Une analyse inédite de Nature révèle les institutions où les rétractations sont les plus fréquentes. Les données de Retraction Watch indiquent une nette tendance à l’augmentation des rétractations au cours de la dernière décennie.
20 Fév 2025
20 Fév 2025
Une analyse inédite de Nature révèle les institutions où les rétractations sont les plus fréquentes. Les données de Retraction Watch indiquent une nette tendance à l’augmentation des rétractations au cours de la dernière décennie.
8 Oct 2024
Des fraudes scientifiques en neurosciences sont dénoncées en parallèle en Suisse et aux Etats-Unis. Il s’agit dans les deux cas d’accusations de manipulation et de réutilisation d’images.
Au cours de ces derniers mois, Ariano Aguzzi, une «coriphée» du domaine des prions de l’Université de Zurich, a dû retirer ou corriger certaines de ses publications. Alarmée d’irrégularités il y déjà quelques années, la direction de l’université n’avait toutefois pas pris de mesures, «ce qui s’avère aujourd’hui très discutable»selon le Sonntagsblick, «[c]ar quatre ans après la fin de l’enquête [M.] Aguzzi a dû retirer l’un de ses travaux, jugé pourtant conforme aux attentes («sauber») par la direction de l’université, quatre ans après la fin de l’enquête. Pour un autre travail, qui avait également reçu la bénédiction de la direction de l’université en 2020, une correction a été effectuée en été 2024.»
Une autre point critiqué par le SonntagsBilck, est qu’il aurait utilisé à tort un titre de «MD-PhD» dans sa signature e-mail, sur Twitter et dans ses publications scientifiques, alors qu’il n’aurait jamais suivi un programme PhD (il est titulaire d’un doctorat en médecine humaine et de plusieurs doctorats honorifiques). L’Université de Zurich estime que c’était une erreur de traduction par la faculté de médecine, pas la sienne.
Aux Etats-Unis, un chercheur est accusé par la revue Science d’avoir trafiqué des images dans ses recherches, relate la SRF. Les études portaient principalement sur les maladies de Parkinson et Alzheimer. Eliezer Masliah aurait réutilisé des images pour des expériences totalement différentes, et à «des dizaines d’années» d’intervalles. Pas moins de 132 articles sont concernés, ce qui remet dès lors en questions un grand nombre de résultats scientifiques de ce domaine. La question de savoir qui était complice de ces fraudes est soulevée dans la dénonciation de Science, mais reste ouverte.
3 Oct 2024
Le Neue Zürcher Zeitung (03.10.2024) publie un commentaire sur l’affaire Aguzzi (Études trafiquées à l’Hôpital universitaire de Zurich), qui plaide pour un nouveau système scientifique «qui récompense la diligence et la prudence et qui rende la fraude moins attrayante. » L’auteure donne également quelques pistes pour modifier le système d’aujourd’hui «qui incite trop à la manipulation et qui ne recherche pas assez les comportements erronés.» La veille (02.10.2024), le Neue Zürcher Zeitung écrivait que «les scientifiques qui évaluent une publication avant sa publication ne recherchent pas spécifiquement les falsifications. Ils s’intéressent plutôt à la question du sens et de la qualité des expériences réalisées et de leur interprétation.»
Le Tages-Anzeiger quant à lui donne la parole à Edwin Constable, ancien président du Groupe d’expert-e-s en intégrité scientifique, qui évoque également la pression sur les chercheur·euses quant au nombre de leurs publications. Il s’agit du syndrome dit «publish or perish».
3 Oct 2024
«Le monde de la recherche scientifique est confronté à un problème croissant de fraude et de mauvaise conduite, mettant en péril la fiabilité des connaissances produites. Des « détectives scientifiques » tentent de lutter contre ce phénomène, mais font face à de nombreux obstacles.»
30 Sep 2024
«L’Université de Zurich enquête depuis mars sur des soupçons de falsification de résultats de recherche à l’Institut de neuropathologie de l’Hôpital universitaire. »
15 Jan 2024
Selon Sophie Gremaud, auteure de l’article paru dans la Liberté et le Courrier, «les robots conversationnels sont capables de miracles sur les bancs académiques. ChatGPT est même un très bon élève, capable de passer avec brio certains examens et d’élaborer des présentations et des essais convaincants.» Elle a rédigé un tour d’horizon des pratiques en Suisse et constate: «Environ une année après l’apparition de ce parfait instrument de fraude dans la routine et le cartable des étudiants, force est de constater que les milieux académiques sont à la traîne.»
10 Jan 2024
L’Université de Saint-Gall, aussi nommé HSG, met fin à sa collaboration avec deux professeurs, dont le président de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement (ISCM) Wolfgang Stölzle. Les deux chercheurs sont accusés de manquements à l’intégrité scientifique.
En juin 2023 déjà, la HSG a retiré à Wolfgang Stölzle la direction de l’institut en raison d’une « culture de gestion problématique » et de conflits d’intérêts.
Selon l’enquête interne, l’autre professeur, un professeur titulaire, a utilisé à plusieurs reprises des parties de textes de travaux d’étudiants pour des publications personnelles sans référence correspondante. Il aurait également copié des expertises pour des thèses de doctorat qu’il supervisait «ce qui pourrait avoir pour effet d’invalider le titre de docteur» des personnes supervisés.
L’avocate des doctorant-es lesé-es Senta Cottinelli considère la décision de l’université comme un signe contre l’inégalité de pouvoir («Machtgefälle») qui régnait jusqu’à présent entre les professeurs et les doctorants. Les universités auraient le devoir d’intervenir auprès des professeurs fautifs. «Les professeurs ne doivent pas être de facto inamovibles», écrit-elle.
6 Déc 2023
En raison de l’inquiétude croissante face à l’IA et aux ghostwriters, une université pragoise ose une mesure radicale : elle veut supprimer complètement les travaux de bachelor.
Au lieu de cela, l’université prévoit d’orienter les exigences pour le diplôme de bachelor vers la pratique. Cela laisserait moins de place au plagiat et permettrait aux étudiants d’acquérir une expérience jugée plus utile pour leur future vie professionnelle.
29 Nov 2023
«Le nombre de chercheurs de haut niveau affiliés à des universités d’Arabie saoudite a fortement diminué, quelques mois après qu’il a été révélé que les institutions incitaient d’éminents scientifiques à l’étranger à déclarer une affiliation saoudienne – souvent en échange d’argent – dans le but d’améliorer leur classement.»
16 Juin 2023
Aux Etats-Unis, les fausses accusations de tricheries d’étudiants ayant eu recours à l’aide de l’intelligence artificielle sont de plus en plus nombreuses. L’auteur de l’article s’interroge sur les dispositions prises dans le monde académique suisse. Pour l’instant, les universités de Fribourg, Neuchâtel, Genève et Lausanne ne sont pas dotées de logiciels permettant de détecter l’usage de l’IA.
L’argument avancé est, qu’à l’heure actuelle, les systèmes de détection ne sont pas suffisamment fiables.
23 Déc 2022
«L’intelligence artificielle ChatGPT commence à être connue parmi les étudiants. Certains sont tentés de l’utiliser pour leurs travaux. Et les logiciels anti-plagiat ne semblent pas fonctionner.»
6 Déc 2022
Un professeur de Management de l’Université de Saint-Gall, accusé de plagiat (dont des auto-plagiats), est dorénavant accusé d’avoir publié au moins deux douzaines de travaux de fin d’études d’étudiants sous son propre nom. Les étudiant∙es concerné-es se sentent trompés et souhaitent se défendre : «C’est lamentable d’apprendre qu’on a été exploité par son propre professeur», a déclaré l’un d’entre eux. Des collègues professeurs de l’Université de Saint-Gall ont également sévèrement critiqué les agissements du professeur.
Le Journaliste du St. Galler Tagblatt Stefan Schmid que l’Université de Saint-Gall ne semble avoir rien appris de l’affaire des dépenses («Spesenaffäre»). Le recteur Bernhard Ehrenzeller devrait communiquer lui-même et mettre de la lumière sur cette affaire, par exemple sur la question pourquoi la commission d’enquête n’a jamais écouté le groupe d’étudiant-es qui a lancé l’alerte. Ces agissements seraient par ailleurs en contradiction avec le code de bonne conduite, qui dicte: «Nous attirons l’attention sur le fait que si certaines choses ne vont pas, et ne nous taisons pas.»
2 Déc 2022
Un professeur de l’Université de Saint-Gall est soupçonné par plusieurs expert-es d’avoir plagié «de manière systématique» dans sa thèse (qu’il a fait dans une université allemande). La NZZ am Sonntag avait traité ce sujet en octobre 2022. L’accusé est dorénavant aussi soupçonné d’avoir aussi plagié dans son travail d’habilitation, qu’il a déposé à l’Université de Saint-Gall. L’expert en la matière Stefan Weber estime que ce travail académique est «définitivement inadmissible», une évaluation que le professeur émérite en droit Thomas Geiser partage: «On ne peut pas utiliser les mêmes données scientifiques («Erkenntnisse») aussi bien pour la thèse de doctorat que pour l’habilitation.»
L’Université de Saint-Gall dit qu’elle n’a pas vérifié s’il y a eu de plagiat dans ce doctorat, mais l’habilitation aurait été évaluée pendant neuf mois dans une commission de recherche, qui n’aurait pas trouvé de comportement scientifique incorrect. Stefan Weber estime que c’est un mauvais signe («eine Beerdigung erster Klasse») «pour la place scientifique suisse et pour l’université.»
Selon les recherches de ce journal, le Conseil de l’Université était au courant dès décembre 2021 des accusations, et qu’il a même pu devenir chef de l’institut depuis. Le porte-parole de l’Université de Saint-Gall Joachim Podak riposte que l’université a pris «très au sérieux» les accusations., un expert externe renommé aurait été consulté, et le recteur aurait juste suivi les recommandations de la commission de recherche.
13 Juin 2022
Les hautes écoles suisses ont élaboré un codice pour la recherche en collaboration avec swissuniversities, le Fonds national suisse et Innosuisse, un garde-fous dans le traitement des annonces d’erreurs ou de falsifications.
La juriste Regina Aebi-Müller de l’Université de Lucerne a participé à la rédaction de ce code. Selon elle, «Un point de discussion litigieux lors de la rédaction a été le traitement des informateurs anonymes». Il n’est toutefois pas certain que les universités divulguent les annonces d’études erronées. Car pour les universités, les erreurs dans leurs contributions scientifiques peuvent signifier une grande perte de réputation. «Les universités décident elles-mêmes si elles veulent divulguer des procédures et lesquelles.»
L’Université de Lucerne voit plutôt l’avantage des déclarations anonymes et a mis en place une sorte de boite aux lettres pour des lanceurs d’alerte anonymes qui transmettent les informations aux services et personnes compétents. Le chargé de communication Lukas Portmann déclare : «Les principes de procédure énoncés dans le règlement, notamment aussi la confidentialité de la procédure, permettent toutefois d’atténuer les effets négatifs. De plus, le principe de la présomption d’innocence s’applique.»
1 Juin 2022
Une étude publiée aux Pays-Bas démontre que plus de la moitié des 6800 scientifiques interrogé-es dans les universités néerlandaises commettent régulièrement des fautes professionnelles légères. Il s’agit notamment de la dissimulation de résultats négatifs d’études, de l’encadrement insuffisant de jeunes chercheur-euses et de l’absence de documentation. Concernant les faux-pas volontaires et graves, une personne sur douze admet avoir commis de la falsification d’images et de résultats, de la manipulation du déroulement de la recherche ou du plagiat.
En Suisse, les chiffres précis sur la mauvaise conduite scientifique ne sont pas enregistrés de manière centralisée. Les universités décident elles-mêmes si et quelles procédures elles veulent rendre publiques. Selon la juriste Regina Aebi-Müller de l’Université de Lucerne, il n’est pas dans l’intérêt des hautes écoles d’exposer les erreurs. La crainte d’une atteinte durable à l’image de marque est trop grande.
Si par contre une infraction n’est pas constatée dans sa propre haute école, mais dans une demande de financement de la recherche, une procédure incombe au promoteur. Le Fonds national suisse (FNS) a mis en place un organe de contrôle qui vérifie chaque année 5 % des demandes d’encouragement soumises. Dans l’échantillon de 2020, le FNS a contesté l’intégrité de 20 des 357 demandes contrôlées, mais n’a sanctionné que trois personnes.
27 Jan 2022
Selon une enquête parue en janvier, menée auprès de 1800 doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s, 21% des répondants disent avoir vu une tierce personne s’attribuer le fruit de leurs travaux. Souvent un encadrant, comme le note Colin Lemée, président de l’association Doctopus. Selon une doctorante, ces abus découlent en partie de l’«hyperconcurrence», due au manque de postes chroniques à l’université. Et de la nécessité pour les encadrants de s’assurer que chacun de leurs doctorant-e-s ait des résultats à présenter, «quitte à piller ceux d’autres jeunes chercheurs.»
A la rentrée 2021, le Réseau national des collèges doctoraux, [une organisation française] a mené une enquête auprès de plus de 11’500 doctorant-e-s. 15% des personnes interrogées se disent insatisfaites ou très insatisfaites de la manière dont leur directeur veille à ce que leurs travaux soient bien crédités.
Par ailleurs, selon la première enquête susmentionnée, 20% des répondants disent avoir subi du harcèlement moral, le plus souvent perpétré par l’encadrant de la thèse.
18 Jan 2022
«La science n’échappe pas à la tricherie. Le nombre de publications malhonnêtes explose. Mais ces arnaques intellectuelles sont de plus en plus souvent dénoncées.»
2 Déc 2021
Le nouveau code d’intégrité de l’Association suisse des sciences montre quels sont les principes de base à respecter et comment agir en cas de violations. Il a été présenté à Berne et a été débattu «de manière engagée». Astrid Epiney, Rectrice à l’Université de Fribourg, évoque que la Conférence des recteurs des hautes écoles suisses est en train d’élaborer les conditions-cadres pour un centre de compétences avec un pool d’expert·e·s susceptibles de mener des enquêtes. Elle ajoute: « En Suisse, un tel centre de compétences ne pourrait toutefois qu’avoir une fonction de soutien. Pour des raisons juridiques, l’institution concernée doit mener elle-même les investigations et décider des mesures à prendre.»
25 Nov 2021
Malcom Macleod, directeur académique pour l’amélioration et l’intégrité de la recherche l’Université d’Edimbourg et professeur en neurologie et neuroscience translationelle, estime que les universités devraient se concentrer sur des mesures pour améliorer l’intégrité de la recherche plutôt que l’intégrité des chercheur-e-s. «Si la qualité du travail de chaque scientifique pouvait être améliorée ne serait-ce qu’un peu, l’impact global sur l’intégrité de la recherche serait énorme. Je me suis efforcé de comprendre comment les institutions peuvent encourager des améliorations progressives et de grande envergure. Deux choses sont nécessaires : un changement collectif de mentalité et une évolution vers des mesures appropriées.»
24 Nov 2021
Le 1er novembre 2021, la HES-SO a officiellement adopté le Code d’intégrité scientifique national ainsi que son propre plan d’action en la matière.