Le Conseil fédéral a présenté ses lignes directrices concernant l’IA, affirmant le besoin d’adaptations législatives sectorielles. Des projets de consultations sont attendus pour fin 2026.
14 Fév 2025
14 Fév 2025
Le Conseil fédéral a présenté ses lignes directrices concernant l’IA, affirmant le besoin d’adaptations législatives sectorielles. Des projets de consultations sont attendus pour fin 2026.
13 Fév 2025
A la place d’un déficit de CHF 2,6 milliards de francs, les comptes de la Confédération en 2024 n’ont finalement qu’une petite insuffisance de CHF 80 millions de francs. La présidente de la Confédération et ministre des Finances Karin Keller-Sutter se dit «soulagée et satisfaite» de cette correction de 1,3%. Ces résultats, meilleurs qu’escomptés, sont principalement dus à une hausse des recettes (produit de l’impôt fédéral direct, de la TVA et de l’impôt anticipé, négociation des sociétés de l’énergie et des matières premières du canton de Genève) ainsi qu’au report de certaines dépenses extraordinaires, comme un versement pour les CFF. Cette nouvelle implique que le budget 2026 ne connaîtra pas de nouvelles coupes. Néanmoins, «un programme d’allègement budgétaire est toujours nécessaire», car les dépenses de deux domaines sont actuellement en augmentation: l’AVS ainsi que l’armée. Des recettes supplémentaires serviront également à la contribution obligatoire au programme Horizon Europe. La planification de coupes dans le domaine de la recherche et de la formation est donc maintenue. Largement critiquées par les acteurs et actrices du paysage académique, ces coupes risquent de mettre en danger la prospérité suisse et d’augmenter notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, ce à quoi Karin Keller-Sutter répond: «on ne coupe pas, on freine la croissance» (Forum). La présidente de la Confédération explique que ce domaine a bénéficié d’une croissance durant ces dernières années, et qu’il connaîtra sûrement également une croissance après 2027. Elle ajoute que ces plans d’économies sont nécessaire afin d’éviter des hausses d’impôts.
Chez Les Vert·e·s, le conseiller national Gerhard Andrey (FR) avance que «les coupes massives annoncées sont totalement erronées», et exige du gouvernement qu’il retire «son paquet d’économies pour investir dans l’avenir, soit dans la protection du climat, les crèches, la formation et la coopération internationale» (Le Temps). Du côté du parti libéral-radical, le sénateur Pascal Broulis (PLR, VD) défend le programme d’allègements budgétaires, «peut-être dans une ampleur restreinte par rapport à ce qui a été proposé par le Conseil fédéral» (Le Temps). L’UDC est également favorable aux coupes envisagées, comme le souligne le conseiller national Yvan Pahud (VD): «c’est aujourd’hui qu’il faut prendre des mesures. Demain, ce sera trop tard» (24 heures).
13 Fév 2025
«Le fait que la Confédération et le canton de Fribourg prennent simultanément des mesures d’économie est une constellation difficile pour nous», constate Katharina Fromm, rectrice de l’Université de Fribourg. En effet, sur les 312 millions de francs que l’Université de Fribourg a dépensés au total en 2023, 114 millions ont été apportés par le canton et 44 millions par la Confédération. 63 millions provenaient de la compensation intercantonale.
Les financements provenant du Fonds national suisse (FNS) pourraient être diminués de CHF 3,7 millions de francs prochainement pour l’Université de Fribourg. Pour pallier ces réductions de dépenses pour les hautes écoles, le Conseil fédéral souhaite que les instituts de recherche et les entreprises s’associent. Jusqu’à présent, les entreprises prenaient en charge 40 à 60% des coûts des projets. Désormais, elles devront le faire à hauteur d’au moins 50%. «Si l’économie se porte bien, c’est réalisable, mais si l’économie ne va pas bien, comme c’est le cas actuellement, on peut se demander si cette mesure est vraiment judicieuse», commente Katharina Fromm. Sans compter le fait que ces collaborations nécessitent parfois un temps de lancement relativement long, «pouvant s’écouler jusqu’à deux ans». Le Conseil fédéral exige finalement des étudiant·es qu’ils·elles paient des taxes d’études plus élevées.
Face à la pression des économies de la Confédération et du canton, l’université ne pourra pas éviter de réduire ses dépenses. «Nous devrons certainement passer par les comptes en interne», l’une ou l’autre coupe douloureuse dans les facultés et l’administration centrale ne pourra pas être évitée, affirme la rectrice.
A noter que le producteur de matériaux de construction Holcim et l’assureur La Mobilière ont conclu l’année dernière un partenariat avec l’Université de Fribourg. A la question de savoir si l’université pourra ainsi compenser la perte des fonds fédéraux et cantonaux, la rectrice Katharina Fromm répond: «les fonds de la Confédération et du canton sont affectés aux tâches fondamentales de notre université. Le soutien des entreprises est en revanche complémentaire. Il nous aide à développer nos forces actuelles et à faire avancer des projets de recherche interfacultaires.»
Les mesures d’économie de la Confédération et du canton pourraient également avoir des répercussions importantes sur les quatre hautes écoles spécialisées (HES) fribourgeoises dans les domaines de l’ingénierie et de l’architecture, de l’économie, de la santé et du travail social. «Des turbulences seront inévitables», lâche le directeur général Jacques Genoud. En effet, environ 80% du budget de ces HES provient de fonds publics, «un tiers provient de la Confédération et deux tiers des cantons», explique le directeur. D’une manière générale, il s’attend à ce qu’il devienne plus difficile de financer des projets de recherche. «Le financement disponible par des tiers devrait diminuer et la concurrence entre les universités et les écoles techniques devrait augmenter.» Une compensation complète par le biais d’un soutien supplémentaire du secteur privé est plutôt improbable : «le secteur privé lui-même connaît des difficultés», conclut-il.
13 Fév 2025
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniennes occupés depuis 1967, devait s’exprimer à l’Université libre de Berlin (FU). Suite à la demande du maire de Berlin, Kai Wegner (CDU), l’université a décidé d’annuler cet événement «pour des raisons de sécurité». Kai Wegner, lui, parlait d’une «honte», car Francesca Albanese s’était «fait remarquer dans le passé par sa haine d’Israël et sa minimisation de l’organisation terroriste du Hamas».
Un autre événement avait déjà été annulé à l’Université Ludwig Maximilian de Munich (LMU). En réaction, des membres de l’Université de Munich avaient lancés une pétition en faveur de sa venue : «Cette annulation crée un dangereux précédent pour les universités, un précédent dans lequel le fait d’ignorer les avocats internationaux spécialisés dans les droits de l’homme et les représentants des Nations Unies devient une réalité et peut être répété. L’article 5 de la constitution allemande protège la liberté « des arts et des sciences, de la recherche et de l’enseignement » et, en tant qu’université financée par des fonds publics, la LMU, comme toutes les autres universités allemandes, doit respecter le principe de la liberté académique. Les universités doivent rester des bastions de la liberté d’expression et les échanges universitaires ne peuvent être soumis aux caprices d’une administration ou d’une autre. L’intégrité académique de la LMU est en danger.»
Le professeur qui avait invité Francesca Albanese à venir parler à Berlin, le philosophe et chercheur en sciences sociales Robin Celikates, trouve la décision de l’Université libre «très inquiétante» et un danger pour la démocratie.
Pour lui, les reproches adressés à Albanese s’inscrivent dans la lignée d’autres attaques contre l’autonomie des universités et la liberté scientifique ainsi que contre les principes et les institutions du droit international dans le monde entier. «Où, si ce n’est à l’université, une discussion ouverte et critique et un échange scientifique sur les questions fondamentales de l’approche juridique, politique et sociale de la violence guerrière devraient-ils être possibles ?», demande-t-il. Le fait que certaines personnes ne s’indignent pas de la destruction presque complète de Gaza, mais de ceux qui y font allusion, en dit «long sur la conception de la morale et du droit de ceux qui veulent empêcher de telles discussions».
Le Netzwerk für Wissenschaftsfreiheit («Réseau pour la liberté des sciences») critique la raison invoquée par la LMU de Munich pour annuler la conférence de Francesca Albanese. Le fait qu’une conférence soit intégrée dans une conférence scientifique est secondaire pour déterminer s’il s’agit d’une conférence scientifique. Néanmoins, il n’y voit pas une violation de la liberté scientifique.«D’une part, l’université a le droit et l’obligation d’empêcher la commission de délits tels que l’approbation de délits selon l’article 140 du code pénal. D’autre part, il existe de sérieux doutes quant au fait qu’il se serait agi d’une conférence scientifique. Un tel discours se caractérise par le fait qu’il diffuse des connaissances scientifiques et ne se contente pas de prendre parti unilatéralement dans un conflit politique. L’accusation de génocide, en particulier, doit être étayée par des arguments, car l’opinion dominante dans le monde scientifique ne part pas du principe d’un génocide. Chez certains critiques de l’annulation, mais pas tous, l’invocation de la liberté scientifique semble en outre peu crédible, car ils appellent eux-mêmes au boycott d’autres conférences ou nient le phénomène de l’annulation de conférences, ou diffament la discussion à ce sujet en la qualifiant de récit de droite.»
12 Fév 2025
Les acteurs et actrices du paysage académique se mobilisent face aux mesures d’économie prévues dans la formation et la recherche scientifique (plus de 460 millions de francs par an dès 2027). Ils et elles demandent au Conseil fédéral de revoir ses plans.
«Les économies dans la recherche et la formation renforcent la pénurie de personnel qualifié. Elles nuisent à l’économie et à la société suisses», affirme Michael Hengartner, président du Conseil des EPF au micro de la SRF. «Sélectionner les talents sur une base économique, je ne pense pas que ce soit le bon plan», affirme Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities dans le 19h30. «C’est un investissement, un franc investi dans la recherche et la formation en rapportera 5 à l’économie», ajoute-t-elle au micro de Forum. «Les taxes d’étudiant·es marqueraient de plus davantage de dépendance à des fonds extérieurs. L’autonomie des universités est une garantie de la qualité de la recherche. Ces investissements participent à notre souveraineté technologique (cybersécurité, IA, médicaments, etc.). On a pris pour acquis les investissements faits ces dernières années dans la recherche, alors que c’est un effort qui doit perdurer», conclut-elle.
Yves Flückiger, président de l’Académie suisse des sciences, fait part de sa «profonde inquiétude» en matière de concurrence internationale et de compétitivité de la Suisse. «On doit davantage dialoguer avec la société et la politique, pour montrer ce que le domaine FRI apporte.» (Le Temps, Arcinfo)
11 Fév 2025
Une alliance scientifique entre swissuniversities, le Conseil EPF ,le FNS, les Académies suisses des sciences et Innosuisse, met le Conseil fédéral en garde contre une réduction des moyens alloués à l’éducation et contre une augmentation des taxes d’études, qui «auraient des conséquences drastiques pour l’économie et la société suisses». Elle lui demande de revoir en conséquence le paquet d’allègement budgétaire présenté fin janvier. Ce dernier prévoit des coupes dans la formation, la recherche et l’innovation à hauteur de plus de 460 millions de francs par an. (SRF)
L’Union des Etudiant·es de Suisse (UNES) avait déjà pris position en fin janvier et a lancé une pétition contre l’augmentation des taxes d’études.
11 Fév 2025
Des scientifiques suisses de renom, tels que Reto Knutti (professeur titulaire au département des sciences des systèmes environnementaux, ETHZ), Tanja Stadler (professeure titulaire et directrice adjointe au département des sciences et de l’ingénierie des biosystèmes, ETHZ), ou Matthias Egger (chef de groupe de recherche, VIH, hépatite et tuberculose, Université de Berne) ont signé avec 931 collègues une pétition lancée contre les économies prévues dans le domaine du journalisme scientifique à la SRF.
Les signataires, demandant une réévaluation des économies, argumentent ainsi leur incompréhension et leur inquiétude :
10 Fév 2025
[A partir de 11:19.] La Confédération doit faire des économies et le Conseil fédéral souhaite économiser environs 3,6 milliards de francs dans le budget de 2026. Parmi les nombreuses mesures, certaines touchent les hautes écoles.
La rectrice de l’Université de Bâle Andrea Schenker-Wicki n’est pas enchantée [«not amused»] par ces mesures, estimant que l’éducation et la recherche sont centrales pour la Suisse. «Nous sommes très bien positionnés, et [pour le rester], cela demande toujours des efforts de tous les côtés, pas seulement de la Confédération, mais également des cantons.»
En ce moment, la Confédération finance les universités à 20%, c’est à dire 120 millions. Le rapport d’un groupe de travail propose aux universités de doubler les taxes d’études (environs 1’500CHF en moyenne) pour faire face aux coupes fédérales.
La rectrice souligne que les taxes d’études ne sont pas une compétence de la Confédération, mais une compétence des universités, HES et des cantons. «La Confédération n’a rien à dire à ce sujet.» Les mesures à prendre pour faire des économies sera décidé entre hautes écoles et les cantons. «C’est une situation totalement confuse, rien n’est clair et je ne veux pas peindre le diable sur la muraille.» Par ailleurs, si on veut continuer de garantir l’égalité des chances et augmenter les taxes d’études, les bourses d’études devraient ensuite être augmentées. Et cela aurait comme conséquence que les cantons financent ce que la confédération a fait comme économie. «Nous ne savons pas comment les étudiant·es réagiraient [à une hausse des taxes d’études]. Nous sommes un petit pays, nous avons besoin de personnel qualifié de l’étranger. Nous devons rester attractifs, dans le pays et à l’étranger.»
Le deuxième grand poste du paquet de mesures d’économie de la Confédération concerne la recherche. 130 millions de francs devraient être économisés dans la recherche fondamentale. Pour tous les établissements d’enseignement supérieur à forte intensité de recherche ceci «n’est pas une bonne idée» souligne la rectrice. Ce sont des investissements à long terme dans le futur. Andrea Schenker Wicki est très préoccupée par ce manque de financement, qui aurait un impact partout en Suisse.
10 Fév 2025
Le conseiller fédéral Albert Rösti (UDC) a déjà annoncé, en guise de contre-projet à l’initiative de l’UDC qui vise à réduire la redevance de moitié, qu’il voulait réduire la redevance radio-TV de 335 à 300 francs. C’est entre autres pour cette raison que la SSR doit économiser environ 270 millions d’ici 2029. Sa directrice générale Susanne Wille a récemment calculé que cela pourrait coûter environ 1000 emplois dans ce domaine.
La rédaction scientifique de la radio SRF est particulièrement touchée: le budget du personnel doit être réduit d’environ un tiers. Le «magazine scientifique» disparaîtra complètement en 2026. Le rédacteur scientifique Christian von Burg a fait part de son désarroi sur Linkedin: «On arrache ainsi le cœur de la rédaction scientifique de la SRF».» En effet, leurs recherches ne sont pas seulement pertinentes pour le public spécialisé, mais sont également utilisées dans des formats d’actualité tels que «Echo der Zeit», «Rendez-vous», «Tagesschau», «10 vor 10». Plusieurs scientifiques interrogés par le Wissenschaftsmagazin regrettent cette décision.
7 Fév 2025
Lors d’un débat d’experts sur l’impact de la géopolitique sur la recherche, deux sujets ont été beaucoup discutés.
6 Fév 2025
A l’occasion du 60e anniversaire du Conseil suisse de la science (CSS). Luciana Vaccaro, rectrice des HES-SO et présidente de swissuniversities, décrit les trois principaux défis selon son point de vue pour le domaine de la recherche et l’innovation d’ici 2035.
6 Fév 2025
L’État de Vaud dévoile un projet de nouveau bâtiment dédié à la Haute école pédagogique (HEP-Vaud). Situé à proximité du futur siège de la Haute école de santé Vaud (HESAV), du Centre coordonné de compétences cliniques et de logements pour étudiants aux Côtes de la Bourdonnette, sur la commune de Chavannes-près-Renens, ce bâtiment viendra renforcer un pôle d’enseignement et de recherche en plein essor. «Sa structure hybride mêlera du bois scolyté issu des forêts vaudoises, béton recyclé et acier pour réduire son empreinte écologique, tandis que des panneaux photovoltaïques, installés sur le toit et les façades, assureront une grande partie de son autonomie énergétique. […] Sous réserve de l’approbation par le Grand Conseil du crédit d’investissement nécessaire, les travaux pourraient commencer en 2026, avec une mise en service envisagée pour 2028» (Bluewin). Le projet sera prochainement mis à l’enquête publique.
6 Fév 2025
Alice Weidel, première candidate à la chancellerie de l’AfD, a annoncé lors de la convention fédérale du parti qu’elle souhaitait abolir les études genre et virer les professeur·es concerné·es. Sociologue à l’Université de Munich, Paula-Irene Villa Braslavsky dénonce tout d’abord un manque de compréhension, surtout dans le monde scientifique, du fait que de telles déclarations touchent directement «certain·es d’entre nous, les universitaires», en particulier car de nombreuses personnes du domaine scientifique n’auraient jamais subi d’attaques aussi existentielles et directes.
Elle indique que «les études genre sont depuis longtemps devenues un symbole […] sur lequel on projette tout et n’importe quoi», alors qu’il y aurait pourtant de nombreuses questions à débattre -sur l'(in-)activisme de la science, son utilité, son (a-)politisme, etc. Elle précise que des notions comme le genre peuvent également être utilisées par le monde politique uniquement de manière stratégique et opportuniste, «parce qu’elles fonctionnent».
Pourquoi les études genre sont vues comme un ennemi ? Pour deux raisons principalement, affirme la chercheuse. «D’une part, le terme «études genre» est associé à une sorte de contrôle d’État réalisme socialiste-RDA-soviétique, la science comme «programme de rééducation totalitaire». D’autre part, le terme est considéré comme le symbole d’une décadence de prospérité négligée de l’Occident capitaliste, comme l’expression d’un efféminé démasculinisant, comme quelque chose d’artificiel, d’étranger, d’élitiste.» Néanmoins, la chercheuse reconnait que certains aspects peuvent s’avérer tout de même critiquables dans les études de genre. «Parfois, le champ semble trop auto-justifié, et parfois je nous trouve aussi trop activistes ou imprécis.»
Pour la défense du domaine, la sociologue compare la recherche sur le genre à la recherche fondamentale. La question de l’utilité est importante, mais elle passe à côté de l’objectif de la science. Elle ajoute que la science fonctionne comme la culture : si elle veut être bonne, elle a besoin d’un espace de liberté. D’un point de vue plus pragmatique, Paula-Irene Villa Braslavsky explique que «nous avons explicitement besoin des études de genre parce qu’elles nous aident à comprendre dans quelle mesure le genre joue -ou ne joue pas- un rôle dans notre vie, dans notre monde.» Finalement, la chercheuse conclut l’interview ainsi : «Nous devons faire comprendre à la société que les attaques politiques contre la science – contre les professeur·es, les champs de recherche ou les institutions – sont des attaques contre les principes fondamentaux d’une démocratie plurielle et basée sur l’Etat de droit.»
4 Fév 2025
«En Europe et dans le monde entier, la liberté académique – et son proche parent, l’autonomie institutionnelle – sont de plus en plus sous pression. Pour l’Association des universtés européennes (EUA), il est essentiel de soutenir les universités en tant qu’acteurs centraux de la protection et de la promotion de la liberté académique. Dans cette prise de position, l’EUA propose des conseils concrets et pratiques sur la manière dont les universités peuvent protéger et renforcer la liberté académique.»
4 Fév 2025
«Ils utilisent la peur pour nous faire taire» : Deux scientifiques expert-es en changement climatiques expriment des stratégies différentes pour survivre au programme qualifié «anti-science» du président américain Donald Trump. Rose Abramoff, professeure assistante à l’Université de Maine, avait déjà constaté pendant la dernière présidence de Trump que les scientifiques s’autocensuraient. «C’est devenu une nécessité professionnelle. […] Nous, les chercheurs en général, faisions beaucoup d’obéissance anticipée».
Un fonctionnaire anonyme de l’agence pour la protection de l’environnement EPA, qui a demandé à rester anonyme, a fait l’expérience qu’une grande partie de leur travail a été «pratiquement bloquée» pendant les quatre années où Trump était au pouvoir. «Même si Trump, Musk, Kennedy et d’autres membres du camp MAGA se présentent comme des champions de la liberté d’expression, ce fonctionnaire a constaté un effet de refroidissement contre toute référence au changement climatique causé par l’industrie des combustibles fossiles.
«Nous avons dû parler du travail différemment », expliquent-ils. Personne n’a utilisé le mot «climat». Tout le monde s’est contenté de parler des résultats du travail sur le climat («climate work»), sans nécessairement nommer le climat tel qu’il est, si cela a un sens.» Rose Abramoff y ajoute: «Dans nos nouvelles propositions [de recherche], nous dirions par exemple «nous étudions la variabilité du climat» plutôt que «la science du climat» ou «la santé des sols» plutôt que «l’impact du climat sur le cycle du carbone dans le sol»».
24 Jan 2025
En octobre dernier, la députée Françoise Savoy interrogeait le bien-fondé du partenariat entre Holcim et l’Université de Fribourg, craignant notamment qu’une telle collaboration ne soit pas compatible avec les engagements de l’Université. Selon elle, Holcim fait partie des cent entreprises les plus polluantes de la planète, et fait l’objet de poursuites judiciaires. «Le Conseil d’Etat n’a pas son mot à dire sur la collaboration entre l’Université de Fribourg et le cimentier Holcim», a désormais répondu l’exécutif. «Le canton rappelle que l’institution dispose d’une personnalité juridique propre, ce qui la rend autonome dans la gestion de partenariats publics-privés, qu’elle régit selon des chartes et des directives internes.» (La Liberté) Le Conseil d’Etat soutient, de plus, que les fonds tiers, provenant d’entreprises privées comme Holcim, «constituent un pilier important» pour financer les universités. Cette collaboration avec Holcim aurait été faite «en respectant les dispositions applicables», et serait totalement compatible avec les engagements de l’UniFR, estime le Conseil d’Etat (FrApp).
24 Jan 2025
Auto-Suisse, l’association des importateurs suisses de voitures, va sponsoriser une chaire à l’Université de Saint-Gall. Elle versera près de 2,7 millions de francs en huit ans à la «chaire Auto-Suisse pour la mobilité». Cela permettra de financer une chaire de recherche et d’enseignement à hauteur de 50 pour cent, a indiqué la HSG. (Watson) L’association Auto-suisse souligne que les tendances actuelles vers la numérisation, l’électrification et l’automatisation offrent un potentiel considérable pour l’industrie automobile, tout en constituant un risque pour les structures établies, dans le commerce de véhicules ou dans la mobilité. L’association souhaite ainsi donner l’opportunité aux chercheur·euses de se pencher sur ces thématiques.
La condition requise pour parvenir à une telle entente financière est toutefois que «la liberté de recherche, d’enseignement et de publication soit garantie entièrement et à tout moment», a déclaré le recteur Manuel Ammann. L’Université de Saint-Gall a besoin de ce type de partenariats pour satisfaire ses exigences en tant qu’institution de référence à l’échelle internationale dans le domaine des sciences économiques, ajoute-t-il.
24 Jan 2025
Le 14 mai 2024, 60 étudiant-es ont manifesté contre la guerre au Gaza dans l’Université de Zurich. Les manifestants se sont retirés après un ultimatum de l’université en début de soirée, dans le calme et sans causer de dégâts matériels. La police n’est pas intervenue. Trois jours plus tard, une autre manifestation était annoncée, et la police municipale a conduit des «des contrôles d’accès préventifs à toutes les entrées du bâtiment principal» de l’université.
Les personnes qui voulaient entrer devaient présenter leur carte d’identité et se faire fouiller les poches, ont rapporté les personnes concernées. Les personnes qui portaient ou avaient sur elles la keffieh palestinienne étaient dans le collimateur. Elles auraient dû la remettre ou se seraient vu refuser l’entrée. Certaines d’entre elles ont fait recours contre les décisions de la police et ont gagné. «La police municipale constate officiellement que les trois expulsions et la confiscation du foulard étaient illégales et se sont produites en violation des droits des personnes concernées». L’association étudiante VSUZH demande des excuses publiques, aussi de la part de l’université.
L’université souligne que l’intervention a eu lieu sans demande de l’UZH et n’était pas non plus coordonnée avec la police municipale, qui aurait mené les actions mentionnées sur le domaine public en dehors de la compétence de l’UZH.
24 Jan 2025
Le président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger décrit les trois principaux défis de la formation, la recherche et l’innovation selon son point de vue – dans une contribution au 60e anniversaire du Conseil suisse des sciences.
24 Jan 2025
La conseillère d’Etat vaudoise en charge des infrastructures, Nuria Gorrite, a expliqué qu’il «subsistait «des divergences de vue» entre le Canton et les communes de l’Ouest lausannois au sujet du développement du m1.» Elle ajoute que «les variantes sur la table» ont des coûts qui vont presque «du simple au double». Toutefois, le projet devait permettre «une importante augmentation de capacité de la ligne, de l’ordre de 50%». Mais, le projet n’a actuellement pas «le niveau de maturité nécessaire» afin d’obtenir un financement de la Confédération. «Le désengorgement du m1 passera aussi par le développement des lignes de bus.»