La National Science Foundation (NSF), qui finance environ 25 % de la recherche universitaire fondamentale aux États-Unis, a dégelé les subventions bloquées par un décret de Donald Trump. Elle a annoncé dimanche avoir rouvert un site web qui distribue l’argent des subventions de recherche aux scientifiques. Toutefois, elle continue de passer au crible les projets de recherche, afin de se conformer aux directives de Donald Trump.
Dans ce cadre de confusion, Nature s’est entretenue avec six membres du personnel de la NSF, qui ont «tous exprimé de vives inquiétudes quant aux récentes décisions de l’agence» et ont partagé des documents clarifiant le processus d’examen des subventions. Actuellement, environ 10’000 subventions de recherche ont été signalées et distribuées à divers directeur·ices de programme, chargé·es de les examiner. Les critères de signalisation des subventions invitent les responsables de programme à rechercher un langage «élargissant la participation», l’aide étrangère, la science du climat, l’énergie domestique et les «programmes discriminatoires, y compris les DEI (diversité, équité et inclusion) illégaux».
Face à ces différentes décisions et processus, de nombreux·euses scientifiques se retrouvent dans l’incertitude et la crainte. «La semaine dernière, plus de 100 boursiers postdoctoraux qui recevaient leur salaire directement de l’agence ont été exclus du système de paiement.» Ces blocage de subventions pourraient également être préjudiciables aux chercheur·euses en début de carrière, car les subventions «sont devenues un moyen de soutenir la formation des futur·es scientifiques».
A contrepied, certain·es scientifiques affirment qu’ils·elles voient une opportunité dans ces chamboulements. «L’élargissement de la participation aux STEM va au-delà de l’identité raciale, ethnique et sexuelle – il s’agit de veiller à ce que tous les esprits talentueux aient la possibilité de contribuer à notre main-d’œuvre dans le domaine des STEM», explique Suzanne Barbour, biochimiste et présidente d’un groupe chargé de conseiller la NSF sur la manière d’encourager la participation des groupes sous-représentés dans le domaine des sciences.
Finalement, alors qu’il n’existe pas de calendrier précis quant à la durée des blocages temporaires des gels de subvention, la NSF pourrait tout de même «avoir du mal à mettre fin légalement aux subventions, car leurs fonds sont affectés par le Congrès américain, ce qui signifie qu’ils sont protégés par la loi», explique Deborah Pearlstein, spécialiste du droit et de la politique publique à l’université de Princeton. De plus, il existerait un autre domaine dans lequel les actions de la NSF seraient en contradiction avec la loi : depuis 1980, le Congrès impose que l’agence cherche à élargir la participation des groupes sous-représentés.