Warren Bebbington, professorial fellow à l’Université de Melbourne, estime que le soutien universitaire aux objectifs de développement durable 2030 ne suffit pas face au changement climatique actuel. Il se réfère au plan GIEC, qui conclut qu’il ne nous reste plus que trois ans pour inverser la tendance à la hausse des émissions de gaz à effet de serre afin de préserver tout espoir de maintenir le réchauffement de la Terre au niveau de référence de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.
«Le cycle de planification universitaire génère généralement des plans stratégiques d’une durée de cinq à sept ans. Il est évident que cette durée est tout à fait inadéquate pour élaborer une réponse efficace au plus grand des grands défis. Un horizon temporel significatif pour la planification de l’action climatique doit s’articuler autour des dates clés de 2025, 2030 et 2050, chacune d’entre elles représentant une étape importante dans le calendrier nécessaire de réduction des émissions de carbone, de l’inversion de la hausse des émissions à la neutralité carbone, puis au carbone zéro. Il convient également de se pencher sur la question de 2100, compte tenu des développements dévastateurs que les scientifiques prévoient pour le siècle prochain si le réchauffement planétaire de 1,5 °C est largement dépassé après 2050. Cela nécessiterait des objectifs d’émissions négatives en carbone encore plus sévères pour la seconde moitié du siècle. Un plan d’action climatique à long terme, sur 30 ans, pour l’ensemble de l’université, devrait être mandaté par le conseil d’administration et le vice-chancelier. Il devrait inclure des objectifs convenus conjointement avec des partenaires externes du gouvernement et des entreprises et contrôlés par un groupe de travail composé de représentants de tous les niveaux de l’université, des responsables académiques aux étudiants. Il doit également prévoir une interaction avec les institutions internationales partenaires de l’université, car un problème mondial exige une recherche et un enseignement dispensés par un réseau mondial. Il devrait prescrire des examens majeurs des progrès réalisés tous les 10 ans. […]»