Charles Kleiber, ancien secrétaire d’État et «architecte du paysage académique suisse», est décédé mardi à l’âge de 82 ans. Diplômé d’architecture à l’EPFL en 1968, il devient Chef du Service vaudois de santé publique et de la planification sanitaire en 1987. Fort d’une thèse sur l’incitation à la performance dans les soins passée à l’Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP), il est nommé directeur du CHUV de 1990 à 1997, en charge de «réformer le secteur hospitalier vaudois» (24 heures). En 1997, il devient Secrétaire d’Etat à la science et à la recherche, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 2007.
C’est durant cette dernière période qu’il «se distingue comme un grand réformateur du si complexe paysage académique suisse» (24 heures). Charles Kleiber défend rigoureusement le chercheur en médecine Patrick Aebischer comme président de l’EPFL, selon le choix du Conseil fédéral. En mars 2000, «peut-être la plus grande œuvre de Charles Kleiber […] : l’Université de Lausanne accepte de se défaire de presque toutes ses sciences naturelles pour se concentrer sur les sciences humaines, la médecine et les sciences de la vie.» (Le Temps) Les mathématiques, la physique et la chimie sont transférées de l’UNIL à l’EPFL, la pharmacie est donnée à l’UNIGE. «À Dorigny, les sciences humaines connaissent un nouvel envol et les trois institutions développent un centre de génomique. […] Le campus de l’EPFL s’agrandit chaque année, gagne des bâtiments de recherche comme de prestige.» (Le Temps) L’architecte joue ensuite un rôle clé dans la création des hautes écoles spécialisées, avec l’objectif de valoriser cette formation professionnelle parfois négligée et de la relier au système supérieur.
Finalement, Charles Kleiber est président du conseil de fondation de La Manufacture de 2007 à 2017, et président du conseil d’administration de l’Hôpital du Valais de 2012 à 2014. Il crée ensuite, avec une association, les «disputes», des «débats thématiques dans un dispositif de procès».
Patrick Aebischer, ancien présiedent de l’EPFL écrit en son hommage: «La Suisse, et la Suisse romande en particulier, perd un grand homme, une personnalité qui aura profondément façonné notre région. […] Avec son intelligence, son audace mais surtout son courage, il a insufflé une dynamique exceptionnelle à la Suisse romande. […] Il a œuvré pour donner plus de pouvoir aux recteurs. Il a encouragé les hautes écoles à chercher plus de fonds externes, à promouvoir l’innovation et a créé des passerelles entre les écoles polytechniques, les universités et les hautes écoles spécialisées.» (Le Temps)