Plusieurs membres de l’Université expliquent au Temps les potentielles difficultés et freins à l’organisation d’un séjour universitaire de mobilité. Chaque année, plus d’une vingtaine d’étudiants de l’UNIL renonceraient à leurs projets d’échange.
«Certains étudiants nous contactent parce qu’ils ne trouvent pas d’informations sur les équivalences de cours, les demandes de bourses, les délais à respecter, observe Myriam Schneider, secrétaire générale de la Fédération des associations d’étudiant·e·x·s (FAE) de l’Université de Lausanne (Unil). C’est vrai que les cours choisis à l’étranger peuvent ne pas être reconnus ici, les crédits universitaires être calculés différemment, les dates de début de semestre ne pas être synchronisées… Il faut très bien faire son planning pour s’assurer que tout fonctionne.»
Actuellement un rapport est en consultation à l’attention du Conseil fédéral, proposant de réduire le forfait fédéral à 10% pour la mobilité internationale dans l’éducation et la formation. «De telles coupes réduiraient les chances de faire un séjour pour ceux qui ont moins de moyens financiers», avertit Olivier Tschopp, directeur de Movetia, agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le système éducatif. «Tout un pan de la population estudiantine n’envisage pas ces séjours parce que sa situation financière ne le lui permet pas. Elle doit travailler à côté pour vivre et craint de ne pas retrouver son emploi ni son logement à son retour», détaille Cédric Rychen, directeur du Service des affaires sociales et de la mobilité étudiante de l’Unil. «Réintégrer Erasmus+ signifierait toutefois une offre plus importante, des facilités administratives et des moyens financiers plus importants», note Olivier Tschopp.
Olivier Tschopp et Lukas Graf observent finalement depuis le covid une tendance, en Suisse et à l’étranger, aux séjours plus courts avec formats hybrides, tels que des Blended Intensive Programmes, que l’UNIL propose depuis 2 ans.