La première étude complète qui s’est penchée sur la réponse scientifique à la pandémie du COVID-19 en Suisse dresse un bilan positif et met en évidence un besoin d’amélioration.
3 Nov 2021
3 Nov 2021
La première étude complète qui s’est penchée sur la réponse scientifique à la pandémie du COVID-19 en Suisse dresse un bilan positif et met en évidence un besoin d’amélioration.
7 Oct 2021
«Pour [le prix Nobel] Didier Queloz, qui prononcera samedi le principal discours de clôture du sommet [global du Geneva Science and Diplomacy Anticipator], la crise du coronavirus a montré clairement les besoins de la science. «Comment peut-on en arriver à ce que 40% des Suisses ne veuillent pas se faire vacciner? Nous avons perdu le contact avec la société», juge M. Queloz, qui blâme aussi les scientifiques qui n’arrivent pas suffisamment à expliquer
Pour lui, il faut davantage comprendre comment une population réagit psychologiquement et socialement. Le monde scientifique doit aussi être mieux représenté parmi les parlementaires ou ceux qui gouvernent.
[…] Dans sa nouvelle activité à l’EPFZ, le Prix Nobel veut lutter contre un autre fossé, celui entre les différentes disciplines scientifiques qui empêchent certaines possibilités de recherche. Il veut par exemple mettre en réseau l’astrophysique, la chimie et la biologie.»
7 Oct 2021
Le nom du bâtiment universitaire Carl Vogt de l’Université de Genève, nommé d’après sa localisation au Boulevard Carl Vogt, suscite des critiques. Selon le professeur en sciences de la société Frédéric Giraut estime que «ce qui dérange dans le cas de ce bâtiment récent, c’est que sur le plan scientifique, August Christoph Carl Vogt, ancien recteur de l’Université, médecin et naturaliste, est surtout connu pour ses théories racistes.» Partant de ce cas, l’Université a initié une réflexion plus générale sur la manière dont elle souhaite figurer dans l’espace public. Cela revient à s’interroger sur le «legs principal», donc l’héritage intellectuel et culturel, les valeurs véhiculées.
30 Sep 2021
Des étudiant·e·s accusent certain·e·s professeur·e·s de traîner les pieds en matière d’enseignement à distance. ««Pour beaucoup de cours, y compris ceux qui sont obligatoires, il n’y a rien de disponible en ligne», témoigne ainsi une étudiante fribourgeoise. Dans son cas, plus de la moitié des ses cours sont concernés. […]
«J’ai l’impression que les opinions des professeurs par rapport à la vaccination jouent un rôle dans leur façon de gérer le problème», analyse une autre étudiante […] à Lausanne.» L’auteur de l’article regrette qu’une opinion de personnes rémunérées par le contribuable pourrait entamer l’accès à la formation: «A l’heure où l’institution universitaire est traversée, en Occident, de courants idéologiques réhabilitant le délit d’opinion, c’est aussi un message dramatique adressé à toute la société.
«Pour la rectrice fribourgeoise Astrid Epiney il est hors de question de laisser les étudiants sans pass Covid rater leur semestre faute d’accès aux cours. […] [Elle] encourage les étudiants rencontrant des problèmes à s’adresser aux organes compétents de leurs facultés.» Par ailleurs, elle juge que «Dans l’ensemble, la grande majorité des étudiants semble être très satisfaite de ce début de semestre.»
8 Sep 2021
La journée d’étude intitulée «Race et blanchité: penser la norme», organisée par le Centre en études genre de l’Université de Lausanne ne plaît pas à la Ligue vaudoise et son président, Félicien Monnier. Il dénonce une «instrumentalisation» de l’université à des fins propagandistes ou marxistes. La sociologue et professeure en études genre à l’UNIL, Éléonore Lépinard y répond:«On ne peut pas travailler sur la société, ses inégalités, sans que cela ait une portée politique.»
15 Juin 2021
Une déclaration adoptée par le Parlement danois au début du mois de juin contient des phrases comme:
«Le Folketing [le parlement danois] attend des dirigeants des universités qu’ils assurent l’autorégulation de la pratique scientifique par un débat critique. Cela signifie que l’unilatéralité est évitée, que la science ne se présente pas sous une apparence politique et qu’il n’est pas possible d’échapper systématiquement à une critique professionnelle justifiée.» Par ailleurs, le parlement, comme tous les autres citoyens, a le droit d’exprimer un avis sur les résultats de la recherche, conclut la déclaration. Cela ne signifie pas que le parlement ait un droit de regard sur le sujet de recherche comment la recherche doit être menée.
Les cheurcheur·e·s des sciences sociales, et plus particulièrement les scientifiques en études de genre et politique de migrations se sentent particulièrement visé·e·s par cette déclaration. Selon une lettre ouverte, certain·e·s ont l’impression d’être mis·e·s au pilori par des politiciens et médias, un climat qui limite les libertés de recherche et d’opinions.
7 Juin 2021
En Grande-Bretagne, la liberté d’expression dans les universités, l’indépendance des médias et des musées ainsi que la souveraineté de l’interprétation sur l’histoire sont au cœur de l’actualité. Au cœur du débat, le positionnement dit «woke», auquel le Premier ministre Boris Johnson a proclamé la guerre.
«Woke» («réveillé») était anciennement un terme pour les noir·e·s américain·e·s qui résistaient contre le racisme. Aujourd’hui, le parti du premier ministre qualifie de «woke» les personnes qui s’engagent contre le racisme, la discrimination sexuelle, pour les droits humains et ou «qui n’acceptent plus le silence sur le commerce d’esclaves».
Pour protéger la liberté d’expression, Boris Johnson a monté un nouveau projet de loi qui donnerait le droit à l’autorité de surveillance des universités de poursuivre les universités en cas de «discrimination à l’encontre des orateurs·trices». Pour l’UCU, le syndicat universitaire, ce projet de loi «n’est rien d’autre qu’un cheval de Troie que le gouvernement utilise pour étendre son contrôle sur les étudiants».
3 Mai 2021
L’institut CREA d’économie appliquée de la Faculté HEC de l’Université de Lausanne accueille son nouveau directeur exécutif, Mathieu Grobéty. Avec son entrée en fonction, ainsi qu’avec l’arrivée de la Prof. Kenza Benhima en tant que directrice académique, l’institut souhaite prendre davantage de place dans l’espace public en apportant un éclairage scientifique sur des thèmes d’actualité économique. Notamment, elle veut chiffrer le coût économique du réchauffement climatique en développant un nouveau indicateur de PIB durable.
21 Avr 2021
L’Université a lancé un nouveau programme académique qui a pour but d’encourager le dialogue entre la théologie et les sciences de l’univers sur des questions existentielles. «Premier de ce genre en Suisse, ce plan de collaboration entre disciplines scientifiques et théologie propose, d’une part, de nouveaux enseignements transversaux aux étudiants sur les origine de la vie, et d’autre part, une série de conférences ouvertes au grand public.» Ghislain Waterlot, responsable académique du programme et doyen de la Faculté de théologie, est interviewé par Le Temps.
1 Avr 2021
Le prise de parole de scientifiques sur des sujets politique est sujet de débât à l’Université de Lausanne et au Conseil national. Par ailleurs, à l’Université de Genève, par le réseau «Scholars at risk», un panel de professeurs a justement fait état de son inquiétude en prenant appui sur des exemples tirés de la Turquie, la France et la Suisse.
23 Mar 2021
L’Université de Fribourg participe au projet pilote cantonal de tests salivaires à grande échelle sur personnes asymptomatiques au Covid-19. Dès demain, près de milles personnes pourront se faire tester sur le site de la faculté des sciences. L’objectif du canton est de préparer un retour progressif des étudiant·e·s sur le campus. Dans un entretien avec la RTS, la rectrice Astrid Epiney développe les défis qu’une telle entreprise pose pour son institution mais aussi l’espoir qu’elle porte pour un retour en présentiel.
15 Mar 2021
Les auteur-e-s de l’article tirent une leçon de la crise sanitaire actuelle pour des futures crises et présentent des scientifiques qui ont bien réussi à avoir un impact sur la politique, en Suisse et ailleurs.
Le professeur en psychologie Kelly Brownell avait notamment réussi à influencer la politique américaine sur l’alimentation. Selon ce dernier, «Les scientifiques doivent être plus à l’écoute et mieux communiquer avec les politicien-nes. D’une part, pour comprendre les questions qui préoccupent les politicien-nes et les autorités. Et d’autre part, de pouvoir mieux leur communiquer les réponses.» En outre, les résultats de la recherche devraient, selon lui, être communiqués beaucoup plus activement afin que les autorités et les politiciens reconnaissent leurs déficits. Dans cet esprit, il a développé en 2015 une méthode pour la science stratégique.
Tous les politicien-ne-s et scientifiques interrogé-e-s par Republik sont d’accord que la gestion d’une future crise nécessite de la préparation, un «plan d’entraînement». Les auteur-e-s de l’article (de la Republik) résument que les points suivants sont nécessaire pour que la Suisse gère mieux une potentielle future crise.
21 Déc 2020
Dans un article d’opinion, Jérôme Martinu, rédacteur en chef de la Luzerner Zeitung, regrette la prise de distance de l’Université de Lucerne à propos de la publication d’un livre controversé sur les politiques de lutte contre la pandémie. A coté d’un entretien des auteurs, deux chargés de cours à l’Alma mater, l’Université avait noté que cette publication ne représente pas une prise de position institutionnelle.
Selon Jérôme Martinu, pour réellement permettre la liberté d’expression, elle aurait du savoir endurer des critiques éventuelles et expliquer au lieu de relativiser les propos de ses propres chercheurs.
18 Déc 2020
«Les hautes écoles du pays prennent rarement position dans le débat démocratique. Enclines à favoriser l’échange des idées plutôt qu’à livrer des consignes de vote, ces institutions se sont toutefois mobilisées de manière concertée ces dernières années sur des sujets d’importance capitale pour elles.»
18 Déc 2020
Créée en 2019 par la Confédération, le canton et la ville de Genève, le but de Geneva Science and Diplomacy Anticipator (Gesda) est d’identifier les innovations scientifiques et d’en anticiper l’impact sur nos sociétés en rassemblant des experts scientifiques et personnalités du monde de la diplomatie.
L’équipe scientifique composé de Soixante-huit scientifiques renommés venant du monde entier a identifié des thèmes émergents spécifiques dans quatre domaines :
«Le Gesda entend arriver avec des projets et des solutions concrètes qui se «baseront sur le futur pour construire le présent». Au sein de la Genève internationale, cela peut se traduire par la création d’une nouvelle institution. «On pourrait imaginer, pour régler certains problèmes, la création d’un tribunal de la science et de la technologie», lâche Patrick Aebischer [, vice-président de la fondation].» Jeremy Farrar, membre de Gesda et Directeur du Wellcome Trust, ajoute: «Il est essentiel que les scientifiques sortent de leur tour d’ivoire, s’engagent dans les processus politique et diplomatique. Avec l’innovation, la notion de normes va devenir encore plus importante.»
17 Déc 2020
«La crise sanitaire Covid-19 est-elle aussi celle d’une explosion de la défiance envers les sciences? Il n’en est rien: la confiance accordée par la population suisse à la science et à la recherche a augmenté pendant la pandémie: elle atteint 67% cette année, contre 56% en 2019. C’est la conclusion du Baromètre scientifique suisse, réalisée par l’Institut pour les sciences de la communication et la recherche sur les médias (IKMZ) de l’Université de Zurich en collaboration avec l’université de Münster.»
17 Déc 2020
Un nouveau livre rédigé par deux professeurs de la faculté d’économie, suscite un débat animé à l’Université de Lucerne. Intitulé «Corona en Suisse – un plaidoyer pour une politique de pandémique fondée sur les faits» («Corona in der Schweiz – Plädoyer für eine evidenzbasierte Pandemiepolitik»), la publication met en garde contre un second confinement.
Cela a semé la confusion chez certain-e-s, qui ont cru comprendre que l’université remettait en question les mesures sanitaires prises par les autorités, car elle a présenté le travail sur son propre site web.
Le porte-parole de l’université, Lukas Portmann répond que les déclarations des professeurs ne sont pas à confondre avec la position de l’université. «Le discours scientifique est libre, et il n’est en aucun cas question de le restreindre en faveur de la position propre de l’université. Au contraire, la science se nourrit de discours.»
11 Déc 2020
L’auteur de l’article souhaite que les universitaires soient poussé-e-s à développer des connaissances pratiques pendant les études pour rester attractif sur le marché de travail, qui est devenu rude pendant la crise COVID-19. Selon l’auteur les diplômé-e-s des universités et EPF suisses sont moins bien préparé-e-s au marché du travail que leurs homologues venant des hautes écoles spécialisées (HES). Il serait alors erroné de considérer leur diplôme comme moindre.
Selon une enquête par l’Office fédéral de la statistique des des diplômé-e-s en Master en 2014, seuls 28% d’entre eux-elles occupaient un poste à responsabilité en gestion cinq ans plus tard. En revanche, les diplômé-e-s des hautes écoles spécialisées représentaient près de 40%. L’auteur pose la question si les universités suisses (à l’exception de celle de Saint-Gall) ont perdu leur rôle d’école de cadres.
En particulier l’«[EPF] qui, au cours des dernières décennies, a bénéficié plus que presque tous les autres établissements d’enseignement en Suisse d’un financement public toujours croissant, risque de perdre le soutien […], en particulier auprès de la population locale.» La formation de chercheur-e-s serait une noble cause, mais qui ne correspondrait pas à la demande d’une grande partie de la recherche. Comme le résume un jeune entrepreneur: «La plupart des entreprises n’ont pas les ressources nécessaires pour employer des personnes extrêmement exigeantes en termes de contenu.»
9 Nov 2020
«Les scientifiques suisses ont joué un rôle essentiel dans l’échange international des idées, des résultats et des instruments développés par la recherche sur les questions raciales et la génétique humaine du XXe siècle. L’historien Pascal Germann relève en quoi l’expertise suisse, sous des apparences de pure scientificité, a servi des desseins de domination.»
14 Oct 2020
Anne Emery-Torracinta, Conseillère d’État du Département de l’Instruction public genevois, craint que «la vague actuelle d’anti-scientisme dissout la croyance partagée dans la solidité d’un monde commun et le débat public argumenté. […] La Situation des Etats-Unis […] doit nous mettre en garde : quand la cohésion [sociale] vole en éclats, c’est la coexistence pacifique elle-même qui se trouve menacée.» Dans ces conditions, les instituts du savoir auraient un rôle cardinal à jouer : «Plus les méthodes d’analyse et de discussion rigoureuses enseignées dans les écoles et les hautes écoles seront répandues, moins les «faits alternatifs» auront de prise sur nous. […] Dans ce sens, la mission de l’université est éminemment politique.».