Pendant la pandémie de coronavirus, le Fonds national suisse (FNS) a engagé plus de 45 millions de francs suisses en faveur de 114 projets de recherche sur le Covid-19. Il tire un bilan des recherches financées.
7 Sep 2022
7 Sep 2022
Pendant la pandémie de coronavirus, le Fonds national suisse (FNS) a engagé plus de 45 millions de francs suisses en faveur de 114 projets de recherche sur le Covid-19. Il tire un bilan des recherches financées.
12 Août 2022
«L’histoire fait scandale. Un doctorant suédois de l’Université de Manchester a publié au mois d’avril 2022 un article qui cause quelques émois. Son auteur travaille sur l’expérience de lecteurs de mangas «shota», un sous-genre dédié à la représentation érotique ou pornographiques de petits garçons. Au motif de mieux appréhender son sujet d’étude, il a lui-même passé trois mois à se masturber en lisant des shota amateurs, avant de publier le compte-rendu de ses tribulations solitaires dans la revue Qualitative Research. […] L’épisode interroge une nouvelle fois sur le processus d’édition scientifique, censé garantir qu’une recherche a été menée avec diligence et dans le respect des standards éthiques.»
14 Juin 2022
Le baron deben John Selwyn Gummer, ancien membre du cabinet de Margaret Thatcher, qui est depuis 2012 président du Comité britannique sur le changement climatique (CCC), a adressé une lettre à la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga (PS) et la présidente du Conseil national Irène Kälin (Vert-e-s). L’affaire concerne la suppression de l’organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC), par la conseillère fédérale l’année dernière.
Une motion du Conseiller aux États Othmar Reichmut (Centre), soutenu par des milieux économiques, demande la création d’une nouvelle commission d’experts. Le Conseil des Etats a soutenu cette motion en février, contre le gré de Simonetta Sommaruga. Le Conseil national votera sur cette motion la semaine prochaine.
John Selwyn Gunner dit qu’il a bien collaboré avec l’OcCC et indique que sa suppression est plutôt en contrecourant par rapport à d’autres pays. En tant qu’ancien ministre, il est convaincu qu’un organe consultatif indépendant du point de vue statutaire (comme le CCC), aide les gouvernements à mener une politique meilleure et plus efficace, d’autant plus que si son mandat concerne l’ensemble du gouvernement, et non seulement le ministère du Climat. Cette idée d’un groupe de réflexion de scientifiques multidisciplinaires avait déjà été avancée par Thomas Stocker en automne 2021 (NZZ am Sonntag).
Mais Simonetta Sommaruga a décidé autrement, en signant un contrat sur deux ans avec la plateforme Proclim de l’académie des sciences naturelles.
Reto Knutti, professeur pour la physique du climat à l’EPFZ, regrette cette décision «insuffisante»: la plateforme serait «sans visage» et «n’a pas la valeur, la la visibilité et le caractère obligatoire d’un organe doté d’un mandat et d’une mission claire de communication.» Il estime par ailleurs qu’il y a une fossé qui s’est creusé entre politique et sciences.
30 Mai 2022
«En théorie, les connaissances scientifiques doivent servir la décision politique. Mais dans la pratique, les relations entre les chercheurs et les décideurs sont parfois houleuses. Ce que sont venues rappeler la pandémie de Covid-19, bien sûr, mais aussi les crises du climat et de la biodiversité. Comment pacifier les relations, et s’assurer que la courroie de transmission des savoirs soit la plus efficace possible en cas de crise? L’Académie des sciences naturelles (Scnat) revenait, avec un panel d’experts de haut niveau, sur les clés d’une collaboration réussie entre le système politique suisse et ses experts scientifiques à l’occasion d’un événement organisé fin mai.»
24 Fév 2022
Un récent article souligne les dangers du scientisme. «Ce qui, à première vue, peut ressembler à un attachement certes excessif, mais inoffensif, peut tout à fait nuire à la société.» La philosophe Susan Haack voit l’un des problèmes de ce mode de pensée dans « l’incapacité ou la réticence à percevoir la faillibilité, les limites et les dangers potentiels de la science ».
L’auteur de l’article de la NZZ observe depuis deux ans une escalade du camp des scientistes avec des personnes à la mentalité anti-sciences. «Les voix modérées ont de plus en plus de mal à se faire entendre dans ce genre de discussions. Ces deux camps auraient en commun qu’ils comprennent mal le caractère et les limites de la science. […] Les performances authentiques des sciences humaines et sociales, par exemple, ne peuvent pas être obtenues par des moyens scientifiques – sans parler des performances artistiques.»
24 Jan 2022
Dans la chronique d’invité de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), le professeur d’histoire Caspar Hirschi se penche sur la division quotidiennement faite entre ami·e·s et ennemi·e·s de la science et relève son caractère absurde. Selon le professeur de l’Université de Saint-Gall (HSG), il n’est pas possible et surtout pas souhaitable de se positionner pour ou contre la science, car cette dernière englobe tous les phénomènes mondiaux. Plutôt, il faut garder un regard critique sur la position de la science dans la crise climatique.
Le fait que les personnes soient plus que jamais divisées en «ami·e·s et en ennemi·e·s» de la science est lié aux distorsions idéologiques autour du changement climatique, argumente-t-il. «Il y a là une ironie particulière, car le réchauffement climatique est un cas d’école de la manière dont la science doit être considérée de tous les côtés d’un problème. Aussi indispensable qu’elle soit pour surmonter la crise climatique, elle a été à l’origine de sa création. Sans ses connaissances, il n’y aurait pas de moteurs de combustion, [etc.].». Pour Caspar Hirschi, le rôle de la science pour le monde actuel consiste essentiellement à trouver des solutions qu’elle a elle-même créées.
21 Déc 2021
Markus Müller, Professeur en droit public à l’Université de Berne et co-initiant de l’Appel international pour la préservation de l’indépendance scientifique , aussi appelé «Zürcher Appell» (2013), estime qu’une recherche indépendante est le meilleur moyen pour se protéger contre les fake news, théories du complot, fraudes, mensonges et manque de respect envers des scientifiques qui peuvent gagner de l’importance en temps de crise. A son avis, la «force protectrice» d’un contrat qui assure l’indépendance de la recherche ne suffit pas: «Le problème principal est l’influence subtile et indirecte sur l’inconscience des chercheuses et chercheurs. Le grand public y est très sensible. Pour lui, la simple apparence de la dépendance suffit pour douter sérieusement de la crédibilité de l’institution de recherche. […] Si on veut une science qui persiste aussi en temps de crise, on doit en prendre soin en amont.»
20 Déc 2021
Le sociologue allemand Alexander Bogner met en question la positon forte de la science pendant la pandémie.
Il questionne notamment le fait que les chefs d’état en Allemagne et Grande-Bretagne se sont souvent présenté à coté de scientifiques quand ils ont présenté leurs décisions concernant la pandémie. Cela donnerait l’impression que les scientifiues se sont accaparés des scientifiques. «Une politique qui suit entièrement la sciences casse la démocratie.»
2 Déc 2021
«La crise sanitaire a mis en lumière le fossé entre la communauté scientifique et le grand public. A l’heure des théories du complot et de la méfiance à l’égard des progrès technologiques, il est plus que nécessaire de bâtir une société de la connaissance.»
Le Monde présente, entre autres, l’Espace Mendès France, qui, dans la lignée de sa démarche d’éducation populaire, «expérimente des ateliers pour apporter la science au plus près du terrain» et un programme de dialogue entre chercheur-e-s et lycéen-ne-s (le Pacte mondial des jeunes pour le climat). Dans un article, Véronique Kleiner, médiatrice scientifique, parle de sa stratégie pour atteindre un public d’agriculteurs-rices ou de familles du cru pour des événements de médiation scientifique: «Nous faisons de la science sans en avoir l’air.»
29 Nov 2021
Cem Gabay, doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, estime que la crise sanitaire a dévoilé «dans certains cercles» la méfiance envers les sciences. Face à cela, il rappelle le «devoir essentiel de l’université: l’ouverture vers la cité dans toutes ses incarnations, politiques, ou associations, mais aussi et surtout la population, et notamment la jeunesse. Pour cela, nous devons faire l’effort de communiquer plus, mieux peut-être, et différemment. Nous devons faire notre révolution culturelle en apprenant à dialoguer au-delà de nos canaux habituels. C’est cela, aussi, la science ouverte.»
18 Oct 2021
Une enquête internationale menée par la revue scientifique Nature montre la fréquence à laquelle les chercheur·euse·s qui s’expriment publiquement sur la pandémie sont souvent menacé·e·s et insulté·e·s. 321 chercheurs·euses, pour la plupart de Grande-Bretagne, d’Allemagne et des États-Unis, ont répondu aux questions. Les résultats montrent que 15 % ont reçu des menaces de mort, 22 % des personnes interrogées ont fait état de menaces de violence. Puis, 80 % ont été victimes d’attaques personnelles et de tentatives de dénigrement de leur crédibilité sur les médias sociaux.
Ce phénomène n’est pas nouveau, explique Konstanze Marx, titulaire de la chaire de linguistique allemande à l’Université de Greifswald. «Mais la pandémie a agi comme un miroir ardent. Toutes les dynamiques que nous avions déjà décrites dans le cadre de nos recherches sont maintenant apparues en grande concentration et à la vitesse de l’éclair.» Elle estime qu’il est nécessaire d’agir sur le «climat général du discours». Selon elle, il s’agit de reconstruire un climat favorable à la science.
Susan Michie, professeure pour la psychologie de la santé au University College de Londres, estime qu’un signal du gouvernement serait important, comme par exemple une stratégie officielle « zero tolérance » par rapport aux menaces envers les chercheurs qui entrent dans des débats publics.
7 Oct 2021
«Pour [le prix Nobel] Didier Queloz, qui prononcera samedi le principal discours de clôture du sommet [global du Geneva Science and Diplomacy Anticipator], la crise du coronavirus a montré clairement les besoins de la science. «Comment peut-on en arriver à ce que 40% des Suisses ne veuillent pas se faire vacciner? Nous avons perdu le contact avec la société», juge M. Queloz, qui blâme aussi les scientifiques qui n’arrivent pas suffisamment à expliquer
Pour lui, il faut davantage comprendre comment une population réagit psychologiquement et socialement. Le monde scientifique doit aussi être mieux représenté parmi les parlementaires ou ceux qui gouvernent.
[…] Dans sa nouvelle activité à l’EPFZ, le Prix Nobel veut lutter contre un autre fossé, celui entre les différentes disciplines scientifiques qui empêchent certaines possibilités de recherche. Il veut par exemple mettre en réseau l’astrophysique, la chimie et la biologie.»
30 Sep 2021
Cinq ans après la première Déclaration de Prague, qui mettait en garde contre «les les solutions simplifiées et le populisme croissant», «le danger est toujours là et la démocratie, la tolérance, l’humanisme et l’ouverture d’esprit sont toujours menacés», ont annoncé les cinq groupes universitaires signataires de la deuxième Déclaration de Prague le 27.09.2021.
«La limitation des libertés académiques dans certains pays, le populisme, les restrictions causées par la pandémie, la remise en cause des experts, sont autant de sujets qui sont passés au premier plan.»
La déclaration a été signée par des représentants de l’Université Charles, du groupe Coimbra, de l’Association européenne des universités (EUA), d’Europaeum, de la Ligue des universités de recherche européennes et du groupe Unica [dont fait partie l’UNIL].
28 Sep 2021
«Le public accorde une grande confiance dans la parole des scientifiques. Mais cette dernière est influencée par le contexte politique, d’après une étude franco-américaine. Pour la préserver et éviter qu’elle ne soit contaminée par une méfiance envers les gouvernements, l’indépendance académique est la clé.»
8 Juin 2021
Les expositions scientifiques Phänomena (1984) et Heureka (1994) avaient connu un franc succès à Zurich. La prochaine édition de Phänomena se tiendra pendant six mois en 2023. Environ un million de visiteurs·euses sont attendu·e·s.
Initialement, la nouvelle édition de Phänomena de 2023 aurait dû avoir lieu dans la ville de Zurich aussi, mais le conseil municipal de Zurich a trouvé des failles dans le concept, le sponsoring et le financement et n’a pas souhaité mettre le site prévu à disposition. Alternativement, la ville de Dietikon (ZH) a été choisie pour accueillir cette exposition scientifique nationale.
Pour le maire de Dietikon, Urs J. Müller, cela représente une énorme opportunité pour la ville. Pour cette édition, les thèmes centraux seront la durabilité, la recherche sur le climat, l’intelligence artificielle et la nutrition. Par ailleurs, plusieurs universités, HES et une HEP, le Cern et le Laboratoire fédéral suisse d’essai des matériaux et de recherche (Empa) contribueront également à l’exposition.
25 Mai 2021
Dans l’émission alémanqiue Gredig direkt, le Conseiller fédéral en charge de la santé Alain Berset affirme ne pas avoir assez remis la science en question lors de la première vague. La déclaration concerne essentiellement la question autour de la nécessité du port du masque en début de pandémie. De nombreux·euses scientifiques avaient alors déconseillé le porte du masque pour la population générale. Ce n’est qu’en début juillet que le masque s’est imposé étape par étape dans la vie quotidienne.
Cette affirmation suscite de vives réactions parmi les scientifiques du pays qui mettent en avant que la question centrale de la transmission du virus par aérosol n’était pas encore une évidence à ce moment là et par conséquent la pertinence du port du masque non plus. Les autorités politiques et sanitaires auraient alors un peu trop aveuglement suivi les propos de certain·e·s scientifiques, sans prendre en compte les débats au sein de la communauté.
L’épidémologiste Christian Althaus se plaint également que la déclaration du Conseiller fédéral s’apparente à un framing délibéré. Dans un fil de 11 tweets, l’ancien membre de la task force scientifique tente à clarifier la position du groupe de travail. Il stipule que l’avantage des masques était principalement contesté par les autorités sanitaires et par l’ancien chef du département des Maladies transmissibles, Daniel Koch. Ce dernier refute la critique, mais est également en désaccord avec l’admission d’Alain Berset.
21 Mai 2021
Alain Berset a reconnu jeudi soir avoir commis des erreurs dans la lutte contre le coronavirus. «Je n’ai pas assez remis en question la science au début», a-t-il déclaré sur les ondes de la SRF, lors de l’émission « Gredig direkt » (à partir de minute 15). « Cela nous a amenés à prétendre que les masques pouvaient même être nuisibles », a-t-il indiqué.
Les anciens membres de la task force Covid-19 Dominique de Quervain et Christian Althaus indiquent via Twitter que cette position sur les masques n’était pas une position «des sciences» (ou de la task force), mais une de l’office [fédéral] pour la santé publique.
24 Mar 2021
Selon l’article de la NZZ, le Département de la communication de l’Université de Berne a développé un classement interne pour la production [d’articles] d’actualité scientifique. Les articles qui aident à positionner l’Alma mater comme université de pointe ou qui soutiennent les valeurs de l’Université (crédibilité, confiance de soi, ouverture, passion, etc.) reçoivent le plus de points et seront communiqué plus largement.
Selon l’auteur de la NZZ, «Cette «économie planifiée» de marketing («Marketing-Planwirtschaft») signifie que les résultats de la recherche communiqués par l’université sont uniquement au service de la gestion de sa réputation. […] L’Université de Berne […] franchit une ligne rouge. […] Un sujet pertinent pour la société mais qui ternit l’image de l’uni recevrait peu de points aurait peu de visibilité ou ne serait pas publié du tout. [… ] Les news scientifiques de l’Université de Berne deviendraient ainsi des fake [news].»
22 Déc 2020
17 Déc 2020
«La crise sanitaire Covid-19 est-elle aussi celle d’une explosion de la défiance envers les sciences? Il n’en est rien: la confiance accordée par la population suisse à la science et à la recherche a augmenté pendant la pandémie: elle atteint 67% cette année, contre 56% en 2019. C’est la conclusion du Baromètre scientifique suisse, réalisée par l’Institut pour les sciences de la communication et la recherche sur les médias (IKMZ) de l’Université de Zurich en collaboration avec l’université de Münster.»