«Pour protéger la liberté et l’objectivité scientifiques, un collectif de chercheurs, dont des Prix Nobel, incite à faire barrage au Rassemblement national lors des législatives [en France]».
26 Juin 2024
26 Juin 2024
«Pour protéger la liberté et l’objectivité scientifiques, un collectif de chercheurs, dont des Prix Nobel, incite à faire barrage au Rassemblement national lors des législatives [en France]».
21 Juin 2024
L’Institut historique allemand de Moscou (DHI), fondé en 2005 et faisant partie de la fondation Max Weber, «mettait en réseau des scientifiques allemands et russes» et jouait un rôle clé dans la recherche sur l’histoire soviétique et les victimes du régime nazi. Le DHI a été contraint de «fermer ses portes» par le ministère russe de la Justice, qui l’a déclaré «organisation étrangère indésirable». Cette décision s’inscrit dans une vague de répressions contre les organisations étrangères en Russie, accusées de «[menacer] la stabilité politique et la souveraineté de la Russie». Depuis 2015, la Russie a inscrit plus de 160 organisations étrangères sur une liste noire, incluant des fondations américaines, britanniques, polonaises, ukrainiennes et allemandes. Travailler pour ces organisations peut coûter aux scientifiques russes jusqu’à quatre ans de prison, laissant ainsi les chercheur·es russes isolé·es et «[rendant] également impossible les perspectives russes dans les débats occidentaux». Le ministère des Affaires étrangères à Berlin a critiqué cette décision, la voyant comme une preuve de la «peur de Poutine face à un débat scientifique sur l’histoire».
20 Juin 2024
Sabine Döring, secrétaire d’État chargée de l’enseignement supérieur en Allemagne, doit démissionner pour avoir donné « l’impression » que le ministère avait cherché à déterminer s’il était légitime de («if it had grounds to») supprimer les subventions accordées aux signataires d’une lettre ouverte soutenant les manifestants pro-palestiniennes de l’Université libre de Berlin.
11 Juin 2024
Pascal Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, rappelle que le débat sur la liberté académique n’a rien de neuf. «L’Allemagne était convaincue que la science et la politique pouvaient être soigneusement séparées. Les libéraux suisses étaient moins puristes. Pour eux, la liberté académique était aussi un instrument permettant d’imposer leur agenda progressiste contre les forces conservatrices et ecclésiastiques.»
Moins brutal qu’à l’époque du Putsch de Zurich 1839, «les positions [à l’heure actuelle] sont autant plus confuses. Au lieu de critiquer la Bible, les amis des Palestiniens veulent bannir le sionisme de l’université et leurs plus farouches opposants le post-colonialisme. Les deux groupes invoquent la liberté de la science, le premier en surchargeant le concept de manière politique, le second de manière puriste. Pour renforcer la liberté de la science, nous aurions besoin aujourd’hui de plus de libéraux conséquents comme le conseiller d’Etat Charles Neuhaus [qui s’opposait à l’idée d’avoir des professeur-es qui sont des «simples valets»] et de chercheurs audacieux comme le critique biblique [David Friedrich] Strauss» qui, en 1839, avait interprété les miracles de Jésus comme des mythes en utilisant des méthodes philologiques et critiques, provoquant la colère des théologiens fidèles à la Bible.
5 Juin 2024
Les récentes occupations propalestiniennes à l’Université de Lausanne (Unil) ont suscité des discussions au Grand Conseil vaudois. Un amendement de Fabien Deillon (UDC/VD) a demandé l’interdiction de ces manifestations, invoquant la nécessité de maintenir «la sérénité au sein de l’institution» et la neutralité religieuse et politique à l’université. Néanmoins, cette proposition a été critiquée par plusieurs député·es, surtout de gauche, qui y ont vu une atteinte aux libertés fondamentales, telles que les «libertés d’expression, de réunion ou académique». L’amendement a été refusé par 94 voix contre, 26 pour et 7 abstentions.
4 Juin 2024
«L’université se considère comme un espace soumis à l’unique règle de la liberté académique […]. En même temps, l’histoire de cette institution se caractérise par une forte composante politique qui l’a souvent située dans l’opposition, la résistance». L’historien Olivier Meuwly retrace ainsi la naissance des mouvements révolutionnaires dans les universités, qui commencèrent en Allemagne au XIXe siècle. Il écrit en guise de conclusion: ««Plus de liberté!», réclamèrent tous les étudiants en révolte. Mais contestation et exigence de liberté sont-elles forcément synonymes? «Die Gedanken sind frei», susurrait un vieux chant estudiantin allemand, mais le sont-elles encore quand le mouvement woke dicte sa définition de l’oppression, s’appropriant au passage la cause palestinienne? La liberté contiendrait-elle un droit à l’intolérance que les universités, dans leur histoire, se sont pourtant fait la gloire de pourchasser?»
28 Mai 2024
«La Direction de l’UNIL s’est engagée, le 15 mai dernier, à créer une cellule d’expert∙e∙s qui évaluera les collaborations avec des instituts scientifiques en contexte de conflit armé sous l’angle de l’éthique, de l’intégrité scientifique, du droit international et de la liberté académique, ainsi qu’à inciter ses chercheuses et chercheurs à faire preuve de la plus grande diligence dans leurs collaborations scientifiques en cours avec un pays en contexte de conflit armé.»
13 Mai 2024
Le journaliste Philippe Reichen du Tages-Anzeiger estime que les manifestants pro-palestiniennes se trompent de cible et devraient plutôt manifester devant l’ambassade ou consulat israélien qu’à l’université parce qu’ils ternissent la réputation des universités en tant que forum de débat. «Et ils ont ignoré le principe fondamental de la liberté académique : à savoir que la liberté d’une université consiste à entretenir des échanges avec d’autres universités, à condition que les étudiants et les professeurs respectent les valeurs académiques et l’ordre juridique en vigueur.»
7 Mai 2024
Le recteur de l’Université hébraïque de Jérusalem parle dans une interview du succès des programmes pour favoriser les échanges entre les étudiant-es israéliens juives et arabes israéliens (17% des étudiant-es). 7000 étudiant-es avaient été appelés à l’armée. Le recteur affirme qu’il n’a pas eu vent d’un seul conflit [entre entre israéliens juifs et israéliens arabes].
Il est convaincu que la liberté académique n’est pas atteinte et évoque une commission disciplinaire qui a examiné des plaintes par rapport à des propos tenus par des étudiant-es sur la guerre.
3 Mai 2024
Reinhard Schulze, islamiste et professeur émérite de l’Université de Berne, est convaincu qu’un combat culturel s’est développé dans les universités américaines, qui détermine de plus en plus les travaux scientifiques spécialisés et qui affecte également les réseaux universitaires. «Les associations professionnelles se sentent obligées de prendre parti sur le plan politique et invoquent parfois même des justifications tirées de leur canon de recherche», explique-t’il. «Cela a pour conséquence que des approches tout à fait fructueuses d’un point de vue scientifique, même dans le domaine des études postcoloniales, apparaissent soudain chargées et sont coincées dans le schéma polarisé. Cette guerre culturelle empêche le progrès dans les sciences humaines et sociales».
1 Mai 2024
En février – mars 2024, plus de 1000 scientifiques [dont 531 de Suisse] ont signé une lettre ouverte à leurs organes de direction et aux médias exprimant leur inquiétude quant à la liberté de recherche, qu’elles estiment menacée par la pression du public sur l’enseignement et la recherche. «Ils appellent les directions des universités à renoncer à l’autocensure et demandent aux médias de rendre compte de manière différenciée et éclairante des domaines de recherche qui traitent de manière critique des structures de pouvoir, de l’attribution des rôles sociaux et des inégalités sociales.»
Paul Messerli, professeur émérite de l’Institut géographique de Berne, ancien doyen et président de la plateforme «recherche orientée» du FNS, avance: «Les sciences humaines remettent en question des opinions largement répandues. Souvent, les résultats de telles recherches soulèvent des questions sur la culpabilité historique et actuelle, qu’il s’agit ensuite d’assimiler socialement et politiquement, ce qui débouche bien souvent sur des hostilités et des remises en question des sciences humaines critiques. […] Il ne faut pas que, par autocensure, des thèmes de recherche disparaissent de l’agenda pour éviter le débat public. […] L’agitation politique, c’est-à-dire la promotion de positions idéologiques et politiques, n’a pas sa place à l’université, mais l’éclairage critique de ces positions sur la base de connaissances scientifiques, oui. Les représentant-es des académies sont appelés à faire de l’activisme politique, c’est-à-dire à transférer personnellement des connaissances scientifiques dans la politique, l’administration et la société. Car ils sortent ainsi de leur tour d’ivoire, cherchent le dialogue et se mettent au service de la société.»
16 Avr 2024
Caspar Hirschi, professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, estime que tout le monde s’entend comme défenseur de la liberté académique. Mais «[f]aire usage de la liberté de la science ne signifie […] pas donner des slogans préconçus sur l’actualité politique du haut de la chaire. Il s’agit plutôt d’orienter et d’aiguiser l’intérêt pour la connaissance de manière à ce qu’elle puisse faire mal, et pas seulement aux autres, mais aussi à soi-même. Or, il est frappant de constater que les controverses actuelles sur les prétendues violations de la liberté académique ne portent pas du tout sur sa signification au sens strict de la Constitution fédérale.
Rares sont ceux qui se plaignent d’être limités dans leur propre recherche et leur enseignement.» Mais pendant que la liberté académique au sens stricte «annule» des conflits de valeur en privilégiant des valeurs scientifiques par rapports aux valeurs politiques ou religieuses, «Les sanctions infligées par les directions des universités pour des déclarations publiques faites par des universitaires dans le cadre d’appels collectifs ou de tweets personnels sont presque exclusivement des pierres d’achoppement. […] Ils concernent la liberté scientifique au mieux dans le sens large de la liberté d’expression démocratique. […] Dans la présentation polarisante de cas individuels que nous devons subir quotidiennement depuis la récente escalade du conflit au Proche-Orient, cela passe complètement inaperçu. Nous sommes contraints à l’état abrutissant de la prise de parti immédiate. Au cœur de ce conflit de valeurs se trouvent des disciplines relativement récentes telles que les études postcoloniales, les études de genre et certaines parties des sciences climatiques qui se considèrent comme « activistes ». […] Pour eux, la recherche est indissociable des revendications politiques. Cela repose sur la constatation – correcte – que les valeurs scientifiques ne sont jamais totalement indépendantes des préférences idéologiques, et sur la conclusion – erronée – que les valeurs scientifiques ne peuvent pas non plus prétendre à une validité autonome. C’est pourquoi les chercheurs activistes lient directement des valeurs politiques telles que la diversité, l’anti-discrimination ou la justice climatique à la valeur scientifique de la critique et la prennent «à une courte laisse» idéologique. Celui qui refuse cette étroitesse de la critique peut être boycotté en même temps comme non scientifique et réactionnaire. Les défenseurs classiques de la liberté scientifique s’y sont opposés, mais ont à leur tour pris plaisir à boycotter les boycotteurs, ce qui a permis aux chercheurs activistes de redécouvrir la liberté scientifique à leur profit. Mais son véritable objectif a été perdu de vue depuis longtemps dans ce spectacle indigne de l’annulation («Cancel-Spektakel»).
15 Avr 2024
Andreas Faller est membre du comité d’initiative de l’initiative populaire «Oui à la sécurité de l’approvisionnement médical». L’objectif est de lutter contre la pénurie croissante de médicaments en Suisse. Le comité a sollicité le soutien du groupe des sciences pharmaceutiques {FG Pharma), une association regroupant tous les étudiant-es en pharmacie de l’Université de Bâle, qui a exprimé son soutien sur Instagram. Cependant, l’université a rapidement réprimandé l’association, arguant que la promotion d’une initiative politique sur les réseaux sociaux était contraire à ses directives. Andreas Faller qualifie cette décision comme «aléatoire», affirmant que l’initiative est «neutre» et bénéficie d’un large soutien. Cette controverse survient dans un contexte où la journaliste estime que c’est «depuis le début de la guerre au moyen-orient» que les universités suisses sont de plus en plus prudentes quant à leurs déclarations politiques en ligne, une théorie qui est partagée par le porte-parole de l’Université de Bâle Matthias Geering. Selon lui, une université, en tant qu’organisation du savoir, devrait adopter une position de désescalade et non prendre position. «Cela vaut en principe aussi pour les débats politiques en Suisse» et «Les incidents survenus dans le département Urban Studies ont montré qu’il était important de faire une distinction claire entre les prises de position personnelles et les prises de position institutionnelles.» Andreas Faller a en revanche souhaité une approche plus nuancée de la part de la direction de l’université. «Notre initiative n’a absolument rien à voir avec le problème de l’antisémitisme à l’Université de Bâle, et pourtant nous avons maintenant un dommage collatéral».
8 Avr 2024
Selon un indice annuel «élaboré par plus de 2300 experts à partir de données récoltées dans 179 pays […] la liberté académique est «globalement menacée à travers le monde» : […][s]eule une personne sur trois vit dans un pays garantissant l’indépendance de la recherche et des universités». Ce sont les résultats que des chercheur·es de l’université de Göteborg et de la Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg ont présenté dans le cadre du rapport annuel sur la démocratie de l’Institut suédois V-Dem. «[L]es auteurs du rapport […] notent une sérieuse détérioration dans des pays très peuplés, dont la Chine, la Russie et l’Inde […] [mais] l’index révèle un décrochage depuis 2019 du score des États-Unis […] [puisque] les campus universitaires sont devenus des arènes où cette polarisation [politique et sociétale] se déploie.»
3 Avr 2024
Hanna Hilbrandt, Professeure de géographie sociale et de recherche urbaine à l’Université de Zurich, Carolin Schurr, Professeure de géographie sociale et culturelle à l’Université de Berne et Claske Dijkema, chargée de cours à l’Institut pour la diversité sociale et culturelle de la Haute école spécialisée bernoise, se penchent sur le débat qu’il y a autour des relations entre la science, la société et l’activisme politique.
Si les médias qualifient souvent les collaborations entre universités et société d’«activisme académique» et les directions des universités les qualifient souvent comme «idéologiques», les trois académiciens pensent que ces critiques «[ne sont] pas seulement contradictoire[s], [elles ignorent] également l’état de la recherche accepté au niveau international. Les collaborations science-pratique ont été fortement encouragées par l’État, les universités et le secteur privé au cours de la dernière décennie.»
Les trois académiciens tiennent a rappeler que «[l]es principes directeurs des universités suisses ne définissent pas seulement la liberté académique comme base centrale de l’innovation scientifique. Ils soulignent également la responsabilité de l’université d’aborder les questions de société. La collaboration transdisciplinaire avec différents groupes y apporte une contribution essentielle.»
27 Mar 2024
Depuis deux semaines, deux agent-es de sécurité sont devant la porte lorsque l’historien et directeur adjoint du Centre d’études juives Erik Petry donne son cours sur Israël à l’Université de Bâle. Devant l’amphithéâtre, des tracts ont été distribués – ce qui est interdit à l’Université de Bâle – et des slogans ont été criés par des membres de la Marxist Society. La situation ne s’est pas détendue, car mercredi dernier, à la fin du cours, une personne s’est levée dans l’amphithéâtre, a critiqué le cours et a lancé des slogans.
Erik Petry affirme que les incidents actuels créent une ambiance tendue au sein de l’amphithéâtre. «L’université est un safe space. Un lieu protégé où des questions critiques sont discutées et où les étudiants devraient se sentir en sécurité. […] J’observe en ce moment une discussion très polarisée. Il me semble que beaucoup de choses, qui ont toujours été là, sont maintenant rendues publiques. Cette pensée en noir et blanc n’est pas nouvelle. Depuis le 7 octobre, les gens sont émotionnellement plus bouleversés. Beaucoup manifestent leur solidarité pour un côté sans voir la perspective de l’autre côté. Je suis effrayé par l’antisémitisme qui s’exprime actuellement. Mais je ne peux pas dire que cela me surprenne.»
Erik Petry prend par ailleurs la défense du Directeur du institut Swisspeace Laurent Goetschel. Il s’était prononcé en défaveur de l’interdiction du Hamas, ce qui fait comme réaction que le Canton de Bâle-Campagne a cessé de financer l’institut. «Laurent Goetschel est une voix importante dans le discours actuel. On peut discuter de ses déclarations, mais cette réaction de la part de la politique n’est pas compréhensible.»
Dans l’article il y a une publicité pour un débat public sur le sujet de la liberté académique, qui aura lieu à Bâle le 17.04.2024.
26 Mar 2024
L’Université de Berne s’exprime sur la lettre ouverte « Pour la défense de la liberté académique en Suisse« . «La présentation de certaines circonstances dans la lettre ouverte est unilatérale et occulte des faits. […] L’Université de Berne n’observe aucune érosion de la liberté académique en son sein. La liberté de l’enseignement et de la recherche est en tout temps garantie à l’Université de Berne. Indispensable pour toute université, cette liberté telle qu’elle a été définie doit être protégée et défendue. Tous les collaboratrices et collaborateurs de l’Université doivent y prendre part.»
Par ailleurs, l’institut d’études du Proche-orient avait été dissout «Sur la base des conclusions du rapport d’enquête administrative […]. […] [L’université] répond ainsi à la demande d’en élargir l’objet de recherche et d’enseignement, qui était auparavant très étroit, et de placer le domaine d’études dans un contexte plus large incluant la recherche, la langue et la perspective historique. La dissolution de l’ISNO n’entrave pas la science et l’enseignement, mais, au contraire, en élargit l’horizon et en renforce la diversité. »
22 Mar 2024
Interview de Marianne Hall, déléguée à l’intégration à l’université de Genève.
20 Mar 2024
«Initiée le 27 février en réaction à des sanctions disciplinaires prises après le massacre du Hamas, une lettre ouverte signée par 500 universitaires suisses, dénonce les «attaques médiatiques et politiques contre les sciences sociales et humaines». Le rectorat de l’Université de Genève réagit.»
13 Mar 2024
A l’occasion de la publication de l’ Academic Freedom Index 2024, Die Zeit a interviewé son éditrice Katrin Kinzelbach.
Cette dernière constate «depuis le pic en 2006» une perte globale de liberté académique. En 2006, la moitié de la population vivait dans un pays où la liberté académique est bien, voire très bien protégée. Aujourd’hui, cela s’applique à seulement un tiers de la population. En effet, la liberté académique se trouve au même niveau qu’en 1973 : 45% des personnes vivent dans un pays où la liberté académique est complètement restreinte.
En Allemagne, qui est toujours très bien placée, sans changement, mais en Hongrie, Autriche et aux Pays-Bas, l’autonomie institutionnelle aurait baissé de manière significative, c’est-à-dire qu’il y a eu plus d’ingérence dans les affaires universitaires. En Pologne, la situation semble se détendre.
L’index prend en compte cinq dimensions :
Pour chaque pays, dix experts remplissent des questionnaires standardisés.
Katrin Kinzelbach avance que souvent, des atteintes à la liberté académique vont de pair avec une polarisation sociale ou politique, mais qu’il y a des exceptions (par exemple par rapport à la Thaïlande).
Les Etats-Unis seraient, par ailleurs, «entrée dans une spirale descendante», puisqu’il y a eu des atteintes à l’autonomie institutionnelle et dans certains états c’est l’état qui décide sur le contenu des cours. En même temps il y a une polarisation extrême «et toute sorte d’acteurs essaient d’imposer leur agenda ».
Dans dix pays, la situation s’est améliorée en 2023, mais dans certains grands pays (e.g. en Inde), la situation a empiré. Mais il y a des signes avant-coureurs que la spirale négative «ralentit». «En 2024, il y a des élections dans 24 pays. Cela va être intéressant.» Le débat public sur les droits de l’homme, qui a longtemps tourné autour des sujets de la liberté de presse, la liberté de réunion et les élections libres, mais dorénavant, les sujets de la liberté des universités, de l’enseignement et de la recherche sont évoqués, ce qui rend Katrin Kinzelbach optimiste. Par ailleurs, il y a dorénavant des programmes de protection pour des chercheur-es en danger, des meilleures données et les ministères des sciences la contactent régulièrement pour savoir comment améliorer leur place dans l’index.