castes et des hiérarchies qui ne reposent plus sur le mérite ou d’autres critères objectifs. C’est l’une des structures les moins horizontales que l’on puisse trouver, et cette structure n’est plus viable. […] Les décisions institutionnelles récentes visent à accroître cette précarité, prétendument pour générer de la concurrence et améliorer la production scientifique.Pourtant, peu de recherches corroborent l’idée que la précarité est bénéfique pour la science. En réalité, la précarité nuit à la science. Elle nous incite à nous focaliser sur des résultats à court terme, alors que nous avons besoin de projections scientifiques à long terme. Cependant, l’idée de la concurrence par la précarité s’est insidieusement ancrée dans notre culture.»
3.Se battre pour continuer de faire de la recherche et de l’enseignement de qualité
«Le corps intermédiaire supérieur, véritable pilier de la force académique, voit ses ressources de recherche diminuer. Dans certaines universités et facultés, il n’est plus rare de voir des membres du corps intermédiaire enseigner plus de 12 heures par semaine. Ces postes deviennent même majoritaires, transformant certaines universités en établissements d’enseignement secondaire glorifiés. Les récentes coupes budgétaires de la Confédération aggravent cette situation. […]. Nous devons également trouver de nouvelles formes d’enseignement, plaçant les étudiantes et étudiants au centre de l’apprentissage, diversifier les sources de financement et réinventer la valorisation des membres des hautes écoles. […]»
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