L’Université de Lausanne n’a pas prolongé le mandat d’enseignement du professeur Joseph Daher en janvier. Il lui est reproché d’avoir prêté son badge d’accès à une étudiante lors de l’occupation pro-palestinienne.
Daher enseignait depuis douze ans à l’université et devait donner un séminaire en relations internationales au semestre de printemps qui vient de commencer. Jeudi (20.02.2025), environ 150 personnes se sont réunies à la Maison du peuple de Lausanne pour assister à son«cours symbolique».
Le professeur, dont le cours annulé portait sur l’histoire contemporaine du Moyen-Orient, a estimé que la direction de l’UNIL «ne respectait pas sa propre charte», qui défend l’enseignement d’un savoir critique, l’autonomie ou encore de l’engagement citoyen. (Watson du 20.02.2025)
«Il affirme qu’il avait été la victime depuis plusieurs mois «d’une campagne de dénigrement» et que son expertise scientifique avait été «quasiment niée». Il a toutefois répété qu’il ne s’agissait pas uniquement de son «cas personnel», mais que cette sanction s’inscrivait «dans un contexte plus large d’attaques contre des droits démocratiques fondamentaux».» (Watson du 20.02.2025)
Depuis que le «licenciement de facto» du professeur a été annoncé à la fin de la semaine dernière, il reçoit beaucoup de soutien. Le conseil de sa faculté (SSP) a adopté une résolution à la quasi-unanimité, qui avance que le « prétendu non-renouvellement » du contrat de Daher est «injustifié» et que la procédure sur laquelle il repose est «arbitraire». Le SSP Vaud le soutient, estimant que «l’Unil invente des procédures pour se débarrasser d’un employé».
Et puis une pétition interne à l’Université de Lausanne, a été signée par plus de 150 personnes, dont plusieurs dizaines de professeurs. Et une seconde, externe, a recensé jeudi 1600 noms, dont sept conseillers nationaux du PS et des Verts, ainsi que le conseiller aux Etats socialiste Carlo Sommaruga. (NZZ du 21.02.2025)
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