Comme le rapportait en décembre dernier une enquête de SWI swissinfo.ch, le durcissement des conditions d’admission de l’ETHZ afin de lutter contre l’espionnage suscitent la peur et la colère d’étudiant·es chinois·es.
L’ETHZ avait dévoilé, fin octobre, les contrôles de sécurité qui seraient dorénavant effectués sur les candidatures d’étudiant·es étranger·ères de certains pays. Afin de respecter la loi fédérale suisse sur le contrôle des biens à double usage, des biens militaires spécifiques et des biens stratégiques et la loi fédérale sur l’application des sanctions internationales, «l’institution est tenue de minimiser le risque de fuite de technologies et de connaissances susceptibles d’être utilisées à des fins militaires vers des pays faisant l’objet de sanctions internationales».
Le contrôle de sécurité de l’institut est basé sur quatre critères : le pays d’origine, la provenance d’un établissement présentant un risque pour la sécurité, les financements par le biais d’une bourse d’un pays sanctionné ou de sources douteuses, le domaine d’études. Le premier critère est le plus controversé : «Nous ne savons pas comment l’EPFZ définit la ‘biographie’», déclare un étudiant chinois. «En outre, tous les candidats d’une liste de 17 établissements d’enseignement chinois, 16 russes et 7 iraniens qui sont considérés comme un « risque pour la sécurité » doivent faire l’objet d’un contrôle.»
Presque tous les domaines d’études de l’ETHZ sont concernés, du fait qu’ils puissent également être utilisés à des fins militaires.
Le nombre d’étudiants chinois a augmenté fortement ces dernières années : entre 2010 et 2023, ce nombre est passé de 271 à 1362 à l’ETHZ, et de 139 à 598 à l’EPFL. Pourtant, le taux d’acceptation des candidat·es chinois·es aux masters de l’EPFL a considérablement diminué au cours de ces années, passant de 44% à 12% entre 2014 et 2024. Un taux inférieur au taux d’acceptation international (21%). L’EPFZ n’a pas fourni de statistiques sur ce taux.
Finalement, alors que de nombreux·euses étudiant·es chinois·es voient les études à l’étranger dans des pays occidentaux comme un moyen de fuir un pays autoritaire, le porte-parole de l’EPFL, Emmanuel Barraud, a affirmé: «les candidatures des étudiants étrangers sont évaluées sur la base de multiples critères, parmi lesquels les capacités sont primordiales, car cela évite que notre école ne soit utilisée comme un ‘refuge politique’ pour les personnes qui n’ont pas les qualifications nécessaires pour suivre nos cours.»