La Fondation Larsson-Rosenquist a fait un don de 30 millions de francs suisses à la chaire de médecine ainsi qu’à un·e professeur·e en économie de l’Université de Zurich (UZH), afin de financer une recherche sur l’allaitement maternel. Mais cette fondation est soutenue par l’entreprise Medela, laquelle produit des accessoires destinés à l’allaitement.
Cette interdépendance entre la famille donatrice et l’entreprise Medela, ainsi que la légitimité à payer un·e professeur·e d’économie pour s’occuper de la question de l’allaitement maternel, suscitent beaucoup de critiques et de craintes quant à l’indépendance de la recherche menée.
Cependant, d’après Anne Brenøe, Économiste et Professeure adjointe en développement de l’enfant et de l’adolescent à l’UZH, «L’allaitement maternel est un investissement important dans les personnes en tant que capital humain. Elle influence le développement de l’enfant et la vie familiale.»
Les financements des universités par des tiers sont de plus en plus fréquents. En effet, en 2018, l’UZH a reçu 122 millions de francs suisse de la part de particuliers et d’entreprises. Pour Markus Müller, Professeur de droit constitutionnel à l’Université de Berne (UNIBE), «Les universités risquent de devenir de plus en plus dépendantes des forces vives de la société et de perdre ainsi leur crédibilité.»